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Le 22 octobre dernier, la bijouterie Goldfinger était victime d’un vol à main armée particulièrement violent (notre édition du 24 octobre). Souhaitant préciser certains points de l’intervention, la gendarmerie revient sur les déroulement de cette affaire hors-norme pour Saint-Martin.

Le mercredi 22 octobre, vers 10h40, trois individus armés pénètrent dans la bijouterie Goldfinger  située rue de la République. Ils menacent avec des armes de poing le propriétaire des lieux et dérobent des bijoux, dont de nombreuses montres en or de luxe. Le centre opérationnel de la gendarmerie (C.O.G) de Saint-Martin est alors immédiatement avisé par une employée. Une patrouille du peloton de surveillance et d’intervention (P.S.I.G) de la compagnie de gendarmerie de Saint-Martin et Saint-Barthélemy et une patrouille du détachement de surveillance et d’intervention (D.S.I) de Marigot, appartenant à l’escadron de gendarmerie mobile (E.G.M) 23/7 de Sélestat en mission à Saint-Martin, arrivent rapidement sur les lieux alors que les malfaiteurs se trouvent encore dans la bijouterie. La première patrouille de gendarmerie qui arrive sur place est composée de quatre militaires du P.S.I.G. Pensant que les malfaiteurs ont déjà quitté les lieux, deux militaires pénètrent en sûreté par le sas, en étant appuyés par deux autres postés à l’extérieur du commerce.
 
Les malfaiteurs ouvrent le feu
À l’ouverture de la porte automatique, les gendarmes se trouvent nez-à-nez avec trois malfaiteurs qui ouvrent aussitôt le feu à trois reprises en direction des forces de l’ordre. À cette occasion, les deux gendarmes se trouvant à l’extérieur sont légèrement blessés par des éclats de verre.
Face à cette situation, les quatre militaires du P.S.I.G se replient et s’abritent en protection derrière leur véhicule. Ils sont alors rejoints par une deuxième patrouille du D.S.I de Marigot. Tandis que la première patrouille du D.S.I a pris position avec le P.S.I.G à l’avant du commerce, la seconde va se positionner à l’arrière de la bijouterie.
Les trois malfaiteurs quittent ensuite le commerce en prenant en otage le manager de la bijouterie qu’ils tiennent en joue avec une arme à feu. Ils tirent à nouveau à trois reprises en direction des gendarmes qui ne ripostent pas compte tenu de la présence de l’otage. Les malfaiteurs prennent la fuite à pied, puis braquent le conducteur d’un véhicule et s’en emparent, en laissant sur place l’otage et le conducteur.
Bloqués peu après par la seconde patrouille du D.S.I initialement positionnée à l’arrière de la bijouterie, les trois malfaiteurs sortent du véhicule. L’un d’entre eux menace les gendarmes avec son arme alors qu’un deuxième transporte le sac contenant leur butin. Ils longent alors la Marina royale à hauteur du restaurant le « Yacht club ». Malgré les sommations d’usage, un des malfaiteurs tire à nouveau ; son projectile pénètre dans l’habitacle du véhicule de la gendarmerie par la lunette arrière. Un premier gendarme mobile de la patrouille riposte à une seule reprise.
 
le 3ème braqueur toujours recherché
 
Les trois malfaiteurs poursuivent leur fuite en abandonnant le butin. Ils tirent à nouveau à deux reprises. Le premier gendarme mobile riposte trois fois, et un de ses camarades tire une seule fois. Les malfaiteurs se retrouvent alors face à une patrouille venue en renfort. Deux se rendent et le troisième parvient à s’enfuir. Ce dernier est activement recherché. Au total 14 tirs d’arme à feu ont eu lieu : 9 de la part des malfaiteurs et 5 de la part des forces de l’ordre. Les deux auteurs présumés sont interpellés et placés en garde à vue à 10h50. Les premiers éléments recueillis par les enquêteurs permettent d’établir que les auteurs présumés, de nationalité vénézuélienne, sont arrivés, en provenance de Caracas à l’aéroport Juliana, le 6 octobre pour celui qui est en fuite et le 17 octobre pour les deux individus interpellés.
 
Les deux malfaiteurs incarcérés
 
En accord avec les magistrats des parquets respectifs de Saint-Martin et de Sint Maarten, une coopération policière et judiciaire efficace et rapide a pu être mise en place, dans l’urgence, entre les services d’enquête de Sint-Maarten et la brigade de recherches de la gendarmerie de Saint-Martin, afin d’effectuer des perquisitions dans l’hôtel où étaient « descendus » les malfaiteurs. Le 24 octobre les deux individus mis en cause ont été présentés devant les magistrats du parquet de Pointe-à-Pitre (pôle criminel), mis en examen, et incarcérés au centre pénitentiaire de Baie-Mahault. Au cours de cet événement et dans les 48 heures qui ont suivi, plus d’une cinquantaine de militaires et de considérables moyens d’intervention, d’identification criminelle et d’investigation judiciaire ont été mobilisés. Le service de la police aux frontières ainsi que la police territoriale ont également participé au quadrillage du terrain dans les heures qui ont suivi l’événement. La brigade de recherches de la gendarmerie demeure saisie de l’enquête, placée à présent sous la direction d’un juge d’instruction de Pointe-à-Pitre dans le cadre de l’ouverture d’information décidée par les magistrats. Le commandement de la gendarmerie a tenu à souligner le professionnalisme et le sang-froid dont ont fait preuve les forces de l’ordre lors de cette intervention qui aurait pu connaître une issue dramatique.
 
Les trois malfaiteurs étaient porteurs de deux armes de poing : un pistolet type semi-automatique en calibre 40 modèle « Baby Desert Eagle », avec lequel ils ont ouvert le feu (l’arme a été saisie, chargeur vide) ; et un revolver chromé porté par l’individu en fuite. Ce revolver n’a, semble-t-il, jamais été utilisé à l’encontre des forces de l’ordre. Les mis en cause justifient leur reddition par le fait que le chargeur de leur arme était vide et qu’ils se trouvaient ainsi dépourvus de munitions. Le butin, retrouvé par les gendarmes lors des interpellations, était composé de 115 montres de luxe dont la plupart d’une valeur unitaire comprise entre 10 000 et 30 000 €.
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