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La ministre des Outre-mer George Pau-Langevin était sur nos terres dimanche afin d’évaluer les dégâts occasionnés par le cyclone Gonzalo. Outre la possibilité de reconnaître l’état de catastrophe naturelle, le fond de secours du ministère sera débloqué pour les personnes qui ne sont pas assurées. 

Dimanche entre 9 heures et 13 heures, la ministre des Outre-mer George Pau-Langevin a effectué une visite éclair à Saint-Martin, avant de poursuivre sa journée sur Saint-Barthélemy. Dans le cadre d’un déplacement initialement programmé en Guadeloupe et en République Dominicaine, la ministre a pu faire ce crochet dans les îles du Nord pour évaluer les dégâts causés par le passage du cyclone Gonzalo. La Collectivité ayant entamé les démarches pour demander la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, ce déplacement ministériel devait donc permettre de mieux jauger la situation de Saint-Martin. Après avoir atterri à l’aéroport de Grand-Case à 9 heures, George Pau-Langevin a donc entamé un marathon de 4 heures pour découvrir les conséquences du cyclone. « On se rend compte de l’ampleur des dégâts » affirmait ainsi la ministre au terme de sa tournée. « J’ai pu m’en rendre compte sur les bateaux, les terrasses, les toitures emportées par l’ouragan » précise t-elle notamment. Les sites qui ont reçu la visite ministérielle ont en effet été soigneusement choisis pour mesurer l’impact du cyclone. La journée a débuté avec la visite d’un restaurant de plage à Baie Orientale. A Grand-Case, un bateau échoué a particulièrement attiré l’attention de George Pau-Langevin, qui s’est également entretenue avec une résidente pour reccueillir son témoignage. A Friar’s Bay, nouveau stop dans un restaurant de plage particulièrement meurtri par l’ouragan. La ministre s’est également rendue au lycée, l’établissement scolaire qui a subi les plus gros dégâts, avant d’aller constater de ses propres yeux à Marigot que la vedette de la SNSM s’était échouée devant le Pirate. A noter que George Pau-Langevin s’est également arrêtée à la caserne de la Savane afin de féliciter les gendarmes pour leur gestion de l’intervention durant le violent braquage à la bijouterie Goldfinger la semaine dernière.
 
Estimer l’impact Économique
 
A l’aube de la haute saison, la ministre a semblé sensible aux conséquences économiques que pourrait avoir le passage de Gonzalo. Elle a donc privilégié les déplacements « dans des endroits où il y avait des problèmes économiques puisque la saison va bientôt repartir ». Il s’agissait ainsi de voir « comment restaurateurs et hôteliers allaient pouvoir exercer leur activité ». Au terme de ces visites de terrain, la ministre s’est ensuite rendue à l’hôtel de la Collectivité pour une réunion avec les élus et l’ensemble des socio-professionnels. Un dossier sur les dégâts particulièrement importants dans le nautisme lui a d’ailleurs été remis. Face à la ministre, la présidente de l’Office de tourisme Jeanne Vanterpool a insisté sur « les stigmates du passage de l’ouragan » qui sont « réels et bien plus profonds qu’il n’y paraît » sur l’ensemble des infrastructures touristiques de Saint-Martin. Positive, George Pau-Langevin a souhaité que « la saison touristique soit aussi réussie que d’habitude », espérant qu’elle pourra « redémarrer dans de bonnes conditions » et que « les populations de Saint-Martin ne verront pas leur activité impactée d’une manière trop négative ».
 
3,2 M€ : le prix de Gonzalo pour la Collectivité
 
La présidente de la Collectivité Aline Hanson, qui a pu s’entretenir en privé avec la ministre, a mis l’accent sur les dégâts occasionnés par l’ouragan sur les infrastructures de la COM et sur la facture que va représenter la gestion de l’après-cyclone. L’évaluation des dommages fait en effet grimper la note à 1,9 millions d’euros annonçait-elle dimanche, précisant que « 80% de ce coût concerne les dégâts sur les infrastructures d’eau et d’assainissement ». En outre les opérations de nettoyage devraient s’élever à 1,3 millions d’euros. La présidente s’est tout de même félicitée de cette visite ministérielle « qui montre tout l’intérêt que l’Etat porte à Saint-Martin au lendemain du passage de Gonzalo ».
Au terme de sa visite sur notre territoire, George Pau-Langevin a promis « de longues réunions de travail pour examiner tous les besoins et pouvoir y répondre ».
 
Le fonds de secours mobilisé
 
La solidarité nationale va jouer en faveur de Saint-Martin. Outre la possibilité de reconnaître l’état de catastrophe naturelle – la procédure est en cours et la décision sera soumise à une commission interministérielle – George Pau-Langevin va également mobiliser une intervention du fonds de secours. « Nous avons déclenché le fonds de secours dépendant du ministère des Outre-mer » confirmait-elle dimanche, précisant que « le préfet fera remonter les besoins ». Le fonds de secours est une aide financière qui permettra de financer des travaux de remise en état des biens non assurés. Mais sur la question du montant qui pourrait être débloqué « il est encore trop tôt pour le dire » nuançait la ministre. Se pose également la question de la prise en charge financière des enlèvements d’épaves et de bateaux échoués, nombre de bateaux n’étant pas assurés.
 
Changer les règles
 
Certains bilans sont à dresser après le passage du cyclone. « J’ai vu un restaurateur découragé car il venait de tout remettre aux normes » clamait la ministre. « Pour s’assurer ensuite c’est très compliqué, il faut voir comment faire évoluer les réglementations pour qu’on puisse mieux faire face à ce type de difficulté ».
 
 
Paroles de ministre
 
« Nous pensons aussi aux populations impactées qui ont vu dans leur habitat les effets du cyclone. Je suis frappée de constater qu’en si peu de temps les gens se sont mis au travail, ils ont réagi très vite ».
 
« Je tiens à féliciter les forces de l’ordre, les sauveteurs, les équipes d’EDF, tous ceux qui se sont investis pour permettre aux populations d’être mises à l’abri et ensuite de retrouver des conditions de vie à peu près normales très rapidement ».
 
« Nous avons une organisation nationale qui fonctionne et qui permet que les choses soient préparées. Je note des équipes consciencieuse qui ont bien fait leur travail ».
 
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