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Vendredi midi, des officiels des deux parties de l’île se retrouvaient à la Maison des entreprises à Concordia pour le lancement de l’Observatoire de la santé de Saint-Martin/Sint Maarten. Ce dispositif a un objectif principal : la réalisation d’une étude de santé publique sur l’ensemble de l’île.

D’un coût total de 1 019 492 euros, ce projet a permis de lancer un Observatoire de santé de Saint-Martin/Sint Maarten qui a pour mission de réaliser des études de santé sur les deux parties de l’île et de mettre en place des actions communes de prévention. Essentiellement financé par les fonds européens, cet observatoire débutera son activité à la fin du mois de septembre et sera financé à 75 % par le Fonds européen de développement régional (FEDER) au titre du programme INTERREG (programme européen visant à promouvoir la coopération entre les régions européennes et le développement de solutions communes). Un document de coopération a donc été signé par Ramona Connor, vice-présidente de la Collectivité en charge des affaires sociales, et par Cornelius de Weever, ministre de la Santé de Sint Maarten. Ce document atteste du lancement de cet Observatoire qui sera basé à l’hôpital de Marigot et aura pour mission de réaliser des études de santé sur les deux parties de l’île et de mettre en place des actions communes de prévention. La première étape de ce projet est d’observer le territoire, de repérer les points communs et les différences des deux parties de l’île et de réaliser un état des lieux. La deuxième étape est d’identifier les politiques publiques de santé adaptées. « Ce sera le rôle de l’observatoire. Ce sera le meilleur outil pour établir une coopération durable sous l’égide de l’Europe. Ici la coopération n’est ni une volonté ou une stratégie politique, ni une possibilité, c’est une nécessité », a déclaré Alex Richards, responsable des relations européennes et de la coopération transfrontalière.

La coopération au cœur du projet

La deuxième vice-présidente Ramona Connor a déclaré lors du lancement de l’Observatoire que ce projet est « l’exemple même que la coopération mobilise tous ceux qui sont attachés au Traité de Concordia et pas seulement les professionnels ». Quant au ministre Cornelius de Weever, il a souligné qu’il était « inimaginable » qu’il n’y ait pas de coopération entre « le nord et le sud de l’île ». Le fait que Saint-Martin soit une seule et même île malgré sa binationalité a également été relevé. Selon Alex Richards, il s’agit donc d’un « territoire de santé » car, a-t-il dit, « les maladies, les épidémies ne s’arrêtent pas aux frontières ». « Pour que l’existence de ce territoire unique soit possible il faut lever tous les freins (administratifs, juridiques, politiques, techniques). Pour que cet unique territoire de santé fonctionne, des procédures, claires et établies, sont nécessaires », a-t-il ajouté, d’où la lancement de cet Observatoire de la santé qui « a pour objectif d’harmoniser les stratégies de santé de l’île ».

Une utilité plurielle

Selon les protagonistes à l’origine de ce projet, cet Observatoire devrait aussi permettre une appréciation globale de l’état de santé de la population saint-martinoise et de la prévalence des maladies chroniques (hypertension artérielle, obésité, diabète, notamment), une évaluation du mode de vie et de l’environnement social de la population, des comportements à risques et des pratiques préventives au sein de la population. Il devrait aussi donner une meilleure compréhension des problèmes de santé et des limitations fonctionnelles chez les plus âgés, permettre la collecte de données sur les risques pour la santé des différents groupes vulnérables, dont les migrants en situation irrégulière, les femmes et les personnes âgées, évaluer l’accès aux services de santé locaux et apprécier les besoins de la population en matière de « shopping sanitaire » en dehors de l’île. Par ailleurs, ce programme permettra des échanges de données, des échanges d’expériences, et éventuellement de politiques de santé, et une mutualisation des ressources en matière de santé. La coopération transfrontalière est donc toujours dans l’air du temps, et va bien au-delà des problématiques récemment évoquées (eau et assainissement, protection de l’environnement, gestion des risques naturels, sécurité, etc.) puisqu’il s’agit cette fois de la santé. Cet observatoire permettra peut-être de résoudre un problème souvent handicapant pour Saint-Martin : le manque de statistiques et de données, ce qui rend difficile une évaluation complète des problématiques sanitaires. « On est dans la droite ligne de corriger ce problème », a toutefois indiqué la vice-présidente Ramona Connor.

 

Vers un observatoire régional ?

L’observatoire de la Santé de Saint-Martin/Sint Maarten, c’est aussi à moyen et long terme l’amélioration des problématiques de santé de la sous-région géographique composée des territoires de St Maarten, Anguilla, Saba, St Eustache, St Kitts et Nevis, St Barthélemy et les Iles Vierges Britanniques, qui sont des Pays et territoire d’Outre-mer, français, britanniques et hollandais. « En effet le soutien par INTERREG IV de ce projet d’observatoire permettra de doter Saint-Martin/Sint Maarten et à long terme, la sous-région, d’une entité capable d’analyser les questions de santé », indique Alex Richards. A suivre, donc…

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