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Ce jeudi, à l’appel du syndicat Alliance police nationale, plusieurs milliers de policiers manifestaient dans toute la France, Outre-mer compris, afin de « protester contre leurs conditions de travail ». À Saint-Martin, les agents de la PAF étaient aussi dans la rue pour dénoncer un « ras-le-bol général » dû notamment à un manque de moyens.

Police en colère, policiers en galère », scandaient les manifestants jeudi matin. Devant leurs locaux à Marigot, ils donnaient des coups de sifflet et distribuaient des tracts aux automobilistes et aux passants. Une façon d’alerter le grand public sur le « véritable malaise de la fonction », indique Ingrid Testa, déléguée syndicale d’Alliance police nationale à Saint-Martin. « Il y a un réel malaise dans le sens où la profession est stigmatisée et n’est plus considérée. Concernant les missions qui nous sont dévolues, nous sommes obligés de les effectuer dans des conditions souvent défectueuses. En fait, nous devons faire plus avec moins », explique-t-elle. À Saint-Martin comme en métropole, les policiers ont tenu à exprimer par cette mobilisation leur « ras-le-bol général dû à la stagnation de (leurs) droits et aux promesses faites et non tenues », poursuit Mme Testa. Les agents de police réclament également la revalorisation de leur fonction et de leur pouvoir d’achat. Des propositions sont faites, notamment concernant les adjoints de sécurité (agent contractuel de droit public de la police nationale engagé par contrat pour une période de 3 ans renouvelable une fois, soit 6 ans au total) qui pourraient être recrutés « sans le bac », mais « avec un véritable déroulement de carrière » pour les aider à mieux s’insérer, plutôt que de leur sire « au revoir » au bout de 6 ans, ajoute Ingrid Testa. Un autre point est à étudier selon les manifestants : les retraites « de misère » que touchent certains policiers à l’issue de leur carrière.
 
Conditions difficiles à Saint-Martin
 
« À Saint-Martin, c’est compliqué, car nous sommes sur différents sites », déclare David Mauffait, l’adjoint d’Ingrid Testa au syndicat Alliance. Et qui dit différents sites dit nombreux déplacements, mais les policiers déplorent un parc auto vieillissant. « Ce que nous aimerions, c’est une revalorisation du parc auto, car on fait du rafistolage. Il y a plusieurs années que cela traîne et qu’il n’y a pas d’évolution », ajoute l’agent. Et ce n’est pas tout pour les policiers de la PAF qui dénoncent aussi un manque d’effectifs pour pouvoir effectuer leurs missions « dans de bonnes conditions ». Les agents de la police aux frontières sont une soixantaine à Saint-Martin, mais il y a beaucoup de missions à tenir : contrôles au port et à l’aéroport, reconduites de personnes qui font l’objet d’un arrêté préfectoral jusqu’en Guadeloupe ou à Juliana, contrôles communs avec l’immigration du côté hollandais, tenue du centre de rétention, contrôles de chantiers, contrôles routiers pour l’interpellation éventuelle d’étrangers en situation irrégulière, etc., « avec un effectif qui se réduit pour les missions supplémentaires », précise M. Mauffait. Et d’ajouter qu’il « faudrait au moins une dizaine de fonctionnaires de plus pour pouvoir travailler dans de meilleures conditions, car nous travaillons parfois 11 heures d’affilée ».
Malgré cette mobilisation, les policiers ne sont pas optimistes car, selon eux, le budget 2015 dédié à la sécurité est « une catastrophe ». Les agents dénoncent cette fois une « politique du chiffre », avec des primes exorbitantes pour les commissaires et chefs de service. « On nous avait promis qu’elle serait terminée, mais ça continue », conclut Ingrid Testa.
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