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Jeudi matin, une affaire d’agression sexuelle sur mineur était jugée au tribunal de Saint-Martin. Les faits se sont déroulés entre 2011 et 2012. Leur particularité : la victime, qui avait alors 5 ans, est la demi-sœur de l’accusé. Ce dernier, qui était absent lors de l’audience, a écopé de 2 ans de prison dont 18 avec sursis.

Le 7 mars 2012, les gendarmes ont reçu une plainte concernant des faits d’agression sexuelle sur mineur suite aux révélations de la victime à ses parents. La petite fille leur a indiqué que son demi-frère âgé de 18 ans et demi au moment des faits a, à plusieurs reprises, « joué au docteur » avec elle, se livrant à des attouchements sexuels sur elle. Tous les deux ont alors été entendus et la petite fille a fait l’objet d’un examen médical. Par ailleurs, le jeune homme, J.E., a reconnu les faits d’attouchements sexuels. Lors de l’audience, les juges, la partie civile et le procureur ont regretté l’absence du prévenu, qui vit désormais au Luxembourg. « Nous aurions aimé le rencontrer pour qu’il s’explique », a déclaré le président du tribunal Gérard Egron-Reverseau. Et d’autant plus que si le prévenu a reconnu les faits et « réalisé » ce qu’il avait fait, il aurait minimisé l’agression et aurait fait passer « pour un jeu » certains de ses actes. J.E. a donc été soumis à plusieurs examens pour que les psychologues et psychiatres puissent constater si ces faits découlent d’une déviance ou si le jeune homme est « normal » et a commis « un dérapage ». Ses difficultés scolaires et les problèmes comportementaux qu’il a connus avec sa mère sont alors ressorties de ces entretiens, de même qu’une « forte recherche d’affection » et qu’une « image négative de la femme ». Mais J.E. n’aurait pas de « tendances agressives ». A noter que le jeune homme a grandi avec sa mère en Europe, ses parents étant séparés depuis ses 6 ans, et qu’il est venu rejoindre son père et sa belle-mère à Saint-Martin à l’âge de 17 ans. Selon l’avocate de ces derniers, « J.E. ne s’est jamais expliqué sur la gravité des faits. C’est un grand manipulateur. Il admet sa culpabilité et met en cause le divorce de ses parents. Il en veut à sa mère et à sa belle-mère et veut se venger. Il n’a pas réalisé les conséquences de ses actes ». La partie civile a demandé 5 000 euros d’amende et 50 000 euros de dommages et intérêts. A noter que pour ces faits, le jeune homme a fait 4 mois de détention préventive au centre pénitentiaire de Basse-Terre. Et J.E. était également jugé pour des faits de détention de photographies à caractère pornographique de jeunes filles mineures, faits qui ont également eu lieu entre 2011 et 2012. Selon l’enquête, il semblerait que les jeunes filles, 4 ou 5, aient répondu « à la demande de J.E. » en lui envoyant, « sans contrainte », des photos d’elles dénudées.
 
Réquisitoire et verdict
Le vice-procureur Flavien Noailles est revenu sur l’absence du prévenu qui a été victime d’un grave accident de la route en Guadeloupe en mai 2014. « L’absence du prévenu nous prive de nombreux éléments. Les faits ont eu lieu dans la stricte sphère familiale et nous voulons tous comprendre. Car la partie civile dans cette affaire est constituée des parents et de l’auteur des faits et de la victime, d’où la complexité de ce dossier. Une bombe a explosé », a-t-il déclaré. Mais d’indiquer qu’il y a un « risque » dans le fait de « vouloir juger les gens toute leur vie en fonction de ce qu’ils ont fait ». Il est donc important, selon lui, de lui laisser une chance. Et d’autant plus, a-t-il dit, que les taux de récidive en termes de crimes et agressions sexuels sont les plus faibles. Il a donc requis une peine de 3 ans de prison, dont 30 mois avec sursis, à l’encontre de J.E. Il a finalement écopé de 2 ans de prison, dont 18 mois avec sursis et 2 ans de mise à l’épreuve avec obligation de soin et d’indemniser son père et sa belle-mère (12 500 euros au total).
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