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Le préfet et le vice-procureur l’avaient annoncé : au terme de la campagne « Déposez les armes », une plus grande sévérité serait manifestée à l’encontre des personnes détenant illégalement des armes. Mercredi, un jeune homme de Sandy Ground en a fait les frais et a été envoyé en prison le lendemain de son interpellation.

Comparution immédiate et prison ferme avec mandat de dépôt : mercredi le tribunal était le théâtre d’une nouvelle condamnation exemplaire manifestant la sévérité de la justice à l’encontre des personnes détenant illégalement des armes à feu. Durant la deuxième campagne « Déposez les armes » qui se déroulait entre le 1er octobre et le 14 novembre pour réduire la circulation des armes illégales et les faits qui y sont associés, le parquet avait en effet annoncé qu’il se montrerait d’autant plus ferme au terme de l’opération. J.B, un jeune homme de 20 ans résidant à Sandy Ground, en a donc fait les frais. Interpellé mardi dernier, il était jugé dès le lendemain pour trois délits caractérisés : détention de stupéfiants, transport de stupéfiants et port d’une arme de catégorie B. Le procureur a voulu donner du sens aux sanctions, malgré la stupeur et l’incompréhension manifeste du prévenu et de sa famille.
DÉjÀ condamnÉ
Mardi 9 décembre, dans l’après-midi, J.B. circule sur un scooter, avec un passager sans casque. Route de la Baie Orientale il est alors contrôlé par la brigade motorisée qui reconnaît le conducteur, connu des services de gendarmerie. Mais le prévenu refuse d’obtempérer, tente de redémarrer puis abandonne finalement son scooter et s’enfuit en courant. Avant d’être rattrapé par les gendarmes, il se débarrasse de son arme, un pistolet chargé en parfait état : un Glock 27 de calibre 40, modèle récurrent qui vient des USA et que le prévenu affirme avoir acheté 1500 dollars en partie hollandaise. Une boîte contenant 20 pochons de cocaïne (15 grammes) et 7 sachets de cannabis (5 grammes) sont également trouvés dans les poches de J.B, qui affirme les avoir « ramassés par terre dans une ruelle de Concordia ». Le prévenu est donc déjà connu défavorablement de la justice, condamné à des peines avec sursis pour des faits identiques et des délits routiers, dont la conduite sans permis. Le délégué au JAP avait proposé un aménagement pour d’autres peines de prison ferme.

Une arme « pour se défendre »

Mercredi à l’audience, J.B., accompagné de sa conjointe, de sa mère et de son frère, était également assisté d’un avocat commis d’office. Ce dernier a formulé une demande de clémence compte tenu de la situation familiale de son client, père de deux enfants dont l’un est pris en charge par les services sociaux. Mais il n’a pu plaider à l’encontre de la sanction de prison ferme proposée par le procureur.
D’autant que le prévenu, pour le moins éloquent, se pose en victime et tient des propos arrogants qui manifestement agacent le tribunal. « Je ne travaille pas et j’ai deux enfants… je voulais acheter des cadeaux », justifie-t-il en outre. J.B avait néanmoins débuté une formation et projetait de partir dans sa famille en République Dominicaine pour travailler. Concernant le port d’arme, le prévenu revendique « le droit de (se) défendre pour éviter d’être victime d’une agression ».
Le procureur ne peut que constater que J.B a choisi, malgré les avertissements, de « s’enfoncer dans la délinquance ». Le tribunal, après délibéré, compte tenu de la gravité des faits et de la récidive, le condamne à 3 ans de prison ferme et à l’interdiction de port d’arme pendant 5 ans. En outre le scooter est confisqué. Placé sous mandat de dépôt, J.P est donc immédiatement parti en détention au centre pénitentiaire de Baie Mahault où il effectuera en outre les 27 mois de prison correspondant au sursis et aux aménagements de peine des précédentes condamnations. En tout il passera donc 5 ans et 3 mois en détention.
Une sanction lourde qui pose néanmoins la question de l’accompagnement socio-éducatif et de la réinsertion post-carcérale pour éviter la récidive. 

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