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Un jeune homme originaire de Quartier d’Orléans était jugé en comparution immédiate ce mercredi au tribunal de Saint-Martin pour plusieurs faits, notamment le vol à main armée commis au préjudice d’un restaurant situé en face de la marina Fort Louis en novembre dernier.

Âgé de 22 ans et père d’une petite fille, W.W. comparaissait pour vol aggravé et recel de véhicule volé, des faits commis entre le 13 et le 18 novembre dernier. Pour rappel, dans la nuit du 17 au 18 novembre, deux individus armés sont arrivés en voiture devant le restaurant où ils ont volé du numéraire (environ 200 dollars et 50 euros) sous la menace d’une arme. Un troisième homme les attendait à bord d’une Kia Soul volée. Suite à ce méfait, les gendarmes ont déclenché un dispositif pour essayer de retrouver le véhicule puisqu’un témoin avait réussi à noter une partie de la plaque d’immatriculation. Il s’est avéré que cette même voiture avait été utilisée au cours d’un vol à main armée commis au préjudice d’un club de Simpson Bay. Repéré un peu avant Bellevue au niveau de la frontière, le véhicule a fait demi-tour et a ainsi échappé aux gendarmes. Il a été retrouvé le 25 novembre dernier entre Quartier d’Orléans et la Baie Orientale. A l’intérieur se trouvait un t-shirt sur lequel il y avait un ADN correspondant à celui du prévenu. « C’est la raison de votre interpellation », a déclaré le juge Gérard Egron-Reverseau, précisant que W.W. avait été interpellé lundi, tandis que ses deux complices ont été jugés en comparution immédiate le mercredi 7 janvier dernier et condamnés l’un à deux ans et l’autre à cinq ans de prison dont deux ans avec sursis. Devant les juges, W.W. a expliqué son implication dans le vol à main armée, indiquant qu’on lui avait proposé de se faire de l’argent et qu’on lui avait fourni arme et t-shirt. « Je suis monté dans la voiture sans réfléchir », a-t-il souligné. « Vous êtes-vous déjà fait braquer ? Vous êtes-vous déjà imaginé dans la situation des témoins de ce braquage ? », lui a demandé le juge. « Non », a répondu le jeune homme, avant de préciser qu’ « après, oui ». « Il s’est passé du temps entre votre départ de Quartier d’Orléans et votre arrivée sur le parking de Galisbay où vous avez pu faire un repérage des bars qui étaient ouverts pour commettre ce vol à main armée. Tout s’est passé vite, mais vous avez eu le temps d’y réfléchir », a poursuivi le juge. Et de rappeler que W.W. avait déjà été condamné en janvier 2014 à deux mois de prison avec sursis pour violence sous la menace d’une arme (une machette).
Un « abonnement pour le mercredi »
Le procureur Flavien Noailles a ensuite indiqué que le frère de W.W. avait été condamné il y a quelques mois à cinq ans de prison ferme, une décision confirmée par la cour d’appel de Basse-Terre, pour avoir tiré dans un véhicule à Grand-Case. « Ne me dites pas que cela ne vous a pas fait réfléchir », a-t-il ajouté. Et de poursuivre : « Nous allons tous prendre un abonnement pour le mercredi à 11h », sous-entendant que les comparutions immédiates (qui ont lieu le mercredi à 11h) liées aux vols à main armée et autres tentatives d’homicide risquaient de devenir monnaie courante. « Ce que je constate, c’est qu’il y a une recrudescence évidente des braquages et de la qualité du mode opératoire. Les braqueurs sont très organisés et malgré les lourdes peines, malgré le fait qu’ils savent que tôt ou tard ils seront en détention, cela recommence avec le même déclencheur : “on va se faire de l’argent”. Vous avez organisé un raid pour obtenir les sommes dérisoires de 200 dollars et 50 euros. C’est hors de proportion », a-t-il souligné. Et comme selon lui, l’idée qu’il n’y a « plus de limites » est grandissante, il faut que chaque braqueur ait « la certitude qu’il risque cinq ans de prison ». Il a donc requis cette peine à l’encontre de W.W. Quant à l’avocate du prévenu, elle a déclaré que son client avait été pris dans un « engrenage » et qu’il était sous l’emprise de l’alcool au moment des faits. « C’est à ce moment de faiblesse qu’il a rencontré les deux autres personnes. Il avait besoin d’argent et ne savait pas ce qui allait se passer. C’est devant le restaurant qu’on lui a remis l’arme et le t-shirt ». Elle a donc demandé aux juges de faire preuve de « clémence » à l’égard de W.W.

Une plaidoirie qui n’a pas fait pencher la balance du côté de W.W. Il a été reconnu coupable des faits et condamné à cinq ans de prison dont deux ans avec sursis, mise à l’épreuve pour une durée de 18 mois et mandat de dépôt. Il devra également indemniser le restaurateur à hauteur de 4 800 euros à sa sortie de prison.

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