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Le 19 octobre Ruben Girault-Darteyre s’est classé 2ème au championnat international Junior de Shidokan au Japon. Retour sur l’épopée de ce jeune champion qui fait la fierté de son club à Saint-Martin. 

À l’aube de ses 14 ans, Ruben Girault-Darteyre est un espoir prometteur de Karaté Shidokan. Son premier combat international se déroulait à Yokohama au Japon, non loin de Tokyo, le 19 octobre dernier. Ce véritable phénomène, révélé par le club Caribbean Shidokan, a fait face à des adversaires redoutables et plus âgés de lui, mais n’a rien lâché et s’est classé 2ème du championnat junior. Plus qu’une performance, c’est une véritable aventure sportive qui a rassemblé sa famille, son club et tous ceux qui l’ont soutenu à Saint-Martin.
 
Départ pour Tokyo
 
Le 12 octobre dernier, le « Commando Saint-Martin » formé par les parents de Ruben, Karine Girault et William Darteyre, le directeur technique Rodolphe Arnal et Christian Pujol, le président du Club Caribbean Shidokan, a embarqué pour le Pays du Soleil-Levant, bien décidé à ramener un trophée. « Le voyage de 36 heures fut éprouvant mais deux jours plus tard nous avions le plaisir de fouler ce fameux sol japonais » témoigne Christian. Les valises à peine défaites, direction Tokyo pour s’offrir un peu de tourisme avant le grand challenge. Le team a également retrouvé sur place l’équipe de France dont le président José Gallucio, 7ème Dan, Corinne Deschepper, 2ème Dan, Mathias, l’immense champion poids lourd bardé de titres internationaux et Hamza, le spectaculaire combattant poids moyen. Le 17 octobre, direction Yokohama à trois quart d’heure de Tokyo, ville portuaire où se déroulait ce championnat Shidokan international du Japon, prévu le 19 octobre.
 
Ruben le tigre
 
Branle-bas de combat le Jour J. «Il nous fallait être sur le site du championnat à 10 heures et les Japonais sont toujours ponctuels ! » raconte Christian. « Ils sont venus nous récupérer par l’intermédiaire de Shihan Makoto, véritable bras droit de Murakami que je ne vous ferez pas l’injure de présenter, c’est une pointure historique dans la famille Shidokan». Sur place, la tension grimpe d’un cran : « nous nous sommes retrouvés dans une salle immense qui grouillait d’officiels, d’organisateurs, de combattants en tenue, de familiers et de spectateurs qui ne voulaient pas perdre une miette des combats à venir ». Après un grand cérémonial et lecture de la profession de foi à la manière Samouraï, place aux combats.
La poule de Ruben comprenait 3 combattants de 15 à 16 ans, soit un peu plus âgés que lui : 2 venus d’Arabie Saoudite et élèves de Shihan Assad 8ème Dan qui s’est auto-proclamé «Kancho» de son style, et 1 Japonais élève de Shihan Ueno, 7éme Dan, un très proche du maître Kancho. Armé de son attirail obligatoire – casque, protèges tibias, coquille et mitaine – Ruben a été confronté d’entrée de jeu au 1er Saoudien, sur 2 rounds de 1mn30. Malgré un calme apparent, Ruben a bondi sur son adversaire comme un tigre et ne l’a plus lâché moyennant un déluge de coups. « L’arbitre accordera un 3ème round qui n’était pas bien utile, surtout pour le Saoudien qui a encore servi de punching ball et a poussé un ouf de soulagement lorsque la grêle s’est arrêtée » témoigne Christian. Ruben s’est vu alors projeté en demi-finale.
Une petite heure plus tard il était donc appelé pour son 2ème combat contre l’autre Saoudien, alors qu’entre-temps le Japonais venait facilement à bout du 1er Saoudien. Pour Ruben le combat a démarré tambour battant. « Du haut de ses 13 ans et demi, il a néanmoins nettement dominé les débats jusqu’à ce fameux low kick intérieur (coup de tibia bas dans la cuisse) qui a envoyé son adversaire au sol ». Si le combat a d’abord été accordé au Saoudien pour coup dangereux, après réclamation les juges proclameront finalement le match nul. Qualifié pour la finale, Ruben s’est donc trouvé face au Japonais et l’affaire s’est corsée : « pour des raisons que je ne m’explique pas Ruben n’a pas combattu comme à son habitude, c’est-à-dire organisé, intelligent, opportuniste et puissant » regrette Christian. Et même si le Japonais a été projeté plusieurs fois au sol, 3 coups de poings presque consécutifs lui sont arrivés en plein visage : l’arbitre stoppe l’action et disqualifie Ruben. « Il y a des règles et elles doivent être impérativement respectées et même si Ruben est resté inconsolable pendant 2 heures, il a repris le dessus et cette expérience lui servira dans les joutes à venir ».
Terminer 2ème de ce championnat international est déjà un exploit pour ce jeune combattant prometteur qui saura certainement utiliser son expérience afin de poursuivre son ascension.  
 
Remerciements
 
Le club Caribbean Shidokan remercie tous ceux qui ont contribué à cette aventure japonaise: Metal Concept, Aquatec Shop, Iseas Consult, Ecole Schoelcher, Thai Savanh, Eye Optic, Al Instal, Happy Home, les familles Boyer, Cagan, Peronny, Planques, Poisot, René-Jean Duret, Eric Lacasse, Pierre Mantello, Séverine « et beaucoup d’autres ».
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