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Dans le cadre de la Journée internationale des droits de l’enfant, la Collectivité de Saint-Martin organise une semaine dédiée à cette cause qui célèbre cette année ses 25 ans. Une cérémonie officielle de commémoration se tenait donc ce jeudi matin à la médiathèque, en présence des élus de l’île, du préfet et du représentant du recteur.

Depuis 1989, le 20 novembre est une journée dédiée à l’enfance et commémore la Convention relative aux droits de l’enfant, un traité international signé par 191 pays dont la France. Cette Convention énonce, en 41 articles, les droits fondamentaux qui sont ceux de tous les enfants du monde. À Saint-Martin, les autorités ont choisi de dédier une semaine aux droits de l’enfant. Ainsi, le service Jeunesse de la COM, qui chapeaute ce projet en partenariat avec le service Développement humain, a choisi cette année le thème de l’éducation, en s’appuyant sur les articles 28 et 29 de la Convention. Le slogan retenu est « L’éducation, mon premier pas vers mon avenir ». Le but de cette manifestation est de mettre en exergue la place de l’enfant dans la société et de rappeler ses droits fondamentaux. Lors de la cérémonie de commémoration, la présidente Aline Hanson a insisté sur le « rôle des parents » qui « ne doivent pas fuir leurs responsabilités ». « Mais trop nombreux sont les enfants qui souffrent du manque d’un cadre familial structuré avec des parents démissionnaires et des enfants livrés à eux-mêmes ». La présidente a également rappelé que le rôle des parents étaient de « soigner, protéger et éduquer leurs enfants » pour leur permettre de « s’exprimer, d’apprendre et de s’amuser pour devenir des adultes épanouis ». Chaque année, l’événement est organisé conjointement par les deux parties de l’île et alternativement, une année sur deux, à Saint-Martin et à Sint Maarten, d’où la présence lors de la cérémonie de la ministre de l’Éducation du côté hollandais Patricia Lourens-Philips. Elle s’est exprimée sur les abus subis par les enfants, qui « ne sont uniquement physiques », mais aussi psychologiques. « La négligence, les remarques désobligeantes sont aussi préjudiciables pour les enfants que les violences physiques », a-t-elle souligné. Et de rappeler que ces violences n’ont pas lieu exclusivement dans les familles pauvres et chez les étrangers, de même que les personnes à l’origine de ces maltraitance sont généralement des membres de la famille et ne sont pas forcément « de mauvaises personnes », mais bien souvent des gens qui « répètent inconsciemment ce qu’ils ont eux-mêmes vécu ». Mauvaise estime de soi, manque de confiance et autres difficultés relationnelles découlent souvent de ces maltraitances. Et c’est là qu’il est important d’agir car comme l’a déclaré le sénateur Guillaume Arnell, « quand les choses sont déjà là, il y a très peu de remèdes, d’où l’importance de la prévention ».
 
À Saint-Martin : 198 signalements en 2013
La vice-présidente en charge du pôle Solidarité et Familles Ramona Connor a rappelé l’objectif de cette semaine : lutter contre les injustices faites aux enfants. Mais « si les parents ont un rôle primordial dans l’éducation de leurs enfants, c’est aussi au gouvernement, d’agir », a-t-elle déclaré, et ce « pour que les enfants évoluent dans un environnement sain ». Mais en dépit des actions organisées et de la présence des associations qui œuvrent en faveur des enfants, il reste beaucoup d’enfants en souffrance dans le monde, Saint-Martin compris. « Beaucoup d’enfants quittent le système scolaire sans perspectives », a ajouté Mme Connor. Et d’indiquer que 198 signalements ont été faits en 2013 à Saint-Martin contre 141 en 2012. Une « augmentation significative » qui se poursuivra certainement cette année selon elle. Par ailleurs, 83 enfants ont été placés l’an dernier et 68 % de ces placements sont d’origine judiciaire. Il s’agit majoritairement de jeunes de 11 à 15 ans victimes de négligences, de maltraitances ou des problèmes psychologiques de leurs parents. En outre, plus de 80 % de ces jeunes ont des troubles comportementaux liés à une carence affective et/ou éducative. « Nous allons privilégier la prévention en mettant l’accent sur la parentalité, afin d’encourager le lien familial qui est très important pour le développement de l’enfant. C’est à nous parents d’apporter l’équilibre fondamental à nos enfants », a conclu Ramona Connor.  
 
L’éducation, thème central
 
Outre l’éducation parentale, l’éducation au sens large du terme est également cruciale pour les enfants. « L’Éducation nationale a une part importante à jouer », a ainsi indiqué Jean-Marie Jespere, représentant du recteur à Saint-Martin. Et selon lui, l’école offre « un cadre protecteur », notamment dans la lutte contre le harcèlement. Il a aussi souligné son rôle de prévention puisqu’elle permet de repérer des situations d’enfants en danger et de signaler ces situations aux instances. Le préfet Philippe Chopin, qui a également souligné le rôle des professeurs et de l’Éducation nationale dans l’éducation des enfants, a fait référence à la parentalité et au fait que les instances doivent parfois « se substituer à la famille » et « mettre les parents en face de leurs responsabilités ». Toutefois, les parents dits « démissionnaires » sont souvent eux-mêmes en détresse, a-t-il précisé. « Je me sers d’animaux pour instruire les hommes”, déclarait Jean de La Fontaine, moi je dis que je me sers des enfants pour instruire les parents », a conclu le représentant de l’État.
Cette semaine dédiée aux droits de l’enfant se poursuit à Saint-Martin. Après la cérémonie officielle, un débat était organisé sur les articles 28 et 29 de la Convention internationale des droits de l’enfant (droit d’aller à l’école et droit d’apprendre à se débrouiller dans la vie) et d’autres actions seront menées jusqu’à la fin de la semaine.
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