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Jeudi après-midi les entrepreneurs et porteurs de projets sont conviés à la CCISM pour une conférence sur le financement des entreprises afin de découvrir tous les leviers à leur disposition. 

Mettre sur une même scène les entreprises d’une part, et les partenaires financiers publics et privés d’autre part: tel est l’objectif de la première conférence sur le financement des entreprises organisée ce jeudi entre 15 heures et 17h30 à la Chambre consulaire interprofessionnelle (CCISM). Cette conférence réunira les institutions et les banques qui présenteront leurs offres de financement pour soutenir les investissements et la trésorerie des entreprises. Ainsi qu’il l’avait exprimé lors de son intervention devant le Conseil économique social et culturel (CESC) la semaine dernière, le président de la CCISM Jean Arnell tient tout particulièrement à sensibiliser les entrepreneurs du territoire à la nécessité d’innover : « dans la culture d’entreprise et dans l’ingénierie financière innover est nécessaire. Il faut innover pour développer ». Et pour aider les entreprises à emprunter cette voie de l’innovation, les inciter à prendre connaissance des différents modes de financement constitue l’une des clefs. Jeudi la CCISM a donc convié la préfecture, qui présentera les dispositifs européens du programme opérationnel 2014-2020, mais aussi la Collectivité, BPI France, les banques, ainsi que la plateforme Initiative. « C’est une volonté collective de tous les partenaires » indique Jean Arnell, qui avait sollicité la préfecture dès le mois d’octobre sur ce sujet. « On espère également accueillir toutes les banques privées » ajoute t-il, confiant.

Saisir les opportunités

« Les entreprises saint-martinoises ont besoin de plus de demande » analyse Jean Arnell. A l’instar du secteur du BTP, devenu très dépendant de la commande publique, à près de 70 % depuis une dizaine d’années. Et pour accroître cette demande, rien de mieux que de « s’ouvrir sur le marché régional ». En outre, le président de la CCISM tient à rappeler que des axes prioritaires de développement ont été identifiés pour notre territoire et qui forment autant de marchés où la demande est réelle: les infrastructures publiques, les technologies d’information et de communication, la réduction des émissions et la réorganisation du transport public, la cohésion sociale, la formation…  

La conférence de jeudi vient compléter un autre dispositif au service du développement des entreprises locales : pour mémoire en décembre dernier, était signée une convention de partenariat pour l’accompagnement à l’international et à l’intelligence économique. Un guichet unique pour accompagner les entreprises locales qui souhaitent développer l’export va donc voir le jour sous peu à la CCISM.


« Beaucoup d’espoirs » pour la partie française

Interrogé sur le bilan de l’année 2014 au terme de ses six premiers mois de mandature, le président de la CCISM se veut optimiste. S’il concède que son bilan « est celui de l’économie », la conjoncture démontrerait « une confiance en la partie française de la part des investisseurs ». Il en veut pour preuve certains chantiers dont « la construction du Mc Donald’s ou le projet de centre commercial du groupe Aventura à Hope Estate ». Autre paramètre de nature à alimenter son optimisme: « le solde net de création d’entreprises à la CCISM, soit 92 ». La stabilité du trafic passagers au port de Marigot, les 2 millions de croisiéristes accueillis côté hollandais, l’augmentation de la fréquentation de l’aéroport de Juliana, le taux de croissance des USA, le taux de change euro / dollar… autant d’indicateurs qui constitueraient « beaucoup d’espoirs » pour la partie française selon Jean Arnell.
Au niveau de l’accompagnement économique territorial, la CCISM entend continuer à solliciter la Collectivité de Saint-Martin afin qu’elle « libère le foncier, donc qu’elle accélère la réforme du PLU, pour des projets de développement et d’investissement ». Sur le plan touristique, Jean Arnell veut également souligner qu’il faut « une meilleure adéquation entre l’offre et la demande, le tourisme d’aujourd’hui n’étant pas celui d’hier ». Et de défendre la construction de nouvelles infrastructures hôtelières, soit « 2000 à 3000 chambres sur les prochaines années ». Un vecteur de développement qui bénéficierait également à la lutte contre le chômage, selon le président de la CCISM.
L’espoir qu’il nourrit pour l’avenir économique de la partie française vient aussi de la baisse du cours de l’euro, une conjoncture qu’il juge « très positive » puisque « 65% des touristes viennent d’Amérique du Nord et les résidents de la partie française consommeront moins systématiquement côté hollandais ». Mais il concède une « contrepartie » pour les entrepreneurs du côté français qui se fournissent sur Sint Maarten: « aujourd’hui leurs marges sont réduites ». Et de préconiser une « révision de la structure de coûts qu’on avait adaptée les années précédents ».

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