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Une journée « sans professionnels libéraux » a lieu aujourd’hui un peu partout en France, ces derniers étant mobilisés contre le projet gouvernemental de réforme des professions réglementées. Un mouvement particulièrement suivi dans les pharmacies.

Ce mardi 30 septembre, à l’appel de l’Union nationale des professions libérales (UNAPL), nombre de professions seront mobilisées contre la déréglementation desdites professions (infirmiers, médecins, pharmaciens, opticiens, etc.). Par déréglementation, on entend la suppression progressive de règles, fixées par les pouvoirs publics, qui encadrent ces activités. Les pharmaciens s’opposent notamment à la suppression du monopole pour les médicaments à prescription facultative ou sans prescription, ce qui autoriserait les grandes surfaces à vendre certains médicaments. Une concurrence qui conduirait à une baisse des prix des produits pharmaceutiques, elle aussi dénoncée par les professionnels. A Saint-Martin, la mobilisation sera également au rendez-vous toute la journée d’aujourd’hui mardi. En effet, l’association des professionnels de la pharmacie de Saint-Martin envoyait un communiqué pour informer la population que dans le cadre de la journée nationale de mobilisation des professions libérales contre la déréglementation, les pharmacies de Saint-Martin seraient fermées ce mardi 30 septembre. La pharmacie Crespin à Marigot assurera le service de garde. « Nous sommes mobilisés car il faut que les pharmacies soient solidaires », indique un pharmacien de Saint-Martin. Et d’indiquer que s’ils défendent leur profession, c’est pour éviter les nombreux dérapages qu’ils craignent si ce projet gouvernemental venait à entrer en vigueur. Parmi les revendications de ces professions : la sécurité et les garanties (qualification du professionnel, respect d’une déontologie, respect du secret professionnel), les prestations personnalisées au même prix pour tous, la proximité, les emplois (2 millions d’emplois de proximité dans les professions réglementées), la protection du pouvoir d’achat (les tarifs de nombreuses professions sont, selon l’UNAPL, fixées par l’Etat et, pour la plupart, au-dessous de leur coût réel). En revanche, avec la déréglementation, les professionnels libéraux craignent notamment un « règne du low-cost » qui imposera aux consommateurs de payer toujours plus pour avoir mieux, la destruction d’emplois et une concentration des groupes financiers dans les grandes villes au détriment des territoires. « Nous allons faire tout ce qui est possible pour défendre ce qu’il y a à défendre », ajoute le pharmacien de Saint-Martin. Car selon lui, Saint-Martin connaîtra les mêmes problèmes que la métropole en cas de déréglementation des professions libérales. « Nous subirons les conséquences de ce projet et c’est surtout la sécurité du patient qui est en jeu », conclut-il.
 
Les notaires se mobilisent aussi
 
D’après l’UNAPL, le projet du gouvernement va conduire à «la démolition d’un secteur économique pourvoyeur d’emplois, de cotisations sociales et de rentrées fiscales » alors qu’il faudrait s’attaquer à « la persistance du chômage et à la hausse des prélèvements obligatoires, notamment fiscaux ».
Selon maître Renaud Herbert, président de la Chambre des notaires en Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin, malgré les concertations qui ont eu lieu le 18 septembre, le syndicat notarial a appelé les notaires à suivre le mouvement général des professions libérales et à refaire une journée de fermeture. « Si les négociations ont démarré, il reste plusieurs points sur lesquels nous ne sommes pas d’accord » explique Me Herbert. Les notaires refusent en effet eux aussi une libéralisation de leur profession. Selon l’Inspection générale des finances, il faudrait revoir le mode de fixation des tarifs, proportionnels à la valeur des biens immobiliers. Ce sujet fait partie des points de désaccord pour les notaires. Car avec la hausse des tarifs depuis quelques d’années, le gouvernement estime que les rentes des professionnels sont trop importantes et qu’une baisse des tarifs de 20 % rendrait aux ménages plus de pouvoir d’achat. Une mesure contestée par les notaires. « Nous accompagnons les gens dans toutes les périodes de leur vie. Là encore, le tarif est fixé par l’Etat, et dans 60 % des cas, la rémunération du notaire est à perte », conclut Me Herbert.
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