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Après 40 ans passés au service de la population, les pharmaciens Jeanine et Jean-Gabriel Crespin prennent une retraite méritée. Retour sur un parcours de vie qui en 1974, a propulsé deux jeunes bordelais sur une île qui ne comptait alors que quelques milliers d’habitants.

Le pharmacien c’est un peu comme son boulanger. On ne le voit peut-être pas tous les jours, mais assez souvent pour en faire le complice de ses petits et grands bobos.  Jeanine et Jean-Gabriel, autrement nommés Pharmacie Crespin, sont de ceux dont des générations de Saint-Martinois se souviendront. C’est qu’en 40 ans, ils en ont vu passer des familles, depuis leur arrivé sur l’île un certain 8 octobre 1974. Mais en ce début 2015, le couple de pharmaciens tire sa révérence, estimant que l’heure est venue de passer le flambeau. Ils ont donc cédé leur officine à deux jeunes diplômés et désormais, rue de la République, c’est à la Sun Pharmacie qu’il faudra se rendre.

Dépaysement total

« Cherche couple de pharmaciens pour les Antilles ». C’est en ces termes laconiques diffusés dans le Moniteur des Pharmaciens que les deux jeunes gens de 22 et 24 ans, découvrent en 1974 l’existence d’une petite île des Antilles françaises qu’ils vont chercher à localiser sur une carte. A l’époque on ne quitte pas si facilement famille et amis pour s’installer au bout du monde. Quel regard portent-ils alors sur ce bout de rocher qu’ils découvrent en posant leurs valises à Grand-Case ? « C’était un dépaysement total » raconte Jean-Gabriel, qui se souvient avec bonheur de « ce sentiment d’espace, presque vierge » et du « très bon accueil » dont ils ont bénéficié à leur arrivée, célébrée le soir-même par un dîner au légendaire Mini Club. Quelque 4500 habitants, une cinquantaine de « métros » et seulement 2 pharmacies : le Saint-Martin des années 70 n’a plus grand chose à voir avec l’île que nous connaissons aujourd’hui.  

De Marigot À Quartier d’Orléans

Contrat d’assistants en poche, le couple débute donc à la pharmacie du Port. Ce qui n’était sensé durer que quelques années se prolongera finalement avec la naissance de deux enfants et quatre décennies de vie saint-martinoise. En 1979, Jeanine et Jean-Gabriel rachètent la pharmacie du Centre, qui deviendra la pharmacie Crespin. En 1985, l’officine déménage de la rue de Hollande à la rue de la République. En 1988, Jeanine crée également la pharmacie d’Orléans, la première du quartier qu’elle cèdera en l’an 2000. Jean-Gabriel lui, est aussi le pharmacien de l’hôpital, le seul même, entre 1974 et 2003. Pour le plaisir, il va d’ailleurs y rester quelques mois encore cette année…
« Pendant très longtemps on a ressenti une très grande confiance de la population » avoue Jeanine. Car au début de leur carrière, seuls 5% des Saint-Martinois comptent parmi les assurés sociaux. « Le pharmacien était donc très sollicité par ceux qui n’allaient pas chez le médecin, la médication familiale jouait un grand rôle». Depuis le travail a changé, d’une commande tous les 15 jours l’approvisionnement est passé à deux commandes journalières. Surtout, la démographie a explosé et les pharmacies se sont multipliées, nécessitant une présence sans faille pour maintenir l’officine et le service.   

40 ans, c’est un beau chiffre rond pour fermer un chapitre de vie. Et surtout en ouvrir un nouveau pour le remplir de projets. Jean-Gabriel va poursuivre ses activités au Rotary club qu’il va d’ailleurs présider cette année. Le moment est également tout trouvé pour satisfaire des rêves de voyages, « un pied ici, un pied ailleurs » qu’ils disent. Non sans jouer Voltaire dans les hauteurs du Pic Paradis : «nous allons cultiver notre jardin ».  

De.Gh

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