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Pour avoir commis un vol à main armé mardi dernier dans une épicerie de Concordia, deux jeunes ont été condamnés dès le lendemain par le tribunal correctionnel. Menottes aux poignets, ils ont été immédiatement conduits au centre pénitentiaire de Baie-Mahault. Une réponse voulue exemplaire ainsi que le préfet et le procureur l’avaient annoncé au terme de la campagne Déposez les armes.

Le préfet l’avait annoncé : la campagne « Déposez les armes », destinée à lutter contre la détention illégale et la circulation des armes à feu et qui a trouvé son terme le 14 novembre dernier, serait suivie d’une phase de répression avec le renforcement des contrôles et l’application de la loi dans toute sa rigueur. Les deux jeunes gens qui ont commis un vol à main armée mardi dernier dans une épicerie de Concordia (notre édition du 26 novembre) en ont fait les frais. Interpellés le jour même par les gendarmes, ils ont été placés en garde à vue puis présentés en comparution immédiate au tribunal correctionnel dès le mercredi. Ils en sont sortis encadrés et menottés par deux escadrons de gendarmerie, qui les ont conduit juste après l’audience au centre pénitentiaire de Baie-Mahault en Guadeloupe. 
 
« J’avais juste besoin d’argent »
 
Au cours de leur garde à vue les deux prévenus, accompagnés d’un avocat commis d’office, ont tenté d’expliquer leur geste et ont souhaité la clémence du tribunal. Le premier âgé de 22 ans, étudiant en informatique et père, est inconnu de la justice. Le deuxième, âgé de 24 ans et jobeur, est un récidiviste. Tous deux sont domiciliés chez leurs parents, à Quartier d’Orléans, d’où ils sont venus en scooter mardi sur le secteur de Concordia. Les deux amis affirment alors s’être arrêtés devant le lycée « pour voir des filles », puis l’un d’eux a proposé d’aller acheter des boissons. Arrivés devant l’épicerie, l’un est descendu avec son casque sur la tête et a pénétré dans le commerce. Arme au poing, il est passé derrière le comptoir et a vidé la caisse dans un sac plastique, soit 200 dollars. « J’avais juste besoin d’argent et d’ailleurs l’arme ne marchait pas » dit-il pour se défendre. Son comparse était lui resté à l’extérieur sur le scooter, moteur toujours en marche. « Je ne savais pas… il est sorti normal » affirme t-il. La responsable de l’épicerie, présente à l’audience, s’est elle constituée partie civile et confirme le déroulement des faits. Elle dit avoir subi « un gros choc émotionnel » et demande des dommages intérêts. Sa requête sera examinée, après expertise médicale, le 30 avril 2015.
 
Le récidiviste et le naïf
 
Un témoin de la scène a contacté immédiatement la gendarmerie. Grâce aux nombreux détails fournis, les deux jeunes ont pu être repérés puis pourchassés et arrêtés vers Hope Estate. Le maigre butin et l’arme à feu ont également été retrouvés. Devant cette « configuration classique des braqueurs », le procureur entend différencier les deux prévenus, qualifiant le principal auteur de « récidiviste chevronné » et le second de « gentil naïf ». Dans le contexte d’une recrudescence des VAMA, il propose donc une sanction pénale rigoureuse et exemplaire pour dissuader les délinquants. L’avocate s’avoue impuissante pour son client récidiviste et demande du sursis pour le second. Le tribunal, après délibéré, reconnaît les deux prévenus coupables du délit de vol aggravé (en réunion et avec arme). Le principal auteur, qui a formulé des excuses à son ami pour l’avoir entraîné et à la victime pour lui avoir fait peur, a donc écopé de 5 ans ferme avec mandat de dépôt. Le second, considéré comme co-auteur, a lui été condamné à 2 ans ferme dont 1 an avec sursis et mandat de dépôt, mais avec possibilité d’un aménagement de la peine.
 

 
Le préfet communique sur les VAMA
 
A noter que dans le cadre de la prévention des vols à main armée, le préfet de Saint-Martin Philippe Chopin tient une conférence de presse ce vendredi à la préfecture. Plus d’informations dans notre édition de lundi.
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