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Vendredi dernier Aline Hanson recevait le commandant de la gendarmerie d’Outre-mer. Ce dernier, qui reconnaît « un véritable problème de fond à régler » a notamment préconisé un partenariat renforcé entre les militaires et la police territoriale et a assuré qu’un renfort d’effectifs était possible.

En matière d’insécurité la population attend des réponses fermes. Car si en 2014, la délinquance est en baisse de 9% à Saint-Martin, tous faits réunis, selon le bilan provisoire de la gendarmerie présenté fin novembre en préfecture, les vols à main armée accusent eux une hausse de plus de 30%. Ce type de faits est générateur d’un fort sentiment d’insécurité et nuit considérablement à l’image de notre destination touristique. Avec près d’un braquage par jour depuis le début 2015 la situation est devenue intenable pour ce petit territoire. Du côté des autorités, on planche donc sur les réponses à apporter.  
« Les problématiques de la délinquance sont quasi similaires à celles de la Guadeloupe ou d’autres territoires, seule l’échelle diffère, et Saint-Martin peut encore les traiter avec efficacité » assurait vendredi le général Soubelet, commandant de la gendarmerie d’Outre-mer. Nommé en juillet 2014, il avait alors commandé à son second, le colonel Valentini, un audit sur la délinquance à Saint-Martin. Dans le cadre de cette étude, le colonel s’était d’ailleurs rendu sur l’île à la mi-décembre. Les conclusions de l’audit étant parvenues au général Soubelet, celui-ci s’est à son tour rendu à Saint-Martin vendredi dernier pour son premier déplacement sur l’île, accompagné du capitaine Imbert, officier d’état major, du colonel Rémi Vagnier, commandant de la gendarmerie de Guadeloupe et du commandant Paul Betaille, commandant de la gendarmerie des îles du Nord. En présence d’Albert Conner, directeur de la police territoriale de Saint-Martin, le général a passé au crible, avec Aline Hanson, les solutions à mettre en œuvre pour améliorer la sécurité des biens et des personnes.

Partenariat et renfort d’effectifs

Le général Soubelet est « attentif aux besoins du territoire » indique la communication de la Collectivité. Faisant suite à une demande de la présidente Aline Hanson, le général a donc proposé un partenariat accru entre les forces de gendarmerie et la police territoriale. Des patrouilles communes seront donc prochainement programmées, annonce la COM. Dans le même esprit, des compléments de formation à l’égard des policiers territoriaux pourraient être dispensés par la gendarmerie, dans le domaine des réflexes de défense et d’intervention. Par ailleurs, la Collectivité veut rappeler qu’elle a également « gonflé les rangs de sa police territoriale avec un effectif passé de 24 agents en 2013 à 29 agents en 2015 ». Quant aux effectifs de la gendarmerie, le général Soubelet a visiblement manifesté son soutien : « vous pouvez compter sur moi pour améliorer les dispositifs de la gendarmerie à Saint-Martin et renforcer les effectifs si nécessaire. Je ferai cet effort, car il y a un vrai problème de fond à régler ».

Améliorer la prévention

« Les délinquants sont de plus en plus jeunes, mais il ne serait pas juste de montrer Saint-Martin du doigt, car ce phénomène existe partout ailleurs » affirmait vendredi le général Soubelet. Concernant la délinquance des mineurs, il a néanmoins insisté sur la nécessité de créer des structures visant à accompagner les jeunes en difficulté, structures qui se caractérisent par une certaine pénurie à Saint-Martin comme dans les autres territoires d’outre-mer : « la Brigade de Prévention de la Délinquance Juvénile (BPDJ) intervient dans les écoles, mais il est important que des structures spécialisées puissent prendre le relais, pour éviter la récidive et réussir la réinsertion des jeunes délinquants ».
A noter que des actions de prévention sont programmées sur 2015 dans le cadre du Contrat Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD) en faveur des jeunes des quartiers sensibles. Le Plan Opérationnel européen 2014-2020 permettra aussi de dégager des actions de formation à destination de ces jeunes, sachant que la Collectivité a également signé une convention avec le RSMA de Guadeloupe, pour libérer 100 places de formation au bénéfice des jeunes saint-martinois. « Un travail de fond sera également mené auprès des jeunes parents qui doivent s’imprégner des valeurs de la République pour les inculquer à leurs enfants », a annoncé Aline Hanson.  

Par ailleurs la présidente a affirmé qu’une vingtaine de caméras supplémentaires de vidéo protection seront également installées cette année sur le territoire afin de renforcer le dispositif existant. Une mesure saluée par le général Soubelet, qui estime que « la vidéo protection est un élément capital en terme de résolution d’enquête ».

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