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L’ex-président de la COM satisfait au rituel des vœux non sans fustiger la majorité en place et préconiser les combats à mener en 2015. Une pensée qu’il résume en un slogan : « Pousser, produire, performer ».

Deux mille quinze, une année à saisir, une année à conquérir » pour l’ex-président de la Collectivité Alain Richardson qui veut un mot d’ordre celui «des 3 P : pousser, produire, performer (push, produce, perform) ». Revenant sur le bilan 2014, il ne mâche pas ses mots pour critiquer tant les initiatives prises par l’actuelle mandature que la situation dans laquelle est plongée le territoire : «c’est l’échec et la capitulation qui caractérisent au mieux la réalité des choses». Il en veut pour preuve le « délitement du tissu social et la fragilisation des fondements même de la société saint-martinoise ».
Sur le plan politique, Alain Richardson juge que 2014 aura été « une année de capitulation », arguant qu’ « aucun des combats pourtant indispensables n’a été mené et la force et la conviction nécessaires ont faits défaut ». Il déplore « aucune avancée et aucune victoire ». Tant pour « la défense des intérêts de la COM face à l’Etat », « le respect par les services fiscaux de l’Etat de leurs obligations en matière d’application et de rendement de la fiscalité », « le maintien et l’amélioration des équilibres financiers et budgétaire de la collectivité afin de maintenir un niveau de crédibilité mais aussi afin de dégager des marges de manœuvres indispensables pour financer de véritables politiques publiques et des projets ».
Sur les récentes nouvelles mesures fiscales, l’ex-président est tout aussi critique : il les juge « contre productives pour ralentir l’hémorragie financière et budgétaire causées ces derniers mois par l’abandon d’une gestion rigoureuse mais aussi par une augmentation inconsidérée des effectifs ». Ces mesures « nuisent à la compétitivité de notre économie et rognent encore un peu plus sur le pouvoir d’achat des ménages ». Alain Richardson estime que « la COM a flanché » avec des mesures qui « jusque-là avaient été jugées inacceptables par la majorité du Conseil Territorial ». Quant au niveau de l’insécurité, c’est aussi l’occasion d’alimenter son discours à charge : « que dire du niveau atteint en 2014 par les problèmes ? »

Des combats à mener en 2015

Malgré ce qu’il juge être une «inertie politique et administrative », Alain Richardson veut affirmer que  « 2015, est une année à saisir, une année à conquérir ». En premier lieu il dénonce « ces fléaux de société (délinquance, incivilité, violence et autres causes de l’insécurité et de la désocialisation) qui ébranlent notre société, pénalisent et détruisent son économie, écornent son image et menacent des vies ». En réponse il préconise « la mise en place de politiques et d’actions holistiques et fortes contre les sources mêmes de ces fléaux ». Arguant que si « dans le cadre de la République il est dit qu’il y a 3 instances de socialisation : la famille, la rue, l’école », dans « nos sociétés antillaises plus traditionnelles, et  en particulier à Saint-Martin, s’ajoutent la communauté (le village), le monde cultuel (les églises et leurs institutions), (…) et l’armée par le biais du service national ». Alain Richardson veut donc rappeler le projet «Le Parrainage » qu’il avait proposé dans le programme électoral en 2012, et qui « est fondé sur la mobilisation de toutes ces instances en y apportant l’indispensable dimension humaine et de solidarité intergénérationnelle (le Parrain) ». Une politique « qui permettrait d’agir efficacement et d’offrir à la jeunesse de ce territoire d’autres alternatives que celles de la délinquance, de l’oisiveté, de la drogue, des gangs ». Et de rappeler que deux institutions feraient défaut à Saint-Martin : « le centre de RSMA (Régiment du Service Militaire Adapté) et l’Ecole de la 2ème chance ».
Alain Richardson évoque également les responsabilités de l’Etat qui devrait « revenir sur sa décision et donc créer en urgence un centre du RSMA », « rétablir le service national », « modifier sa politique pénale avec notamment pour tous les jeunes auteurs d’actes de délinquance et de violences la mise en place d’une peine de substitution au sursis qui serait l’option d’un engagement dans le RSMA, mais aussi la possibilité de conversion de certaines peines de prison en années d’engagement militaire », et « la participation au financement du projet de parrainage ». 
« Personnes ne doit se satisfaire de faire le constat annuellement du délitement du tissu social et sociétal et puis de compter les victimes » affirme l’ex-président pour clôturer ses vœux.

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