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Lundi après-midi, traverser le quartier de Sandy Ground était mission impossible du fait d’une manifestation qui bloquait entièrement la route. Des jeunes jouaient au basket en pleine rue pour dénoncer le manque d’infrastructures sportives dans leur quartier. 

« Il y a quelques mois, j’ai fait une vidéo dans le quartier pour montrer au préfet, à la présidente et aux élus ce qui se passe à Sandy Ground. On m’a appelé ensuite, on m’a dit qu’un contrat avait été signé (le contrat de développement État-COM, ndlr.), que des plateaux sportifs devaient être construits… C’était au premier semestre de cette année. Nous sommes maintenant en novembre et nous n’avons toujours rien. Pas de terrain. Les jeunes sont dans la rue car il n’y a rien à faire. Aujourd’hui, le quartier se lève pour obtenir des réponses », explique Jérémy Watt, président d’une association de Sandy-Ground. « Il y a plusieurs mois, j’ai sollicité un rendez-vous avec la présidente de la COM pour lui parler de ces problèmes, en vain », ajoute Cédric André, un habitant du quartier. « Sandy Ground compte plus de 1 000 jeunes, mais il n’y a pas de terrain pour eux. On nous a même dit que le terrain de foot était réservé “aux grandes personnes”. Rien n’est mis en place pour les jeunes du quartier, alors que c’est un quartier à risque. Quand on compare avec d’autres quartiers comme Marigot, la Savane, Grand-Case et Quartier d’Orléans qui comptent plusieurs structures, on se dit que ce n’est pas normal », poursuit-il. Ce mouvement revendicatif et plus ou moins spontané n’a pas engendré de faits de violence. Seul problème pour les usagers : la route qui est restée bloquée pendant plusieurs heures compte tenu des obstacles. Par conséquent, les policiers et gendarmes ont dû intervenir pour mettre en place une déviation. Les jeunes manifestants ne voulaient pas quitter la rue tant que la présidente et le préfet, à qui ils avaient envoyé un courrier avec pour objet « le ras-le-bol des jeunes et des moins jeunes de Sandy-Ground !!! », ne venaient pas à leur rencontre. Sur ce courrier, les jeunes ont indiqué qu’ils manifestaient pour « montrer (leur) colère » car, disent-ils, ils ne disposent « d’aucune forme de structure pour encadrer les jeunes pour leur permettre d’avoir un développement des connaissances du droit civique et du respect d’autrui ».

Rendez-vous le 24 novembre

Lors de cette manifestation, plusieurs associations étaient regroupées, des jeunes, mais aussi des parents. « On manifeste parce qu’on a besoin de réponses. On n’a rien contre la COM et la préfecture, mais on veut des réponses. Dans ce quartier, il n’y a que les motos, le plus “bad” qui fait du wheeling et beaucoup de jeunes qui veulent l’imiter. On a donc besoin d’aide. Bloquer, c’est le seul moyen pour nous de nous faire entendre », ajoute Jérémy Watt. Et leur blocage a servi et a été entendu puisque la présidente Aline Hanson et le directeur de cabinet du préfet Emmanuel Effantin se sont rendus sur place pour écouter les doléances et les attentes de ces jeunes. Étaient également présents le sénateur Guillaume Arnell, le vice-président en charge de l’économie Wendel Cocks et le conseiller territorial en charge des sports Alain Gros-Désormeaux. Il s’agissait aussi de faire baisser la tension et de rouvrir la route. Dans un climat plus apaisé, les différentes parties ont pu s’exprimer. Les représentants de ces jeunes ont donc été conviés à la Collectivité pour discuter de leurs souhaits et de leurs attentes ce lundi 24 novembre.

Voilà qui permet de calmer un peu les choses puisque les jeunes voulaient redescendre dans la rue dans les jours à venir s’ils n’étaient pas entendus et qu’ils dénonçaient dans leur courrier « la discrimination, l’insécurité et le je-m’en-foutisme des politiciens, de la Collectivité, du gouvernement et de l’État ».

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