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L’association Jeunesse Soualiga, qui fête ses 10 ans à la fin du mois, ne lésine pas sur les événements pour impliquer les jeunes saint-martinois dans la vie locale, le tout pour montrer qu’ils peuvent réussir et accomplir de belles choses. Rencontre avec Jean-Marc Gervais, président de l’association.

En 2004, quelques mois après que j’ai eu mon bac, j’ai voulu réunir mes amis pour que nous organisions des activités pendant les vacances scolaires. À l’époque, je ne pensais pas que le concept allait se transformer en association », explique Jean-Marc Gervais. Et pourtant… Car ses amis ont apprécié ce concept et en ont parlé à leurs amis qui ont voulu rejoindre le groupe. Quelques semaines plus tard, le petit groupe organisait une réunion pour évoquer leurs objectifs et parler des activités qu’ils pouvaient mettre en place. «Tout le monde n’a pas les moyens de se payer des activités extra-scolaires. Nous avons donc mis en place des sorties, des campings où chacun amenait quelque chose», poursuit Jean-Marc. Petit à petit, des fêtes ont également été organisées par le petit groupe à chaque période de vacances scolaires. «Nous étions 12 au départ, puis de plus en plus de jeunes ont adhéré. Nous avons pensé à mettre en place des fêtes à thèmes, jusqu’au fameux Bal des étudiants dont la première édition a eu lieu en juillet 2005», indique le président de l’association. Et c’est là « l’événement déclencheur », car «quelque chose de nouveau était né», ajoute Jean-Marc. Lors de cette première édition, les participants étaient au nombre de 75. Aujourd’hui, ils sont plus de 500, sans compter les membres de l’association. Et il y a eu autre chose aussi. Ce qui n’était encore qu’un groupe de jeunes qui s’appelait « Jmix & Friends Corporation » travaillait à l’époque avec Marie-Georges Hamlet, présidente de l’association «Vivre demain», qui guidait beaucoup ces jeunes. Puis en 2008, « les choses sont devenues sérieuses. Nous nous sommes détachés de “Vivre demain” pour créer notre propre association : “Jeunesse Soualiga” qui fait référence à la jeunesse de Saint-Martin », précise Jean-Marc. Le changement de cap est amorcé : la fête, c’est sympa, mais il y a bien autre chose à faire, notamment en matière de prévention et d’aide aux autres. C’est dans cette optique que les membres de Jeunesse Soualiga se sont dirigés vers diverses associations, comme Les Liaisons dangereuses. « Il ne s’agit pas, en tant qu’association, de faire de la compétition aux autres associations, mais de travailler avec elles car il est important pour nous les jeunes de faire des choses que nous n’aurions certainement pas faites si nous n’étions pas dans une association, comme la prévention », souligne Jean-Marc Gervais. Les sorties et soirées existent toujours pour pouvoir fédérer les membres de l’organisme, mais il s’agit aussi et surtout « de montrer que les jeunes sont capables de faire des choses bien », poursuit-il.
 
Jeunesse Soualiga : «une famille»  
 
Les membres de Jeunesse Soualiga ont entre 13 et 30 ans ce qui permet aux plus jeunes, selon Jean-Marc Gervais, «d’avoir des repères». Le comportement des plus jeunes et leurs résultats à l’école conditionnent aussi leur participation aux activités organisées. « Nous fonctionnons vraiment comme une famille et les parents apprécient que nous soyons là, surtout pour les plus jeunes », poursuit le président qui indique également qu’avant 2008, le groupe n’était pas forcément connu des parents. « Ils disaient : “mon fils/ma fille est avec Jean-Marc” et c’est tout. Aujourd’hui, ils reconnaissent notre travail et y participent même puisque le programme de nos actions et activités leur est présenté à chaque rentrée », ajoute-t-il. Dix ans après la création de « Jmix & Friends Corporation », l’association compte 80 membres à Saint-Martin et 257 membres au total (des Saint-Martinois en métropole, en Guadeloupe, en Martinique, etc.) qui restent en contact avec nous à Saint-Martin. « Dès qu’ils viennent sur l’île, on les voit au maximum », explique Jean-Marc. Et de conclure avec le sourire que « quand le groupe a vu le jour, je n’aurais jamais pensé qu’il aurait tenu 10 ans. Et pourtant si ! Et chaque année, ça se renouvelle ! Je retrouve même dans l’association des neveux de mes anciens camarades de classe ! En tout cas, le plus important est de garder le cap. Mon salaire à moi, c’est de voir des jeunes qui réussissent ».
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