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Retours sur l’audience correctionnelle du jeudi 8 janvier.

 

 

 

Celui qui voulait aller en prison

A.N., domicilié à Quartier d’Orléans, comparaît en correctionnelle le 8 janvier dernier pour transport d’arme illégale, en l’occurrence un pistolet lanceur de fusées de détresse. Condamné en mai 2013 à 2 mois de prison pour outrage et rébellion, A.N. était recherché. C’est dans ce cadre que la gendarmerie a effectué un contrôle avec fouille du sac à dos dans lequel l’arme a été trouvée. A.N. reconnaît les faits en précisant qu’il voulait se protéger, notamment de sévices physiques et de séances de sorcellerie à son encontre. Des propos incohérents traduisant une certaine misère sociale, et qui font sourire certaines personnes de l’assistance. A.N. renchérit même sur tous les délits dont il est accusé et demande expressément au tribunal de le remettre en prison. « Je serais logé! » dit-il naïvement. Le procureur, avec justice mais non sans un brin de compassion, propose 3 mois de prison avec aménagement et mise à l’épreuve. Le tribunal entérine le verdict en précisant à A.N. qu’il pourra être suivi par un éducateur du Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation (SPIP).

Dispute sur un parking

A l’audience du 8 janvier, le procureur s’étonne qu’un évènement si anodin ait pu se transformer en conflit et ainsi faire l’objet d’un jugement en correctionnelle. Le prévenu originaire du Royaume Uni, N.M., est à la barre sans avocat et donne sa version des faits. La victime, D.L., est absente à l’audience et ne réclame rien. Les faits retranscrits dans l’enquête concernent une banale histoire d’altercation verbale puis physique avec un taser dans un parking. Le 8 mars 2014, les gendarmes reçoivent une plainte de D.L qui dit avoir été agressé par N.M en se garant sur le parking d’un supermarché à côté d’une voiture dont la portière ouverte l’empêchait de sortir de son véhicule. Une dispute éclate entre les deux automobilistes et dégénère très vite en violences physiques. N.M dément une partie des faits, et notamment l’utilisation du taser, en soupçonnant D.L d’avoir intentionnellement provoqué la bagarre pour récupérer de l’argent. N.M fournit des photos prises par un témoin et un certificat médical avec arrêt maladie pour sa compagne qui a été très choquée. Pourtant un autre témoin assistant de loin à la scène affirme avoir vu N.M pointer un objet noir en direction de D.L. Le tribunal a du mal à déterminer qui est victime ou agresseur mais décide de suivre le procureur, lequel propose une mesure d’apaisement de 60 jours amende à 15 euros pour N.M. Le verdict est mis en délibéré au 29 janvier prochain.

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