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Suite aux fortes pluies de samedi dernier, le Grand étang et le Petit étang ont largement débordé, inondant les routes et les habitations. L’association des Terres Basses souhaite interpeller les autorités sur la situation du secteur.

Alors que les premiers touristes affluent sur l’île et que s’ouvre la saison, les Terres Basses sont en peine pour restaurer le cadre de vie que vient chercher une certaine clientèle à fort pouvoir d’achat. « On voudrait que les autorités nous aident », exprime Maxence de Blegiers, président de l’association des Terres Basses. « C’est même nous qui avons dégagé la nationale samedi dernier », ajoute celui qui regrette quelque peu l’isolement du secteur et de ses habitants depuis les inondations de samedi.
Après l’important cumul pluviométrique qui s’est abattu sur Saint-Marin, nombre de quartiers se sont en effet retrouvés sous les eaux. Aux Terres Basses, la situation a été particulièrement critique ainsi que les sapeurs-pompiers l’avaient déjà relevé (notre édition du lundi 10 novembre). Car sur ce secteur, les deux étangs qui n’ont pas d’exutoire ont largement débordé. L’eau a envahi non seulement la route nationale au niveau du Petit étang à Baie Rouge, mais aussi les axes routiers permettant de circuler à l’intérieur des Terres Basses. De fait, seuls les véhicules adaptés peuvent se rendre sur certains points, quand d’autres étaient encore totalement inaccessibles lundi. « En 15 ans je n’ai jamais vu ça » déplore tristement cet habitant de Baie Longue, dont le jardin évoluait encore sous 70 centimètres d’eau en début de semaine. « J’ai tout perdu et nous devons trouver un autre logement » témoigne un autre résident totalement abattu, montrant du doigt un lit presque submergé et une maisonnette en plastique appartenant à sa fillette, flottant misérablement dans le salon. Aux Terres Basses, pour pénétrer dans certaines maisons, mieux valait être chaussé de bottes.
Les membres de l’association ont donc souhaité faire partager un peu de leur quotidien depuis samedi dernier. La fatigue s’accumule, mais il faut continuer à retrousser les manches face à l’ampleur de la tâche, un mois après l’ouragan Gonzalo. « Un entrepreneur nous a prêté une pompe thermique pour évacuer l’eau dans la mer » explique Jean-Philippe Campion. Mais avec 70 centimètres d’eau par endroits, réseau routier compris, la tâche risque d’être longue, très longue.  
 
Une quarantaine de foyers sinistrés
 
Les membres de l’association des Terres Basses le savent, une partie du secteur est en zone inondable tel que cela est inscrit dans le PPRN (plan de prévention des risques naturels), qui stipule bien deux cas probables : inondations par pluie et inondations par houle cyclonique. Le risque tel que précisé touche d’ailleurs un bon quart des propriétés de la péninsule. Une quarantaine de foyers au moins l’a donc expérimenté. Plus d’électricité, car les bornes EDF installées presque à même le sol on bu la tasse. Plus d’eau au robinet et des citernes hors d’usage. Des fosses sceptiques gorgées d’eau et qui commencent à déborder avec leurs effluves pestilentiels. Et de l’eau, partout, du jardin aux dernières marches des escaliers pour les plus chanceux dont l’habitation est un peu surélevée. Mais jusque dans la maison, pour les autres. A Baie Rouge, trois maisons enclavées étaient encore inaccessibles lundi. A Baie aux Prunes, la prestigieuse villa Château des Palmiers accueillait samedi dernier des clients en location saisonnière qui se sont retrouvés les pieds dans l’eau. Philosophes, ces derniers ont néanmoins souhaité poursuivre leur séjour, une partie des chambres étant restée au sec. Par endroits, de Baie Rouge à Baie Longue, les murs portent encore les stigmates de la montée des eaux : à près d’un mètre de haut, parfois. De quoi mesurer l’ampleur du désastre, qui risque aussi de devenir sanitaire : « on commence à avoir des rats ».
 

 

Deux étangs sans exutoire

Le Petit Etang et le Grand Etang n’ont pas d’exutoire. Pourquoi ? « L’évacuation des eaux pouvait naturellement se faire avant » précise le chargé de mission du Conservatoire du Littoral, Olivier Raynaud. L’urbanisation du secteur bloque aujourd’hui ce processus naturel qui, couplé à de fortes pluies, donne les conséquences que l’on a pu observer après les pluies de samedi dernier. Dans l’urgence, au niveau de Baie Rouge, un exutoire long de 24 mètres a donc été ouvert pour évacuer dans la mer le trop plein du Petit Etang, qui s’est d’ailleurs déversé sur la route nationale, bloquant totalement la circulation et mettant à mal les équipes de secours. « Le problème c’est que l’eau s’écoule extrêmement lentement » constate Maxence de Blegiers. Et du côté du Grand Etang, impossible d’ouvrir un exutoire de fortune : « cela nécessiterait 100 mètres de tuyaux en ciment, ce serait un chantier colossal et très coûteux » ajoute t-il. Pour le Conservatoire du Littoral « il va falloir trouver des solutions pérennes pour que l’eau s’écoule à nouveau naturellement et éviter ce type de reflux ». Cela suppose des travaux en bonne et due forme. A ce titre, l’association des Terres Basses envisage de « demander l’aide de l’Etat ». 


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