Temps de lecture estimé : 3 minutes

Lundi, deux individus ont braqué le Trésor Public. Si l’absence de vidéo surveillance sur le site n’aidera pas les enquêteurs, elle pose aussi la question de la sécurisation d’un lieu sensible où les malfrats auront peut-être envie de revenir…

Lundi, 13 heures. Deux individus affublés chacun d’un casque intégral et d’une cagoule pénètrent dans les locaux de la trésorerie à Concordia. Les employés « ont vite réagi et se sont mis hors de portée » indique le capitaine de gendarmerie Emmanuel Maignan. Mais pour les usagers présents venus régler leur dû, impossible de se mettre à couvert. Les malfrats ont donc réussi à extorquer 1000 euros en espèces à une victime. Selon nos sources, une dame âgée se serait férocement rebellée contre la menace : « elle a tenu bon et ils ont lâché l’affaire avec elle » raconte un témoin. Les deux individus se sont ensuite enfuis comme ils étaient arrivés, sur leur deux-roues, butin en poche. Si ce vol à main armée n’a blessé personne, l’un des employés de la trésorerie a dû néanmoins être conduit en état de choc au centre hospitalier.

Pas de vidéo surveillance  

Surprise, il n’existe pas de dispositif de vidéosurveillance à la trésorerie. Une lacune que les faits de lundi pourraient contribuer à combler. La présidente Aline Hanson, lors de sa cérémonie de vœux le 9 janvier dernier, avait en effet annoncé que l’année 2015 verrait l’installation d’une vingtaine de caméras de vidéo surveillance supplémentaires sur le territoire, afin de renforcer le dispositif existant. Cette décision avait été actée par le Conseil exécutif du 25 novembre dernier. Hier mardi, le Centre des Finances publiques affichait portes closes : « en raison d’une tentative de vol à main armée, la trésorerie sera fermée jusqu’au 21/01/2015 à 7h30 » était-il indiqué sur une affichette placardée à l’entrée. Selon nos sources, la journée de mardi a en effet été consacrée à une réunion « de crise », afin d’évoquer les questions liées à la sécurisation du site. Une question d’autant plus cruciale qu’à Saint-Martin, les timbres fiscaux doivent se régler en espèces… Les faits de lundi, qui ont autorisé les malfaiteurs à partir avec une somme rondelette, pourraient ouvrir la fois à d’autres dérives sur un site où les usagers sont désormais visiblement en danger.
Se pose également la question de l’argent volé entre les murs d’un établissement public. Le préjudice pour la victime venue régler son dû fiscal est en effet conséquent. Dans ce cadre, reste t-elle redevable de son impôt ? Peut-elle se retourner contre le Trésor Public, arguant qu’elle se trouvait dans des locaux de l’administration fiscale? Autrement dit le préjudice est-il celui de l’usager ou de l’institution ?

A l’heure où Saint-Martin déplore un vol à main armée chaque jour ou presque, le braquage de la trésorerie marque une étape supplémentaire dans l’escalade des faits. Si les actes impliquant des armes à feu sont plus importants ici que partout ailleurs en France, il va donc désormais falloir vivre avec un nouveau risque : se faire braquer en allant payer ses impôts. Et du côté des délinquants, attaquer un symbole institutionnel démontre, si l’on en doutait encore, qu’ils n’ont manifestement plus aucune limite.

Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.