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Baptisée « Gumbs Antoine Julien », du nom d’un chauffeur de bus à la retraite, la gare routière de Marigot a été inaugurée jeudi dernier en présence de plusieurs élus et chauffeurs de bus. Cette structure devrait permettre d’améliorer la desserte et l’organisation du service sur la partie française de l’île.

Lors de la séance du Conseil territorial du 20 novembre dernier, la direction du transport, comme les autres services de la COM, a présenté ses orientations pour 2015 : mettre l’accent sur la desserte des quartiers isolés et accentuer la nécessité d’un service public de transport régulier et fiable. Financée en totalité par la Collectivité à hauteur de 45 000 euros, la gare routière de Marigot est un projet de longue date. En effet, sa conception avait débuté en 2011. « Le chantier devait durer six mois, nous avons mis deux ans pour y parvenir. Mais nous sommes maintenant sous ce beau bâtiment destiné à réguler la circulation des bus sur la partie française de l’île », a déclaré Louis Fleming, conseiller territorial en charge des transports. Ce projet avait donc été initié par le service transport de la mandature précédente et, selon le sénateur Guillaume Arnell, « il ne faut jamais défaire ce qui a été initié par quelqu’un d’autre, dès lors que cela sert une cause commune ». Tous ont salué cette structure comme étant un « élément important dans la réorganisation du transport public de la partie nord de l’île ». Mais Louis Fleming a tenu à rappeler aux transporteurs que « la Collectivité a fait sa part » et que c’est maintenant aux chauffeurs de bus « de rendre cette gare routière fonctionnelle, en respectant les contrôleurs et les horaires de départ », ce qui est « aussi applicable aux bus qui viennent de la partie hollandaise ».

Pas la dernière
« La gare routière de Marigot est la première gare routière du territoire et elle s’inscrit dans une démarche de développement de la qualité et de la sécurité du transport. Il s’agit d’offrir à la profession un outil pour mieux exercer sa mission de service public. J’insiste là dessus », a déclaré Guillaume Arnell. Une initiative qui devrait permettre de « mieux organiser le transport public de voyageurs et répondre aux exigences d’une clientèle de plus en plus désireuse, surtout de ponctualité ». Par ailleurs, le sénateur a parlé d’intégrer dans le plan local d’urbanisme des statistiques qui seront nécessaires dans les réflexions des autorités quant au choix des autres emplacements. « Car j’ose espérer que l’inauguration de cette gare ne sera pas la seule », a-t-il poursuivi. Et d’indiquer que l’introduction d’un délai d’attente, avec une heure de départ fixe pour chaque bus, sera bientôt imposée. « J’invite les usagers à respecter les consignes des chauffeurs et ces derniers à respecter les arrêts pour éviter les embouteillages. Je compte sur vous pour ne pas vous arrêter de façon intempestive », a-t-il conclu.

Les doléances des transporteurs

Christian Lainez, président de l’association des transporteurs saint-martinois, s’est exprimé aussi remerciant la COM et indiquant qu’il a fallu « beaucoup de persévérance » pour aboutir à cette inauguration. Et si les transporteurs souhaitent collaborer avec les contrôleurs et la police territoriale pour faire respecter le règlement intérieur, ils ont toutefois exposé certaines de leurs doléances lors de l’inauguration concernant notamment des « charges sociales très élevées ». M. Lainez a également souligné que les chauffeurs de bus dépensaient beaucoup d’argent dans l’essence : « 50 euros par jour, 1 200 euros par mois, 14 400 euros par an, ce qui fait près de 800 000 euros par an pour une cinquantaine de bus », a-t-il déclaré. Et de poursuivre : « nous participons énormément au développement et à l’économie du pays. Nous demandons donc à la COM de nous aider dans ce sens en arrêtant notamment le flux de clandestins qui nous envahit chaque jour ».

Né en 1927 et pouvant se targuer d’une carrière sans accident, c’est donc le chauffeur de bus à la retraite Antoine Gumbs qui a donné son nom à la gare routière de Marigot. Une structure qui vise à la « promotion de l’organisation actuelle des transports collectifs », nous dit-on. D’où l’intérêt qu’elle reste en bon état, ce qu’ont rappelé les intervenants à plusieurs reprises, indiquant, comme Guillaume, qu’il s’agissait d’un « outil de travail ».

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