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Le grand maître de la Grande loge nationale française (GLNF) Jean-Pierre Servel était à Saint-Martin la semaine dernière pour la création de deux nouvelles loges régulières, l’une à Saint-Martin, l’autre à Saint-Barthélemy.

 

 

 

Jean-Pierre Servel a profité de son déplacement pour rencontrer la presse vendredi matin et échanger sur cette obédience et sur la franc-maçonnerie en général, en présence notamment de Henri-Claude Isidore, grand maître de la loge provinciale de Guadeloupe/Iles du Nord. A Saint-Martin, il existe déjà deux loges qui ont des rites différents, mais appartiennent toutes deux à la GLNF : « Fraternité Saint-Martin » et « Soualiga Soleil Levant ». La troisième loge créée lors de la visite du grand maître s’appelle « Saint-Martin Lux Spiritus ». « Le travail de chaque loge est différent. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que lorsqu’on arrive à un certain nombre de frères dans une loge, on crée une nouvelle loge. Cela crée une dynamique et permet à tout le monde de travailler », indique Henri-Claude Isidore. La création de la loge « Saint-Martin Lux Spiritus » devrait également permettre à la maçonnerie de se développer sur le territoire. « Il y aura de nouveaux rites et les frères des autres loges pourront la visiter. C’est un enrichissement », poursuit-il. Trois loges de la GLNF à Saint-Martin, cela peut paraître beaucoup sur un petit territoire, mais selon Jean-Pierre Servel, Saint-Martin constitue « une zone un peu stratégique, et d’autant plus que c’est une île bipartite et que la GLNF a des liens étroits avec la Grande loge de Hollande, ainsi qu’avec beaucoup de loges d’Amérique et d’Amérique du Sud ». Pour lui, Saint-Martin est « un point névralgique de la Caraïbe ». A noter enfin que sa présence sur notre île se justifiait aussi par la célébration des dix ans de la loge provinciale de Guadeloupe/Iles du Nord.

Démystifier la franc-maçonnerie

« La maçonnerie, discrète par essence, soulève bien souvent nombre d’interrogations de la part des médias », était-il indiqué dans le communiqué invitant la presse à rencontrer Jean-Pierre Servel. Discrète, mais ouverte à la communication, nous dit-on. « Nous n’avons jamais refusé d’expliquer ce que nous faisons, justement pour éviter les fantasmes liés aux secrets qui entoure la franc-maçonnerie. Il existe plusieurs secrets. L’un d’eux concerne l’appartenance. Tout frère peut se dévoiler, mais ne doit pas dévoiler un autre frère pour respecter son intimité. En effet, dans certaines professions, la maçonnerie est mal perçue et peut devenir un obstacle professionnel », indique Jean-Pierre Servel. Il explique ensuite que toute la maçonnerie est conçue sur la révélation successive de secrets. « L’on trouve des rituels maçonniques sur Internet et dans les livres, mais il y a un vrai secret qui reste incommunicable : l’initiation. Il faut avoir été initié pour bénéficier de ce ressenti personnel qui peut sembler désuet aux profanes », ajoute-t-il. Quant à l’influence de la GLNF dans la société, elle n’est pas évidente car la loge ne se mêle en aucun cas du débat sociétal, à la différence d’autres obédiences. « Nous voulons faire des hommes meilleurs, si nous le pouvons, qui iront ensuite porter le message dans la société. Mais notre obédience ne communique pas sur des problèmes comme le terrorisme, le mariage pour tous, l’avortement, etc., et ne prend pas parti. Nous ne sommes pas une école de pensée mais une école de spiritualité. Nous n’avons donc pas de discussions politiques et religieuses, même si nous n’accordons l’initiation qu’à des gens qui croient en Dieu. Pour nous, le grand architecte de l’univers, c’est Dieu », précise le grand maître. Ainsi, la Grande loge nationale française n’est fermée à aucune religion. L’important, c’est de croire en Dieu. Alors de quoi parlent ces francs-maçons s’ils ne parlent ni de politique, ni de religion, ni des grands sujets de société ? « Nous parlons de symbolisme, d’histoire, etc., pour nous élever. Mais nous voulons rester discrets. C’est individuellement que les frères doivent rayonner. Et aujourd’hui, dans ce contexte difficile, les maçons ont plus que jamais un grand rôle à jouer. Nous essayons de recruter des gens bien pour en faire des gens meilleurs », conclut M. Servel.

La Grande loge nationale française appartient à la maçonnerie dite régulière et dépend de règles posées en grande partie en Angleterre. Et outre la création d’une troisième loge à Saint-Martin, la visite du grand maître de cette loge avait pour but de répondre aux fantasmes qui « dénaturent » la maçonnerie, dixit Jean-Pierre Servel.

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