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Le conseiller territorial indépendant Jules Charville a tenu à adresser une lettre ouverte à la présidente Aline Hanson pour lui faire part de son désaccord sur plusieurs décisions, notamment le projet d’imposer le RSA.

Si l’élu souligne qu’il n’a « pas manqué de saluer (…) les actions et autres décisions courageuses » engagées par la majorité, il indique aussi avoir des choses à lui reprocher : la « gestion des élections sénatoriales du 28 septembre dernier (les pressions, les sanctions, les punitions, etc.) qui laisseront des traces et marqueront certaines familles saint-martinoises, l’absence remarquée de la quasi-totalité de l’exécutif quelques jours après le passage appuyé de l’ouragan Gonzalo, le projet d’augmenter (une nouvelle fois) la pression fiscale sur les mêmes contribuables, sur les mêmes entreprises (TGCA, TPP, etc.) ». Et c’est surtout au RSA, sur lequel la COM veut instaurer un prélèvement de nature fiscale, qu’il fait référence. Car selon lui, la Collectivité va prendre « comme nouvelle cible les familles les plus pauvres, les plus démunies, les plus nécessiteuses ». Et de s’adresser à la présidente Hanson en ces termes : « vous envisagez de l’amputer (le RSA) de 30 % ! Vous souhaitez créer un “Impôt” de 30 % sur une prestation sociale ! » Jules Charville, qui dit ne pas vouloir « avoir le monopole de la défense de cette catégorie de la population saint-martinoise » et ne pas vouloir non plus passer pour un « récupérateur » préconise le « bon sens » et rappelle que le RSA est « une mesure sociale, une prestation en faveur des couches les plus fragiles, les plus exposées, les plus précaires de notre société ». Quant à l’augmentation à débattre des taxes (TGCA notamment), l’élu indépendant déclare qu’on « ne peut pas sans cesse “presser les riches”, “imposer” un peu plus les mêmes contribuables, augmenter intempestivement les taxes pour compenser les carences de l’Etat qui fuit ses responsabilités depuis 2007, qui se désengage de plus en plus et qui nous oblige à une pression fiscale de plus en plus forte sur une population et des entreprises de plus en plus fragiles ».
 
«se serrer la ceinture»
 
A l’inverse, Jules Charville invite la Collectivité, à l’instar des ménages qui ont des problèmes d’argent et des fins de mois difficiles, à réduire son train de vie, à dépenser moins, à « se serrer la ceinture ». « Plutôt que d’augmenter la TGCA, d’asphyxier les entreprises, les commerçants qui croulent sous le poids des charges sociales, plutôt que de ponctionner les familles saint-martinoises bénéficiaires des prestations sociales, pourquoi ne pas commencer à faire des économies en interne ? (…) La COM doit voyager moins (…). La COM doit penser à l’efficacité des délégations qui se déplacent et qui nous représentent à l’extérieur », déclare M. Charville. Et de rappeler que plusieurs conventions entre la COM et l’Etat « qui prévoyaient des engagements et des obligations de résultats de la part de chacun » avaient été signées. Quant au changement statutaire, Jules Charville estime qu’il ne doit pas « servir de prétexte à des diminutions des dotations à notre territoire », mais qu’il devrait « être source de bonne gouvernance, de bonne et saine gestion et d’économies d’échelle réelles ». Et d’ajouter qu’une baisse de l’investissement de la Collectivité « signifierait une baisse de l’activité et de la croissance, une perte considérable d’emplois, une dégradation de notre tissu social et une aggravation de la délinquance et de l’insécurité ». « Ce n’est un secret pour personne », conclut-il.
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