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Braquage avec prise d’otage dimanche, tentative d’homicide en pleine journée à Marigot mardi… Depuis trois jours une nouvelle escalade de faits pose l’inlassable question de la circulation des armes à feu sur le territoire. Et des moyens dont on dispose localement pour endiguer cette violence.

Dimanche soir, 19 heures. Thibault, le directeur d’un supermarché à Hope Estate, ferme boutique et prend sa voiture pour rentrer à son domicile. Sur la route nationale, un véhicule lui fait une queue de poisson pour le stopper. A son bord, trois individus en tenue de commando, vêtus de noir, cagoulés, gantés. L’un s’exprime avec un fort accent espagnol. Les malfrats sont équipés d’une arme à feu et d’un couteau. La victime est immédiatement cagoulée, immobilisée avec du sparadrap et molestée. Ses trois agresseurs l’embarquent dans leur voiture, direction Hope Estate. Leur intention est claire : contraindre le directeur du supermarché à rouvrir son établissement pour y faire un casse. Sur le parking, quelques badauds traînent encore. Les malfrats maintiennent donc leur victime à genoux, près durant près de 30 minutes, en attendant d’avoir la voie libre. Ils parviennent finalement à s’introduire dans le supermarché.

Ils tirent sur les gendarmes

L’épouse de la victime, inquiète de constater que son mari restait injoignable, s’inquiète et prend la route. Lorsqu’elle croise le véhicule de son époux abandonné en bord de route toutes fenêtres ouvertes, elle donne l’alerte. Une première patrouille de gendarmerie se rend sur les lieux. L’un des malfaiteurs qui était resté dans le véhicule du gang prend la fuite. Ses deux comparses, cernés, retiennent en otage le directeur du supermarché. Une trentaine de gendarmes, soit 10 militaires de l’escadron de gendarmerie mobile ainsi que le peloton d’intervention, rejoints ensuite par la Brigade de recherche et l’équipe de commandement, sont alors dépêchés sur les lieux. Les deux malfrats, dont l’entreprise a été déjouée, tentent de prendre la fuite en maintenant toujours leur otage. « Malgré les sommations, ils ont tiré à deux reprise sur les militaires » raconte le commandant Paul Betaille. Dans l’obscurité, face à ces hommes armés visiblement déterminés, impossible d’empêcher la fuite des individus qui ont néanmoins fini par relâcher leur victime. Ils sont toujours activement recherchés, mais leur mode opératoire autorise des rapprochements avec la tentative de braquage dont avait déjà été victime ce même supermarché le 29 décembre. Un événement qui avait traumatisé les employés du commerce, présents au moment des faits.  

Le directeur du supermarché violenté dimanche soir, reste très choqué, mais s’en sort indemne, non sans de nombreuses contusions. Les malfrats avaient visiblement bien préparé leur méfait et confirment cette nouvelle donne des braquages à la saint-martinoise: les équipes sont de plus en plus aguerries. En outre, le dress code n’est pas celui de débutants en claquettes mais bel et bien celui de gangs visiblement préparés qui se dissimulent sous un attirail guerrier.


Un homme se fait tirer dessus en plein centre-ville

S’agit-il d’un règlement de comptes ? Hier matin vers 10h30, un homme gisait à terre au croisement des rues République et Victor Maurasse à Marigot, grièvement blessé par deux impacts de balles aux poumons et à l’abdomen. L’auteur des tirs a lui réussi à prendre la fuite, dissimulant son visage sous son t-shirt vert, selon des témoins. « L’homme est activement recherché » souligne le chef d’escadron Paul Betaille. Hier, face à de nombreux badauds attroupés, le secteur a rapidement été bouclé par les gendarmes pour faciliter l’intervention des secours et débuter l’enquête qui s’éclaircira peut-être grâce à la vidéosurveillance. Reste qu’il s’agit d’une scène d’une rare violence en plein jour, à une heure d’affluence en centre-ville alors que la saison touristique bat son plein.

Des incertitudes sur les coups de feu de mardi soir

Mardi soir une patrouille de gendarmerie a été engagée en centre-ville après que des riverains ont signalé, vers 19h15, des coups de feu à l’angle des rues Kennedy et Saint-James. Du côté des forces de l’ordre, impossible de confirmer ces faits : « nous n’avons finalement trouvé ni douille ni impact de balle » précise le commandant Paul Betaille. L’autorité judiciaire sera néanmoins renseignée sur ces faits pour lesquels les témoins affirment être formels.  

A Sint Maarten aussi…

La série de faits qui émaille l’actualité n’épargne par le côté hollandais. Dimanche matin, une bijouterie de Frontstreet vivait également un vol à main armée visiblement bien préparé. Vers 10 heures, un premier véhicule a bloqué la circulation en haut de l’artère principale de Philipsburg, pendant que deux malfaiteurs masqués et arme au poing, descendaient d’un autre véhicule pour faire un casse dans une bijouterie. Après d’être largement servis, ils sont repartis en moins d’une minute. L’une des deux voitures était immatriculée du côté français. Dimanche, vers 19h30, un autre braquage était commis sur Philipsburg vers 19h35 dans un supermarché de la communauté chinoise. Tout de noir vêtus, et arborant des cagoules, deux individus ont vidé la caisse du commerce en menaçant l’employé avec une arme à feu. Quatre individus soupçonnés du vol et de complicité ont été interpellés dans la soirée par la police de Sint Maarten, grâce à l’identification du véhicule.

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