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Voilà dix ans qu’une campagne d’information sur le cancer du sein a lieu chaque année pendant tout le mois d’octobre dans nos îles. Et « Octobre rose » donne lieu à des actions et manifestations pour sensibiliser les femmes à l’importance du dépistage.

Octobre Rose 2014 a été lancé le mercredi 1er octobre. Il s’adresse non seulement aux femmes concernées par le dépistage organisé, mais aussi aux femmes à risque aggravé de cancer du sein afin, comme le prévoit le Plan cancer 3 pour la période 2014-2018, de mieux les guider vers des modalités de suivi adaptées. Les principaux objectifs de cette campagne sont de permettre aux femmes de prendre une décision éclairée quant à leur participation au dépistage organisé ; de lutter contre les inégalités d’accès au dépistage du cancer du sein en ciblant les femmes plus éloignées du système de santé ; et de répondre aux interrogations de l’ensemble des femmes et des professionnels de santé sur les modalités de dépistage adaptées aux différents niveaux de risque. A Saint-Martin, plusieurs manifestations seront organisées, notamment par l’Association guadeloupéenne pour le dépistage des cancers (AGWADEC) qui a été créée le 21 novembre 2003. L’on peut d’ores et déjà noter que les 17 et 18 octobre prochains, deux événements auront lieu : une séance zumba au Mercure et, le soir, une ballade au clair de lune à Colombier avec le Rotaract et l’association Nature Valley. Par ailleurs, le Rotaract organise une marche le dimanche 26 octobre prochain, à partir de la salle omnisport de Galisbay. D’autres événements seront organisés et nous y reviendrons prochainement.
 
Des difficultés subsistent
 
Lors des débats publics qui ont eu lieu en janvier dernier, les intervenants ont montré que des difficultés subsistent sur nos îles alors que « la réduction effective des inégalités de santé est un des objectifs majeurs qui concerne les départements d’Outre-mer et encore plus nos collectivités d’Outre-mer frappées par la double insularité ». Et d’indiquer que dans nos territoires, « la prise en charge du cancer est particulièrement préoccupante ». En effet, les investigations qui ont été menées ont permis d’établir que nombre de carences subsistaient, notamment dans les îles du Nord. La pénurie de praticiens cancérologues est par exemple soulignée car elle « ne permet pas la régularité d’une consultation avancée au centre hospitalier de Saint-Martin » ce qui entraîne, selon l’AGWADEC, une « perte de chances pour les malades ». Les difficultés au niveau du traitement sont également évoquées car ce dernier se déroule le plus souvent en Guadeloupe avec, pour les chimiothérapies, un transfert aller-retour dans la journée (fatigue supplémentaire, difficultés linguistiques pour certains, stress de l’inconnu, organisation des familles, transferts par un proche ou en ambulance, etc.) et, pour les radiothérapies (traitement plus ou moins long), l’obligation de trouver un hébergement en Guadeloupe, de préférence aux abords du CHU. En ce qui concerne la prévention, l’AGWADEC  indique qu’il est encore difficile de toucher les personnes ciblées par les campagnes de dépistage (25 % seulement pour le cancer du sein, notamment). Un autre phénomène est pointé du doigt par l’association et concerne une des particularités de nos territoires quant à l’importance des populations non déclarées qui ne peuvent bénéficier des programmes gratuits de dépistage pris en charge par l’Assurance Maladie et l’Etat. « La prise en compte de la situation des DOM dans le nouveau Plan cancer permettra t elle de réduire ces formes d’inégalités?», questionne l’AGWADEC.
 
Quelques chiffres
 
En Guadeloupe, îles du Nord inclues, la population ciblée par les campagnes de dépistage compte 56 750 femmes assurées sociales à inviter tous les deux ans. En 2013, elles étaient 57,7 % à y participer en Guadeloupe, contre 25 % dans les îles du Nord (51,6 % au niveau national). Dans nos îles, la mortalité due au cancer du sein est 1,8 fois inférieure à celle de l’Hexagone, mais elle atteint 1,25 % de plus pour la tranche d’âge des 45/54 ans. L’on compte environ 200 nouveaux cas par an et une cinquantaine de décès sont directement imputable à la maladie. 10 % des femmes touchées le sont avant 40 ans, 30 % entre 40 et 49 ans (23 % dans l’Hexagone avant 50 ans) et 9% après 74 ans. Aujourd’hui, l’AGWADEC souhaite l’abaissement de l’âge d’entrée dans le dépistage organisé, ainsi qu’une étude sur les raisons de non participation des femmes aux campagnes de dépistage.
Pour rappel, le cancer du sein est le premier cancer en termes de fréquence et la première cause de mortalité par cancer chez la femme. On compte 1 400 000 nouveaux cas par an dans le monde et 450 000 décès. En France, on compte 49 000 nouveaux cas par an et 12 000 décès.
 
L’AGWADEC a dix ans
Créée le 21 novembre 2003 à l’initiative de la CGSS de la Guadeloupe, de l’Etat (ex Direction de la Santé et du Développement Social), en partenariat avec le Conseil Général de la Guadeloupe et les mutuelles, l’Association guadeloupéenne pour le dépistage des cancers (AGWADEC) a pour  mission principale d’assurer la promotion et l’organisation des programmes de dépistage organisé des cancers (du sein (DOCS) et du colorectal (DOCCR) actuellement) auprès d’une population cible de 50 à 74 ans, invitée à partir des fichiers des caisses de l’Assurance maladie.
 
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