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Les fortes pluies qui se sont abattues dans la nuit de vendredi à samedi ont semé la zizanie dans tous les secteurs de l’île et nécessité de multiples interventions des sapeurs-pompiers. Retour sur cet épisode météorologique pourtant courant en cette période de l’année.

Moins d’un mois après Gonzalo, alors que l’île retrouvait tout juste un visage présentable, le ciel a déversé un important cumul pluviométrique non sans faire quelques nouveaux dégâts, sur des sols déjà gorgés d’eau. Météo France avait placé Saint-Martin en vigilance jaune dès 20 heures le vendredi pour fortes pluies et orages, mais le phénomène a finalement nécessité un passage en vigilance orange le samedi matin, à 4 heures. Entre temps, des trombes d’eau s’étaient déjà abattues sur les îles du Nord, avant un retour à l’accalmie en fin de matinée samedi. Les inondations ont pris au piège certains habitants dans leur habitation ainsi que des automobilistes ayant tenté de braver les éléments. Samedi matin, les cumuls de pluie observés dans le secteur de Juliana s’élevaient à 107 mm en trois heures et à 127 mm en six heures.
 
Grande pagaille sur les routes
Du nord au sud certaines portions des axes routiers sont devenues rapidement impraticables. Le clou du spectacle en partie française pouvait notamment être observé dans le cœur de Grand-Case, secteur coutumier des inondations lorsque les cumuls pluviométriques sont importants. De la RN7 aux écoles, le terrain s’est transformé en un véritable lac où quelques aventureux ont opté pour le déplacement en kayak. Samedi matin, les automobilistes souhaitant traverser le secteur étaient donc déviés par la police territoriale sur le boulevard de Grand-Case, moyennant une circulation à double-sens. Du côté de Baie Rouge où l’étang a largement débordé, la route des Terres Basses s’est également transformée en champs de bataille. Sur la montée de Cripple Gate, les éboulements ont envahi la chaussée quand Marigot s’est transformée en pataugeoire boueuse une fois l’accalmie revenue. Supermarchés et boutiques du centre-ville ont eux débuté la journée les pieds dans l’eau. Le West Indies, totalement inondé, a dû faire évacuer les eaux avec une pompe. A noter qu’à Mullet Bay, un glissement de terrain a également bloqué la circulation. Quant aux vols de l’aéroport de Grand-Case ils ont été déroutés sur Juliana.
 
Couvre-feu ?
 
Curiosité locale mais habituelle, les consignes données à la population varient du nord au sud, chacune des gouvernances suivant son propre protocole de sécurité. Ainsi en partie française aucune interdiction de circuler n’avait été donnée – le bon sens de la population étant seulement requis – alors qu’à Sint Maarten les autorités avaient déclaré un « national curfew » le samedi à midi. Soit une interdiction totale de circuler excepté pour les personnes devant se rendre à l’aéroport et au port, les forces de l’ordre, de sécurité et les autorités. Les taxis ont également été sommés de ramener les croisiéristes à quai et les entreprises invitées à fermer. Ces dispositions ont été prises par le gouvernement de Sint Maarten pour garantir la sécurité des personnes mais aussi pour dégager le réseau routier en faveur des équipes de secours et de nettoyage, était-il précisé dans les messages officiels.  
 

 
Des établissements scolaires fermés ce lundi
 
Suite aux très fortes pluies, la Collectivité informe que ce lundi 10 novembre, l’ouverture des établissements scolaires se déroule comme suit : pour le second degré, seul le collège Soualiga de Cul-de-Sac est ouvert ; pour le 1er degré, toutes les écoles sont ouvertes, à l’exception des deux écoles de Grand-Case.
 

 
Quid de l’évacuation des eaux pluviales ?
 
En juin dernier était signé le nouveau contrat de développement Etat – Collectivité pour la période 2014 – 2017. Et parmi les priorités inscrites, le traitement des eaux pluviales budgété à hauteur de 10 millions d’euros. Car outre les conséquences quantitatives des inondations et de la saturation du réseau d’assainissement, les eaux pluviales constituent également une source importante de pollution lorsqu’elles sont rejetées dans la nature sans être traitées. Elles se chargent en effet d’impuretés contenues dans l’air, tels que les gaz d’échappement. Lorsqu’elles ruissellent, elles drainent les résidus des toitures et de la chaussée tels que métaux lourds, carburants etc.
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