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Le président du groupe Union pour la Démocratie (UD) Daniel Gibbs, veut dénoncer le climat de violence qui règne sur le territoire mais entend lui aussi rappeler que des réponses existent qui doivent être mises en œuvre pour endiguer ce phénomène.

Daniel Gibbs a souhaité réagir suite aux événements d’une extrême violence, « 72 heures de pure folie », qui se sont produits la semaine dernière. Pour mémoire, le dimanche 11 janvier, un directeur de supermarché se faisait violenter et prendre en otage par trois individus qui ont tenté de braquer le commerce, les malfrats n’hésitant pas à tirer sur les gendarmes. « Même si la tentative fut vaine, les malfaiteurs ont tout de même réussi à s’enfuir laissant un citoyen traumatisé dont le seul crime était… de travailler » s’insurge l’élu de l’opposition. Il rappelle également les coups de feu entendus lundi dernier sur le secteur de Saint-James, ainsi que la tentative d’homicide qui a eu lieu en pleine journée dans Marigot mardi dernier, ou encore le nombre inquiétant de vols à main armée commis depuis le début de l’année, soit « presque 1 VAMA par jour en moyenne », sans compter le côté hollandais.  
« Je dis stop, la population ne peut en supporter davantage ! C’est la loterie criminelle ! Qui sera le prochain ? Voilà les questions que se posent chaque jour les habitants de Saint-Martin ! 2014 c’est 30% de VAMA de plus qu’en 2013 ! Nous entrons dans un climat de peur et de tensions. Nous ne voulons pas que Saint-Martin soit le terrain de jeu des gangs et des voyous ! Plus personne n’osera marcher dans la rue paisiblement, plus personne n’osera sortir des habitations à la nuit tombée, plus personne n’osera travailler puisque détenir un commerce c’est prendre le risque de se faire braquer un jour… Et bien non : nous sommes tous ici, chez nous ! »

Trouver des réponses

Daniel Gibbs annonce donc qu’il est allé à la rencontre des forces de l’ordre et du préfet et se dit « pleinement investi quant à la sécurité de nos concitoyens ».  « Il nous faut rapidement trouver une réponse d’une part à la circulation des armes et d’autre part au problème de la détention des malfaiteurs ». L’élu veut aussi rappeler que des solutions existent si l’on veut prendre le problème à bras le corps : « la prévention peut également porter ses fruits auprès d’une jeunesse en perdition et cela passe essentiellement par une revalorisation de l’éducation. 35% des mis en cause ont moins de 18 ans ! Il faut impérativement se saisir de cette préoccupation majeure. La jeunesse c’est la priorité face à la délinquance grandissante sur notre territoire ».
Mais ce sont les élus qui tiennent les rênes: « c’est à nous, en tant que responsables politiques, d’élaborer et de proposer des mesures en faveur d’une réhabilitation de cette jeunesse de la rue qui mérite qu’on s’y intéresse. Je reste convaincu qu’en découlera une amélioration ».

Daniel Gibbs rappelle également à notre bon souvenir que des préconisations ont été énoncées dans le cadre du rapport sur la mission d’information parlementaire qu’il a co-écrit et rendu en juin 2014. « Je proposais déjà des mesures pour lutter contre la délinquance sur notre territoire, je veux rassurer la population en disant qu’il existe des solutions ». Et de citer la création du code NATINF nécessaire pour le recouvrement des amendes, l’élaboration d’un plan de lutte contre la délinquance propre à Saint-Martin, le renforcement des moyens financiers alloués à la politique de prévention de la délinquance et à la politique de la ville, le renforcement de la coopération entre la gendarmerie et la police territoriale, de la présence physique des forces de l’ordre dans les lieux fréquentées, du personnel du Tribunal d’instance. Daniel Gibbs défend une fois de plus «  l’établissement d’un substitut du procureur » ainsi que « la création d’une maison d’arrêt », qu’il avait préconisée dans le rapport sur les problématiques pénitentiaire en Outre-mer auquel il a contribué. Et toujours sur la question des moyens alloués au territoire, l’élu pense également que « renforcer les effectifs des forces de l’ordre avec des gendarmes-enquêteurs » contribuerait à lutter efficacement contre cette délinquance ancrée.

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