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Alain Richardson entend faire savoir que sa période d’inéligibilité est arrivée à son terme le 13 octobre dernier. Dans une lettre ouverte, l’ex-président s’autorise ainsi à porter un regard critique sur « l’immense malaise au sein de la majorité », et non sans frustration.

« Ma traversée du désert politique est finie, mais malheureusement force est de constater que par manque de loyauté et de fidélité aux valeurs et principes, aux engagements pris et aux politiques et réformes indispensables, de la part de l’exécutif qui m’a succédé, la situation du territoire s’est profondément dégradée en un temps record et la traversée du désert de Saint-Martin et de sa population est très loin de prendre fin. Au cours de ces 18 mois je n’ai volontairement pris la parole que très, très rarement ».  
« Compte tenu du mandat démocratiquement obtenu le 28 mars 2012 auprès de la population (57% des voix) (une sanction administrative ne pouvant jamais anéantir un engagement politique), des obligations et de la confiance qu’il emporte, des fonctions que j’ai exercées, j’ai une obligation politique et morale (même sans être un élu désormais) de me battre pour infléchir les choses et tenter de faire respecter les engagements pris devant la population. Ce combat je dois le mener y compris malheureusement aujourd’hui contre certains à la tête de l’actuelle majorité qui au cours de ces 18 mois ont tourné le dos à la méthode de gouvernance que j’ai instaurée, à l’indispensable rigueur que j’ai établie ; à l’autorité, au volontarisme et à la transparence que j’ai démontrés ; à la combativité dont j’ai fait preuve et surtout au respect de la ‘feuille de route de la mandature’ (véritable programmation de nos engagements) que j’ai fait dresser au 3ème trimestre 2012 ».
 
Sentiment d’exclusion
 
« Au cours de ces 18 mois, jamais je n’ai été ni consulté, ni sollicité, ni associé, ni tenu informé et même pas contacté par celle que j’ai fait élire pour prendre ma succession à la tête de cette Collectivité. En un mot j’ai été totalement écarté. Pourtant suite au prononcé de la décision politique du Conseil d’Etat j’ai garanti à ce territoire une transition rapide et dépassionnée. (…) Malgré ce constat dur mais réaliste, je souhaite témoigner publiquement aux élus de base de la majorité tout mon soutien, toute ma sympathie mais aussi je souhaite reconnaître que malgré tout, ils ont un désir et une volonté réels de faire bouger les choses ».
« Les dernières élections sénatoriales ont démontré l’immense malaise au sein de la majorité et surtout le mépris envers les élus de base d’un tout petit noyau qui s’est accaparé du pouvoir. Aujourd’hui c’est avec regret et agacement que je constate que le message de désarroi et l’appel à plus de considération et de respect pour les élus de base, que la candidature et le fort soutien obtenu par la candidature Gros-Désormeaux aux sénatoriales emportaient, n’a toujours pas été entendu par l’exécutif. Malheureusement se sont les ‘punitions’ et sanctions qui pleuvent (coupure des lignes de téléphone mobile de fonction des 2 élus (candidat et suppléante), exclusion de la délégation partie représentée Saint-Martin en République Dominicaine, consignes données d’exclure de tout déplacement et ou représentation pour les 2 élus candidat et suppléant (Gros-Désormeaux et Questel), projet de retirer à M. Gros-Désormeaux son mandat de représentation de la Collectivité au Conseil d’administration de la Semsamar ».
« À un peu plus de la moitié de la mandature, il est manifeste qu’il faut un nouveau souffle et un retour aux fondamentaux. (…). Mais plus encore une volonté sans faille de croiser le fer avec l’Etat et ses services afin que  les valeurs et principes de la constitution française mais aussi que les intérêts propres de notre collectivité soient garantis et respectés ».
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