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Comme annoncé par le vice-procureur Flavien Noailles, la montagne a bien accouché d’une souris dans l’affaire de la succession du Captain Oliver. Les faits n’étant pas constitués, la relaxe est prononcée.

Après quatre ans de procédure, le jugement rendu hier par le tribunal correctionnel de Saint-Martin va enfin permettre aux héritiers d’Olivier Lange, plus connu sous le nom de Captain Oliver, de liquider l’héritage que leur a laissé le fondateur du Captain Oliver’s Resort -soit un hôtel, un restaurant et une marina- situé des deux côtés de la frontière, à Oyster Pond.

Les demandes de la partie civile rejetées

Hier matin à l’audience du tribunal correctionnel réuni en collégiale, le président Gérard Egron-Reverseau a lu le délibéré. Le tribunal a jugé que le vol du coffre n’était pas constitué dans la mesure où l’objet avait simplement été déplacé avant d’être remis à sa place et que M. Bigiaoui n’avait jamais eu l’intention de se l’approprier. Quant au soi-disant faux testament, le tribunal a constaté que la base de l’enquête reposait sur les dénonciations d’Axelle Lange, mais que la saisie de l’original ne permettait pas de considérer qu’il puisse s’agir d’un faux. Le constat est identique en ce qui concerne le certificat de vie. « Toutes les accusations imputables ne sont pas constituées », a énoncé le juge, qui a terminé sa lecture par « les demandes de la partie civile sont irrecevables et donc rejetées ».

Ils attendaient ce jour depuis 4 ans

Maylïs Rioust de Largentaye, accompagnée de son avocate Françoise Brunet, de Maggi Shurtleff et de Philippe Milovidoff, directeur du restaurant, ont réagi avec soulagement à ce jugement. « J’attends ce jour depuis 4 ans, » nous a dit Maylis, « les allégations sont réduites à ce que je savais depuis le moment où j’ai été interpellée et j’avais confiance en la justice française, même si je dois reconnaître en avoir douté au cours de ma garde-à-vue. » Pour Maggi Shurtleff, « tout cela ne serait jamais arrivé si les volontés d’Olivier avaient été respectées. Toutes ces accusations mensongères ont eu des conséquences sur notre réputation, la réputation d’Olivier et la bonne marche de l’affaire, et nous allons enfin pouvoir retrouver la sérénité. « 


Historique de l’affaire

Jugée le 11 décembre 2014, l’affaire avait été mise en délibéré au 22 janvier 2015. Deux plaignants s’étaient portés partie civile et demandaient l’annulation du testament d’Olivier Lange. Il s’agit d’Axelle et François Lange, neveux du Captain Oliver, tous deux héritiers de 24% des parts du Resort, les 52% restants revenant à la compagne d’Olivier, Maggi Shurtleff, avec laquelle il a partagé sa vie pendant 21 ans. Le frère et la sœur avaient porté plainte contre Maylïs Rioust de Largentaye, salariée du Resort, pour avoir imité la signature du « Captain » après qu’elle leur ait envoyé après son décès le scan d’un soi-disant faux testament, ainsi que d’avoir frauduleusement obtenu son certificat de vie et de résidence peu avant son décès, survenu le 25 septembre 2010 dans un hôpital parisien. Ils avaient également porté plainte contre Pierre Bigiaoui, ami d’Olivier, pour avoir transporté chez lui un coffre qui se trouvait dans le bureau du Captain et en avoir peut-être subtilisé le contenu.

Le testament authentique

Après enquête et l’expertise d’un graphologue, il s’est avéré que la signature et donc le testament étaient authentiques, tout comme le certificat de vie et de résidence délivré par le consul de France à Sint Maarten, réclamé à M. Lange par la Caisse de sécurité sociale des Français à l’étranger pour régler sa facture d’hôpital. Quant à Pierre Bigiaoui, il a expliqué au tribunal qu’il avait transporté le coffre chez lui avec l’aide de deux employés – son beau-frère lui ayant expressément demandé de le mettre en sécurité après son décès – avant de le ramener finalement dans son bureau de la marina, sur les conseils d’une amie avocate. Ouvert par un huissier de la partie hollandaise après le décès de M. Lange pour la première fois, il ne contenait pas d’autre testament.   

Un autre testament inexistant

À l’audience, s’appuyant sur le fait que son oncle avait rencontré le premier clerc du notaire en charge de son testament à l’hôpital de Marigot, Axelle Lange a témoigné qu’il existerait un autre testament, par lequel son oncle la désignait avec son frère comme seuls héritiers du Resort, la compagne d’Olivier n’héritant alors que de la villa du couple, située sur la partie hollandaise d’Oyster Pond. En fait, après témoignage du clerc, M. Lange souhaitait en effet écrire un nouveau testament, mais par lequel il aurait déshérité sa nièce car il avait peur qu’elle gère la propriété de façon inconsidérée. Melle Lange maintenait que le testament déposé chez un notaire de la partie hollandaise était un faux et ne correspondait pas aux vœux de son oncle. Le président lui a répondu qu’il n’existait aucune preuve venant attester ces propos.

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