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Ce dimanche 28 septembre les élus du Conseil territorial et le député vont élire le 2ème sénateur de Saint-Martin pour un mandat de 6 ans, après que le siège fut laissé vacant depuis décembre 2013.

Depuis mercredi les grands électeurs qui composent le collège électoral de Saint-Martin (soit les conseillers territoriaux et le député) ont entre les mains les professions de foi des 7 candidats aux sénatoriales. Dès 8h30 dimanche, ils se rendront donc à la préfecture pour élire le deuxième sénateur de Saint-Martin. Le scrutin du premier tour se clôturera à 11 heures, voire plus tôt si les électeurs sont matinaux. A l’issue aura lieu le dépouillement des urnes par la commission électorale. Pour être élu au premier tour, l’un des candidats devra remporter la majorité absolue, soit 13 voix au moins. Dans le cas contraire, un deuxième tour sera organisé dans l’après-midi entre 15 heures et 17h30. Les candidats à ce deuxième tour devront se déclarer à la préfecture avant 15 heures. Tous les candidats inscrits au premier tour peuvent se présenter au second tour, mais aussi abandonner la partie afin de laisser des voix à un éventuel favori. A l’issue de ce scrutin, l’élu devra remporter la majorité relative. En cas d’égalité entre deux candidats, c’est le plus âgé qui remportera le siège de sénateur. A noter que les votes se déroulent à bulletin secret.
 
7 candidats en lice
 
Pour les deuxièmes élections sénatoriales de la Collectivité de Saint-Martin, pas moins de 7 candidats briguent le mandat de sénateur (notre édition du mardi 16 septembre). Pour mémoire, quatre sont des élus du Conseil territorial dont trois sont issus de la majorité: Guillaume Arnell (vice-président de la Collectivité), René-Jean Duret (conseiller territorial et président du groupe RRR) et Alain Gros-Désormeaux (conseiller territorial). Du côté de l’opposition (Team Daniel Gibbs) c’est la conseillère Dominique Aubert qui porte une candidature. Les trois autres candidats ne sont pas des élus de la COM. Il s’agit de Boniface Hodge, Georges Gumbs (président du CESC) et Patricia Chance-Duzant.
Cette avalanche de candidats, dont trois sont issus de la majorité RRR, rend le scrutin d’autant plus incertain que presque un tiers des candidats (sans compter leurs suppléants) composent le corps électoral de Saint-Martin pour ces sénatoriales 2014. La situation rend donc inévitable une élection à deux tours et laisse planer le doute quant aux alliances qui pourraient se forger, y compris les plus inattendues si l’on en croit les rumeurs… Une élection qui cristallise inévitablement les rivalités entre personnalités, puisque ce sont les élus eux-mêmes qui élisent le parlementaire. 
 
100 €
C’est le montant de l’amende dont devront s’acquitter les grands électeurs qui dérogeraient à leur devoir électoral lors des sénatoriales de dimanche prochain. Le vote des grands électeurs est en effet obligatoire selon le code électoral. Les abstentionnistes qui ne se présenteraient pas encourent donc une amende de 100 euros. Les électeurs ont en revanche la liberté de voter blanc ou d’insérer dans l’urne un bulletin nul.  
 
Depuis 9 mois le siège de sénateur de Saint-Martin au Palais du Luxembourg est laissé vacant puisque Louis-Constant Fleming avait démissionné en décembre 2013. Notre collectivité va donc élire le deuxième sénateur de son histoire. Pour mémoire, c’est la loi organique de février 2007, créant les collectivités d’Outre-mer de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, qui a également permis d’instaurer deux sièges de sénateurs, un pour chaque territoire. Depuis lors notre collectivité est directement représentée au Sénat, alors qu’avant 2007, de part leur statut de communes, les îles du Nord étaient représentées par les parlementaires de la Guadeloupe. Cette autonomie doit permettre de mieux faire valoir les particularités de notre territoire et de mieux les défendre dans l’élaboration des lois. 
 
Dominique Aubert
52 ans, directrice de centre de formation
Conseillère territoriale (Team Daniel Gibbs)
« Je continuerai à œuvrer pour la population »
« Je suis cette femme qui souhaite offrir à la population une autre image de la politique. J’ai été conseillère municipale, je suis conseillère territoriale aujourd’hui et depuis 28 ans je tente ainsi de faire avancer les choses en travaillant dans la proximité avec la population, que ce soit dans le domaine de l’éducation, de la formation, économique ou social. Je ne me présente pas pour mon intérêt personnel, d’ailleurs, je ne suis nullement  impressionnée par un titre ou une fonction et préfère m’intéresser au potentiel humain».
« Je pense avoir les qualités nécessaires pour siéger au Sénat car j’ai pu démontrer que j’ai le sens de l’initiative. Je suis dynamique, battante, j’ai aussi mon franc-parler tout en respectant mon monde, avec une grande capacité d’adaptation et d’écoute. Autant d’atouts qui m’aideront à travailler avec la Collectivité, le Député ainsi que toutes les forces vives de Saint-Martin, sur les dossiers cruciaux qui permettront à l’île de se redresser. Cela dit, quoiqu’il advienne ce dimanche 28, je continuerai à œuvrer pour la population».
René-Jean Duret
65 ans, retraité (ingénieur ESTP-IAE et expert en coopération technique internationale)
Conseiller territorial (RRR)
« Ma candidature est celle de l’apaisement et du rassemblement »
« Ma    candidature est celle de l’apaisement et du rassemblement des élus de notre Collectivité, en soutien à sa gouvernance, quelle qu’elle soit, au cours des six prochaines années, au service de Saint-Martin. Jeune retraité disponible et en bonne santé, je ne suis pas membre du Conseil exécutif et j’assumerai donc mon rôle de sénateur à 100 %, en m’engageant à ne pas le cumuler avec une autre fonction exécutive pendant toute la durée du mandat. (…) Comme je bénéficie du soutien officiel du groupe des sénateurs UDI – Union centriste, je siègerai donc au sein de ce groupe au Sénat où je défendrai les valeurs et les idées centristes, à savoir l’autonomie des collectivités et leur libre administration, l’équité territoriale (…), la relance de la compétitivité économique (…), l’assainissement des finances publiques, la justice sociale, la défense du pluralisme des opinions et des religions, le respect de la personne humaine et l’amélioration de nos liens avec l’Europe ».
Patricia Chance-Duzant
65 ans, avocate
Représentante du Conseil de quartier numéro 2
« J’ai la volonté et la détermination »
« Quelle motivation est nécessaire pour vous faire comprendre mon sérieux, ma fidélité et ma passion sans faille pour mon pays ainsi que ma compétence pour prendre en main la tâche de défendre les intérêts de Saint-Martin ». « Ce messager de la voix de Saint-Martin interviendra dans les commissions, auprès des autorités étatiques et auprès de toutes autorités et responsables en France et Europe, voire internationales ». « Votre ambassadrice (…) n’oubliera jamais de plaider pour Saint-Martin ».
« Pour un meilleur futur, il est impensable d’améliorer la gouvernance de notre Collectivité sans réunir ses organes et récolter les propositions de chaque personne voulant contribuer ». « Je m’engage afin que notre langue puisse être reconnue (…) comme une langue régionale ».
« Sur le plan économique entre Country Sint Maarten et la Collectivité de Saint-Martin, il faut une coopération afin d’échanger, d’utiliser certains biens structurels qui permettront aux deux pays de profiter plus avantageusement de la vie économique mais aussi quotidienne ». « Le sénateur veillera donc avec l’ensemble des institutions qui en ont déjà la charge, au strict respect de la loi dans toutes les activités. La tâche est immense et le travail toujours à poursuivre. J’ai la volonté et la détermination ».
 
Alain Gros-Désormeaux
46 ans, gérant de société
Conseiller territorial (RRR)
« S’engager c’est porter des valeurs »
« Dans cette élection sénatoriale, les candidatures de ma suppléante (Rollande Questel) et moi-même s’inscrivent dans le cadre de notre engagement pris pour Saint-Martin et du mandat donné à la majorité en 2012 afin de représenter et défendre les intérêts propres de notre Collectivité. Il s’agit aussi de poursuivre et de porter au plan national les combats initiés pour une juste compensation des transferts de charges, pour l’application adaptée à notre territoire des mesures prises et à prendre par le gouvernement en faveur de la solidarité, ainsi que pour la compétitivité des entreprises et l’attraction du territoire. Enfin, nous voulons améliorer notre loi organique par le renforcement de notre autonomie et l’application optimisée du principe constitutionnel de la “subsidiarité” à Saint-Martin. C’est mon attachement à ce territoire, ma loyauté et ma fidélité qui me motivent à porter à Saint-Martin une voix forte et combative. S’engager, c’est porter des valeurs, c’est être fier de son territoire. Nous défendrons avec force, conviction, courage et détermination tous les dossiers et causes de Saint-Martin. Autour de notre candidature nous comptons rassembler et unir tous ceux de notre majorité et de l’opposition qui savent que : “la confiance prend racine dans l’honnêteté, la sincérité et la franchise”, M. Hacene ».
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