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Suite aux fortes pluies du week-end, et 4 semaines après le passage du cyclone Gonzalo, le problème des eaux stagnantes est de retour. Nous avons rencontré Touzah Jah Bash qui s’occupe des jardins de Bellevue et qui est actuellement dans l’incapacité d’y travailler suite à une infection contractée à cause d’un problème d’eau souillée à Sandy Ground.

Certaines rues du quartier de Sandy Ground sont régulièrement inondées quand il pleut. Et ces inondations finissent par laisser derrière elles des zones où l’eau stagne parfois pendant plusieurs semaines, surtout si le temps est humide. Selon Touzah Jah Bash qui vit dans une impasse du quartier, le problème est lié à une mauvaise évacuation des eaux pluviales. « Cela faisait des années qu’un système permettait aux eaux pluviales de s’écouler via une tranchée jusque dans le lagon. Mais depuis deux ou trois mois, ce système a été bloqué et ne fonctionne plus », indique-t-il. Résultat : l’eau monte et inonde les rues dès qu’il pleut. Touzah Jah Bash nous montre alors l’état de la rue où il vit et précise que son fils, qui habite en face de chez lui, a même du mal à rentrer dans sa maison tant son entrée est inondée. Et le problème ne concerne pas que les eaux pluviales puisqu’au bout d’un moment, il explique que les eaux usées peuvent s’y mêler. Et en effet, la couleur et les odeurs des eaux stagnantes parlent d’elles-mêmes. En voulant évacuer ces eaux, Touzah Jah Bash a donc contracté une infection aigüe du doigt : un panaris. « Tout a commencé quelques jours après le passage du cyclone Gonzalo. La rue était inondée et j’ai tenté de faire évacuer ces eaux stagnantes en nettoyant la bouche d’où elles doivent s’écouler. C’est pour cette raison que j’ai dû toucher l’eau souillée. J’ai commencé à avoir mal au doigt le vendredi 17 octobre. Le lundi suivant, j’ai été hospitalisé une première fois, puis une deuxième fois le jeudi de la même semaine. Le lundi 27 octobre, j’ai été opéré d’urgence et hospitalisé pendant trois jours. Et l’infection n’est pas belle à voir », raconte-t-il. Et selon lui, il ne serait pas le seul dans ce cas puisque deux autres personnes ont dû être hospitalisées pour des raisons similaires.
 
Des conditions « difficiles »
Touzah Jah Bash déclare également qu’on ne peut décemment pas « laisser les gens vivre dans de telles conditions ». Des conditions « sérieuses et difficiles », dit-il. « Où est-ce que l’eau doit aller si ce n’est pas dans le lagon ? Nous voulons tout faire pour que les eaux de pluie s’évacuent correctement. Si la Collectivité nous donne le matériel qu’il faut pour faire ce travail, nous le ferons », poursuit-il. Car le ras-le-bol est grand : « Quand il pleut, nous avons des eaux stagnantes, mais il y a des endroits où les gens ne peuvent même pas marcher dans la rue sans porter des bottes de pluie », dit-il. Et de souligner alors des conditions d’hygiène déplorables, et d’autant plus que ces eaux stagnantes attirent les moustiques, qui peuvent être vecteurs de maladies (dengue et chikungunya), et que les bactéries y prolifèrent.
Le traitement des eaux pluviales est problématique à Saint-Martin où leur écoulement est souvent difficile. Il fait d’ailleurs partie des priorités inscrites dans le contrat de développement 2014-2017 signé en juillet dernier entre la Collectivité et l’État pour « améliorer le cadre de vie ». Une enveloppe de 10 millions d’euros a été allouée à cette priorité. Et au vu des intempéries de ce week-end et des inondations qui ont suivi, il s’agit bel et bien d’une priorité.
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