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Selon la présidente de l’Office de tourisme Jeanne Vanterpool, Saint-Martin est une destination qui plaît, même si le profil de la clientèle a changé. Elle se veut également encourageante pour la saison 2015.

 

 

 

Le budget primitif 2015 de l’office de tourisme était présenté le 18 décembre dernier en séance plénière du conseil territorial. L’occasion également, de faire le point sur la destination, sa clientèle et les perspectives de cette saison. L’office de tourisme relève ainsi qu’en 2014, la fréquentation des Canadiens présente une hausse de 18%. Hausse encouragée par l’augmentation des vols Wesjet et Sunwings au départ de Montréal et Toronto, passés de 2 à 4 par semaine. Les américains continuent d’affectionner la destination, séduits par la stabilité politique de la région Caraïbe : la fréquentation de cette clientèle suit depuis quelques années une augmentation régulière, qui représente 9,14% en 2014. Pour ce qui concerne le tourisme caribéen, en augmentation de 2,55% cette année, l’office de tourisme retient une affection particulièrement des visiteurs de Trinidad et Saint-Kitts. En revanche les sud-américains sont moins venus en 2014 (-3,93%), année de la coupe du Monde au Brésil. Le profil de cette clientèle sud-américaine a également changé : « pour les vénézuéliens le chiffre a complètement chuté » indiquait la directrice par intérim de l’office, Kate Richardson, précisant que « les touristes viennent désormais essentiellement du Brésil ». Quant à la clientèle européenne « les chiffres ne sont pas très bons ». L’augmentation de + 3,93% en 2014 serait en effet « dopée par le nombre de russes qui utilisent souvent Saint-Martin comme un hub pour se rendre sur Saint-Barth ».

Internet, une vitrine qui fonctionne

Outre la vingtaine de salons couverts chaque année et le démarchage effectué auprès de la presse, l’Office de tourisme se félicite d’une augmentation de + 127,6% de la fréquentation de son site internet entre 2013 et 2014 : « le site est passé de 800 000 et 1,6 millions de visites » précise Kate Richardson. Boosté par l’efficacité de cette vitrine, l’OT projette en 2015 le lancement d’un appel d’offres pour rendre le site internet « plus ludique et mieux adapté aux nouvelles technologies ». Les réseaux sociaux semblent également avoir toute leur utilité avec près de 17 000 abonnés sur la page facebook de l’Office de tourisme et 163 publications cette année éditées sur le fil d’actualité. Mais revers de la médaille : la fréquentation de l’office de tourisme proprement dite est un peu en baisse : 3819 visiteurs en 2014 contre 4848 en 2013. « Nous incitons aussi beaucoup les gens à télécharger les brochures sur internet ».

Bonne ou mauvaise saison ?

Jeanne Vanterpool assurait jeudi dernier en conseil territorial que « 2014-2015 s’annonce comme une très bonne saison touristique malgré le cyclone Gonzalo », ajoutant que « Saint-Martin est une destination qui plaît ». Pour les élus de l’opposition les choses seraient bien différentes : « on fait une saison catastrophique comme depuis quelques années ! » s’insurgeait Daniel Gibbs, qui voulait démontrer qu’avec un petit millier de chambres d’hôtels aujourd’hui contre 4500 avant 1995, analyser la saison en regardant le taux de remplissage brouille les pistes : « quand on aura plus que 10 chambres on sera plein à 100% forcément ! » ironisait-il. Autre écueil dénoncé: « Saint-Martin est devenu un hub pour les transit sur Saint-Barthélemy et Anguilla ». Que ce soit en fréquentation aérienne ou dans le nautisme, notre territoire devrait pouvoir « mieux tirer profit de cette situation ».  
Enfin si notre territoire reste très dépendant de Sint Maarten avec ses croisiéristes et son aéroport international, Jeanne Vanterpool s’est voulue rassurante : « en matière de coopération ça fonctionne bien, nous sommes toujours consultés ».

 

Un potentiel mal exploité

Si toutes les conditions semblent réunies pour séduire la clientèle, pourquoi le potentiel du territoire n’est-il pas exploité à fond ? C’est la question qui se pose à la lumière du bilan dressé par l’office de tourisme. Saint-Martin étant un hub pour une certaine clientèle fortunée se dirigeant ensuite dans les îles voisines, comment retenir ces visiteurs de passage quelques jours de plus? Ou bien développer des services propres à cette situation de carrefour ? Si Saint-Martin reste une destination « qui plaît », comment maintenir ce sentiment dans le cœur des visiteurs ? Sargasses, insécurité, routes défoncées… plaisent-ils également ? Quant à la basse saison touristique, bien trop longue en elle-même pour assurer l’équilibre économique du territoire, ne mériterait-elle pas un marketing spécifique autre que la baisse des prix dans les hôtels ? Autant de questions que se posent certainement les acteurs du tourisme à Saint-Martin.

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