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Baise du prix du baril de pétrole d’un côté, mise en place de la taxe sur la consommation des produits pétroliers de l’autre : le consommateur saint-martinois sera t-il gagnant ou perdant ? Un peu des deux… Le gérant de Delta Petroleum nous explique pourquoi.

 

 

 

Surproduction et baisse de la demande : le prix du baril de pétrole a été divisé par deux depuis l’été 2014. A Saint-Martin, les répercussions se sont déjà faites sentir depuis novembre. Le prix de l’essence chez Cadisco (annoncé en dollars) est ainsi passé de 1,26 $ à 1,22 $ en novembre, puis à 1,19 $ début décembre, pour atteindre 1,15 $ début janvier. Chez Delta Petroleum, le prix va s’ajuster dès ce vendredi et « devrait encore changer d’ici la fin du mois » indique Christian Papaliolios. Seulement, la mise en application de l’augmentation de la taxe sur la consommation des produits pétroliers (TPP) vient jouer les trouble-fêtes. Pour mémoire la Collectivité avait acté fin octobre que la TPP passerait de 6 centimes par litre à 12 centimes au 1er janvier 2015. Une décision qui avait déjà suscité la vive réaction du gérant des stations Cadisco, expliquant fin novembre dans nos colonnes qu’il était impossible de ne pas répercuter cette augmentation sur le prix à la pompe, compte-tenu des charges inhérentes aux entreprises locales et du peu d’envergure des stations de la partie française, comparées aux grands distributeurs implantés côté hollandais. Mais le cours du baril de pétrole étant passé en dessous de la barre de 50 dollars – 48, 63$ hier jeudi – cette augmentation devrait normalement être moins douloureuse pour le consommateur.

0,96 à 0,99 €

Delta Petroleum annonce lui que dès ce vendredi, le prix de l’essence passe de 96 à 99 cents d’euros. Pour le distributeur, qui coupe la poire en deux c’est à la fois une augmentation et une baisse du prix. Augmentation du prix à la pompe, car il entend répercuter l’augmentation de la TPP sur le prix à la pompe. Mais une baisse, car « le prix du baril permet de ne pas augmenter de 6 cents mais seulement de 3 ». Pour Christian Papaliolios « c’est le juste prix».

Un décalage

Le prix de l’essence à Saint-Martin ne suit pas immédiatement celui du prix du baril de pétrole. Pourquoi ? « à Saint-Martin, tous les fournisseurs ont deux étapes d’approvisionnement : d’abord le dépôt dans une zone de stockage dans la Caraïbe, puis la répartition sur un autre pétrolier pour acheminer le carburant jusqu’à Saint-Martin ».  L’essence vendue aujourd’hui « a donc été livrée le 18 décembre, il y a bien un mois de décalage » ajoute t-il.
Delta Petroleum profite en outre de la mise en application de la TPP pour réajuster son prix. Mais un prix qui va encore fluctuer : « d’ici la fin du mois le prix à la pompe va repartir à la baisse ». Si le cours du baril se stabilise ou continue de baisser la répercussion de la TPP sera donc indolore pour le consommateur saint-martinois. Reste qu’il ne bénéficiera pas pleinement de la chute du cours du pétrole, comme partout ailleurs.

Incompréhension sur la TPP

En augmentant la TPP, la Collectivité avait misé sur la responsabilité des distributeurs, leur renvoyant la balle en cas d’augmentation du prix. Sur ce coup là, c’est un échec, ces derniers ne l’ont pas entendu de cette oreille. Fin novembre le gérant de Cadisco s’exprimant dans nos colonnes expliquant qu’avec le doublement de la TPP l’augmentation du prix à la pompe était « inévitable » en raison des charges. Le gérant de Delta Petroleum a lui aussi un avis tranché sur la question. S’il ne voit «aucun inconvénient à ce que des taxes soient mises en œuvre pour créer des recettes pour l’entretien des routes », il réfute « l’incohérence de la Collectivité » : « on a créé une taxe en comparant soit disant les marges des distributeurs français avec celles réalisées côté hollandais où la taxe est à 22 centimes » déplore Christian Papaliolios. Seulement pour lui « ce n’est pas logique ! Si l’on veut comparer avec le côté hollandais, dans ce cas on adopte une politique où toutes les taxes sont alignées et pas seulement la TPP ». Et de revendiquer le fait que « partout ailleurs dans le monde, le diesel est moins cher car très utilisé par les professionnels ».

Et sur les marges des distributeurs que la Collectivité a qualifié de « colossales » : « c’est faux, je peux garantir au consommateur du côté français qu’il a un prix absolument justifié et pas gonflé ». Deux logiques qui s’affrontent. Et un consommateur qui paye.

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