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Une convention entre le lycée des Iles du Nord et la CCISM a été signée ce mardi 9 décembre dans le cadre d’une formation dédiée à l’apiculture qui va permettre à des lycéens de construire 25 ruches.

Le soutien à l’apiculture est inscrit dans le Programme européen de développement rural 2014-2020 (Guadeloupe / Saint-Martin), ce secteur étant doté d’un financement à hauteur de 20 000 euros en faveur de la pollinisation pour notre territoire. C’est dans le cadre du développement agricole de la partie française de l’île, et donc plus particulièrement de l’apiculture, que la convention a été signée ce mardi matin par Janine Hamlet, proviseure du lycée des Iles du Nord, et Dorvan Cocks, membre du bureau de la CCISM. Par cette convention, six classes du lycée professionnel (bois et matériaux associés, charpente et menuiserie) suivront une formation qui vise trois objectifs majeurs : la réalisation des ruches par les élèves, la sensibilisation à la biodiversité par la découverte de l’apiculture et la maîtrise de la filière de professionnalisation. « Nous souhaitons développer le miel et les produits associés (cire, etc.) et en faire un produit-phare de Saint-Martin. Notre objectif est de présenter le miel de Saint-Martin au salon de l’agriculture de Paris en 2016 », indique Maguy Gumbs, directrice de la CCISM. La Chambre compte aussi approvisionner les supermarchés, les hôtels, le marché et autres endroits stratégiques du territoire pour financer une miellerie. La CCISM attend maintenant l’arrivée des fonds européens pour la mise en conditionnement du miel de Saint-Martin. Mais le développement de l’apiculture a pris du retard à cause du cyclone Gonzalo. « Nous avons perdu beaucoup de plantes et les apiculteurs ont été sinistrés », poursuit-elle. Ce partenariat entre le lycée et la CCISM devrait toutefois donner un sérieux coup de pouce au projet. Il s’agit non seulement d’impliquer les jeunes dans le développement apicole et, par extension, agricole de Saint-Martin, mais aussi d’« aider ceux qui n’ont pas les moyens de s’installer », ajoute Maguy Gumbs. Le bois est arrivé et doit être livré par la CCISM aujourd’hui mercredi au lycée pour la conception de ces ruches.

Sensibiliser les jeunes

« Les professeurs ont été très partants pour ce projet qui va permettre aux élèves de découvrir plusieurs disciplines », indique Janine Hamlet. « Le fait de les faire fabriquer des ruches va mettre leur travail en valeur car ils verront le résultat », poursuit Dorvan Cocks. Le but de la manœuvre est donc avant tout de « sensibiliser les jeunes à l’importance du secteur agricole dans l’économie », précise-t-il. Ainsi, la CCISM fera don des 25 ruches qui seront conçus par les lycéens à l’association des apiculteurs de Saint-Martin. Le territoire compte actuellement quatre apiculteurs officiels. À noter que pour prétendre à ce « titre », il faut posséder 60 ruches, selon la législation. Une sorte de dérogation a été accordée à Saint-Martin et les apiculteurs saint-martinois n’ont besoin de posséder que 30 ruches.

Une 2ème session de formation en mars

En 2012, 19 jeunes avaient rencontré Maguy Gumbs lui expliquant qu’ils voulaient faire une formation en lien avec l’agriculture. C’est ainsi qu’ils ont pu suivre une formation d’une dizaine de jours sur l’apiculture. « Ils étaient tellement motivés que j’ai décidé de financer leur formation à 80 %, laissant chacun financer les 20 % restants. Certains m’ont donné cinq euros par cinq euros, mais ils ont tout payé et ont suivi la formation jusqu’au bout, à part l’un d’eux qui a eu peur des abeilles », indique Mme Gumbs. La formation a connu un tel succès qu’une deuxième session devrait être organisée en mars prochain. Au programme : initiation et perfectionnement.

La CCISM recherche toujours des terrains pour placer les ruches, mais aussi des sponsors qui pourraient participer à l’achat du matériel pour les jeunes qui souhaiteraient développer une activité d’apiculture. En attendant, la prochaine récolte du miel aura lieu entre avril et août prochain. Les ruches confectionnées par les élèves du lycée y auront très certainement contribué…

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