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Lundi après-midi, une opération de télémédecine entre la Guadeloupe et Saint-Martin se tenait au cabinet de radiologie Bartoli à Concordia en présence des ministres de la Santé des différents pays de la Caraïbe. Objectif : présenter un dispositif de téléradiologie permettant de traiter les AVC aux Antilles non francophones.

L’accident vasculaire cérébral est une des rares vraies urgences médicales car il s’agit d’un vaisseau qui se bouche au niveau du cerveau. L’on dispose de moins de 3 heures pour déboucher le vaisseau. « Au-delà, c’est souvent trop tard car il y a trop de lésions », indique le docteur Blaise Bartoli. L’AVC nécessite donc une prise en charge rapide et un traitement. Mais pour y avoir accès, il faut que l’AVC soit confirmé et l’IRM permettra de le localiser dans le cerveau, de connaître le pourcentage du cerveau atteint et de voir quel vaisseau est bouché. Un protocole a donc été mis en place avec les urgentistes pour ne pas perdre de temps. Ainsi, nous explique le docteur Bartoli, dès qu’il y a suspicion d’AVC aigu (moins de 3 heures), l’hôpital envoie le patient en IRM au cabinet de radiologie et grâce au logiciel de téléradiologie, l’équipe se connecte avec le CHU de Guadeloupe et propose un traitement pour déboucher le vaisseau. Là, c’est au neurologue de donner son aval car le traitement comporte beaucoup de risques : hématome intracrânien, séquelles neurologiques graves, voire décès. L’urgentiste confirme la suspicion d’AVC en examinant le patient aux urgences ou en déplacement avec le SMUR. Quand il y a suspicion, et en l’absence de contre-indication majeure, le patient est transporté en IRM où il subit un examen. Si l’AVC est confirmé, on contacte le neurologue du CHU via le système de télémédecine et grâce au logiciel, il a accès aux images du cerveau et une caméra lui permet de visualiser le patient. « Ce système fonctionne globalement bien depuis environ deux ans », ajoute le docteur Blaise Bartoli.
 
« Désenclaver » Saint-Martin
La réunion de lundi entre la Guadeloupe et Saint-Martin en présence des ministres de la Santé des îles des Antilles non francophones avait pour but de tenter d’étendre la télémédecine et la téléradiologie dans le cas de l’AVC et, plus globalement, dans le cas d’accidents de la route et de cancers par exemple. Un test avait donc lieu au centre de radiologie de Concordia pour « montrer comment cela se passe en temps réel ». « Ce système permet de moduler les urgences et de gérer un peu mieux les évacuations sanitaires. Il n’est plus nécessaire de l’évacuer systématiquement vers la Guadeloupe », indique le docteur Blaise Bartoli. À noter que ce système permet aux équipes de traiter l’AVC avec la thrombolyse (dissolution du caillot). « Sans ce système, ce n’est pas jouable car nous sommes isolés et le délai de transfert vers la Guadeloupe est long. Aujourd’hui, la téléradiologie nous permet de faire l’injection rapidement », souligne le docteur Bical, urgentiste au CH de Saint-Martin. Ce système permet donc de « désenclaver Saint-Martin » comme le souligne le docteur Bartoli puisqu’il permet à notre territoire d’être relié au CHU. Pour ce faire, les personnels de Saint-Martin ont été aidés par l’ARS Guadeloupe.
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