Temps de lecture estimé : 3 minutes
Suite aux récents événements entre forces de l’ordre de Saint-Martin et de Sint Maarten relatifs au port d’armes, le syndicat Alliance Police Nationale monte au créneau. Certains agents de la PAF pourraient faire valoir leur droit de retrait si leurs instructions n’étaient pas rapidement clarifiées.

Les tensions continuent de se manifester suite au couac diplomatique qui a surgi dans le cadre de la coopération policière entre Saint-Martin et Sint Maarten. Un communiqué de la préfecture publié mercredi dans nos colonnes assurait pourtant que les discussions du 20 novembre dernier entre le préfet Chopin et le ministre de la Justice de Sint Maarten Dennis Richardson s’étaient menées dans « un climat de discussion serein et amical ». Pour rappel il s’agissait d’apaiser les possibles dissensions nées de deux incidents successifs : le 11 novembre à l’occasion des festivités du Saint-Martin’s Day, deux policiers de Sint Maarten qui formaient une escorte avaient été sommés par les gendarmes de quitter le territoire français car ils étaient armés. La semaine dernière, les forces de police de Sint Maarten avaient rétorqué en renvoyant à la frontière des agents de la PAF. Cette escalade diplomatique a donc été stoppée par une concertation entre Philippe Chopin et Dennis Richardson qui a même abouti à la décision de « rédiger un protocole d’accord relatif au port d’armes des forces de police », même si des règles prévalent déjà dans chacun des deux pays.  
Mais du côté du syndicat Alliance Police Nationale, l’incident révèle une « cacophonie dans la coordination du travail entre Saint-Martin et Sint Maarten ». Et de saisir la presse pour dénoncer « l’absence de capitaine à la barre ».
 
Des instructions jugées contradictoires
 
Alliance Police Nationale a donc envoyé sur nos terres son délégué national Outre-Mer Gérard Demarq. Celui-ci entend dénoncer cet « incident diplomatique » dont il déplore « les conséquences désastreuses dans les conditions de travail des agents de la PAF ». Un incident dont il assure qu’il n’est « pas le fait des policiers de Saint-Martin ou de Sint Maarten ».
« On ne veut pas la guerre des polices ! On est dans un esprit de coopération ».Visiblement soucieux d’apaiser les relations entre forces de l’ordre respectives, il veut assurer d’ailleurs aux policiers du côté hollandais un « total soutien ». Le syndicat interpelle surtout « les autorités » qui doivent préciser « comment travailler à l’étranger » pour éviter que « ça tourne au ridicule sur le plan diplomatique ». Car ce que dénonce le syndicat Alliance, ce sont ces « instructions contradictoires » émanant des « différents textes, conventions et autres accords depuis 1994 ». Il en veut pour preuve l’ordre de mission transmis en interne aux agents de la PAF, 24 heures après l’incident de Juliana. Contrairement à l’accord de 1994, « ce courrier donne ordre, pour la mission du jour qui consistait en une reconduite à la frontière, de l’effectuer en civil et sans arme ». Et de faire valoir le code déontologique pour « refuser des ordres jugés qui seraient illégaux ».
Alliance Police Nationale demande donc des « instructions claires ». Sinon « nous ferons valoir notre droit de retrait » affirment les délégués de Saint-Martin. En outre, le syndicat affirme « ne pas encourager les fonctionnaire à effectuer ces missions à Juliana tant qu’elles ne seraient pas encadrées par des écrits ».
Hier après-midi, les représentants syndicaux d’Alliance Police Nationale ont également rencontré le préfet Philippe Chopin pour faire entendre ces revendications. Ils ont en outre demandé à ce que les missions des agents de la PAF sur Sint Maarten soient précisées dans le protocole relatif au port d’armes des forces de police en cours d’élaboration.
Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.