Temps de lecture estimé : 4 minutes

Depuis cet été, les algues sargasses sont de retour sur nos plages, notamment à la Baie Orientale et à Cul-de-Sac. Les riverains et restaurateurs ont bien du mal à lutter contre cette espèce invasive et malodorante.

 

 

 

En juin dernier, plusieurs personnes avaient rapporté, notamment lors du tournoi de pêche au gros « Billfish », avoir vu des bancs de sargasses se dirigeant vers Saint-Martin. La Réserve naturelle nationale de Saint-Martin avait confirmé l’information, indiquant qu’ « un petit amas de ces algues » arrivait « au compte-goutte » vers notre île. Mais il ne s’agissait pas encore de « gros amas organisés ». Plusieurs mois plus tard, les sargasses étaient bel et bien de retour sur les plages de Saint-Martin, notamment à la Baie Orientale et à Cul-de-Sac. En 2011, d’importants radeaux de Sargasses flottantes s’étaient déjà échoués sur nos côtes et avaient provoqué d’importantes gênes pour les usagers et les opérateurs touristiques. « Tout a commencé en juillet-août, comme il y a trois ans, sauf qu’en 2011, tout était fini en novembre », indique un riverain de l’embarcadère de Cul-de-Sac. « Lorsque le cyclone Gonzalo est passé, il a tout nettoyé et puis c’est revenu. Il arrive plusieurs mètres d’algues en quelques jours. La zone est très sinistrée », ajoute-t-il. Et selon lui, s’il faudrait que la zone soit nettoyée « tous les jours », le phénomène n’a pas vraiment d’impact sur l’activité de l’embarcadère. Une information confirmée par un passeur qui conduit les touristes et résidents sur l’îlet Pinel. « On travaille bien. C’est surprenant, mais en fait, les gens savent qu’à Pinel il n’y a pas de sargasses, alors ils viennent prendre la navette », dit-il. Seul problème pour eux : les odeurs nauséabondes que dégagent ces algues flottantes. Et d’autant plus que logements et établissements scolaires sont situés à proximité de l’embarcadère.

Nettoyage quotidien à la B.O.

A la Baie Orientale, la plage est tellement envahie par les sargasses que les restaurateurs ont dû prendre les devants. « Nous avons un contrat avec une société de nettoyage qui devait passer nettoyer la plage quatre fois par semaine. Mais au vu de la recrudescence du phénomène, nous avons été obligés de lui demander de passer tous les jours, bien souvent deux fois par jour », indique un restaurateur. A noter que ce nettoyage est à leurs frais.  

Origines

Ce phénomène naturel peut avoir plusieurs origines, mais pour l’instant, l’une d’elles sort du lot : ces algues ne seraient pas localisées aux Antilles, ni même dans la mer des Sargasses. Selon le Parc national de la Guadeloupe, lors des précédentes invasions ayant eu lieu dans toute la Caraïbe en 2011, l’hypothèse avait été faire que ces algues provenaient du golfe du Mexique ou de la mer des Sargasses, au nord des Antilles. Cependant, une équipe scientifique, ayant étudié grâce aux satellites le déplacement de ces radeaux de sargasses, a démontré que les algues provenaient en fait du nord de l’embouchure de l’Amazone, au large du Brésil. En effet, il semblerait que les sargasses soient dépendantes des nutriments contenus dans l’eau et profiteraient pour leur croissance des minéraux charriés par le fleuve, permettant leur développement massif. Ce phénomène a donc des risques de se reproduire et ne touche pas que Saint-Martin, loin de là, puisqu’en octobre dernier, les élus du conseil général de la Martinique ont adopté à l’unanimité une motion « exigeant la déclaration de catastrophe naturelle pour l’ensemble du département » en raison d’une arrivée massive de ces algues.

En septembre dernier, la Collectivité indiquait qu’un nettoyage des endroits souillés par les sargasses était envisagé « en fonction de la quantité repérée », mais « pas trop », car ces algues reviennent très rapidement (d’où le nettoyage quotidien de la plage de la Baie Orientale). Un nettoyage qui deviendrait superflu et qui pèserait très certainement beaucoup sur le budget déjà serré de la COM. En attendant, les riverains n’ont pas d’autre choix que d’attendre la fin de l’invasion.


 

Risques sanitaires liés aux sargasses

Selon l’Agence régionale de santé (ARS), dans certaines conditions ces algues non ramassées subissent une putréfaction qui génère des dégagements d’odeurs nauséabondes de type œuf pourri, caractéristiques de l’hydrogène sulfuré (H2S). Selon la concentration d’hydrogène sulfuré dans l’air et la durée de l’exposition, des effets sanitaires de type irritation oculaire, irritation des voies respiratoires, nausées, vomissements ou encore céphalées sont susceptibles de survenir chez toute personne exposée. Les personnes ainsi affectées ont été invitées à consulter leur médecin traitant, en cas de besoin. Il est par ailleurs fortement conseillé de ne pas fréquenter les sites ainsi impactés lorsque des odeurs d’œuf pourri (H2S) sont perceptibles, ou d’aérer la maison aux moments opportuns, s’il s’agit d’habitat exposé.

Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.