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La SNSM devrait recevoir une nouvelle vedette en juillet. Entre-temps, un semi-rigide doit être acquis grâce aux dons, car la zone se trouve toujours sans logistique pour le sauvetage en mer.

C’est une bonne nouvelle pour le nautisme. Des solutions ont enfin été actées pour offrir à la SNSM de quoi assurer les opérations de sauvetage en mer. Une nouvelle vedette, SNS 121, sera à Saint-Martin au mois de juillet. C’est l’annonce faite par le vice-amiral Jacques de Solms, inspecteur général de la SNSM pour les stations de la Manche, de la Mer du Nord et d’Outre-mer, venu tout spécialement sur l’île rassurer la communauté nautique, privée de secours en mer depuis l’échouage de la vedette SNS 129 lors de l’ouragan Gonzalo.
« Une vedette équivalente de première classe et de 14 mètres de long sera retirée d’une station de métropole, reconditionnée dans un atelier de réparation et acheminée à Saint-Martin en juillet » annonçait-il samedi dernier devant un parterre de journalistes conviés à relayer la nouvelle. « Depuis cette dramatique fortune de mer différentes solutions étaient à l’étude » ajoutait-il, conscient que la perte de « Notre dame de la Garoupe » place effectivement Saint-Martin dans une situation d’urgence. Lors de sa visite le vice-amiral a en outre rencontré le préfet Philippe Chopin ainsi que la présidente Aline Hanson: « le représentant de l’Etat n’a pas les moyens d’intervenir en tant que tel et la présidente est prête à nous aider, mais en fonction des contraintes budgétaires de la Collectivité ».

Une solution, mais transitoire

En attendant la SNS 121, il va donc falloir faire preuve de patience alors que les sauveteurs en mer sont sollicités en moyenne une cinquantaine de fois par an quand, dans la zone de secours de la SNSM, les autres moyens d’intervention font aussi cruellement défaut. Nous nous en faisions d’ailleurs l’écho dans notre édition du 7 janvier dernier (« Sauvetage en mer, quels moyens à Saint-Martin ? »), il n’y a actuellement aucune logistique pour assurer le secours en mer, quels que soient la gravité et le nombre de personnes en danger. La question se pose avec d’autant plus d’acuité que début mars, les eaux saint-martinoises accueilleront la Heineken regatta.
Côté hollandais, « les deux bateaux sont en carafe et attendent toujours la livraison de pièces » confirme le capitaine de la SNSM Jean-Claude Van Rymenant. Et du côté de Saint-Barthélemy, « la station est en panne d’équipage ». En outre la SNSM intervenant habituellement jusque dans les eaux de Saint-Kitts & Nevis, Saba et Anguilla, la situation ne pénalise pas uniquement le nautisme saint-martinois.
En attendant que SNS 121 soit livrée, une solution transitoire pourrait être trouvée dans l’achat d’un semi-rigide d’occasion. Mais il y a encore un
« mais » : « le coût d’un tel équipement est estimé entre 30 000 et 50 000 € » indique Jean-Claude Van Rymenant. Or, depuis les appels aux dons massivement lancés par les clubs service pour venir en aide à la SNSM, quelque 15 000 € ont été récoltés. La solidarité est donc toujours d’actualité…

Un budget de 150 000 €

Outre l’acquisition d’un semi-rigide à court terme, il faut donc également organiser l’acheminement de SNS 121 et le retour en métropole de SNS 129. Au mois de mars, la nouvelle vedette, qui se trouve actuellement en Bretagne, quittera sa station avant de faire un petit séjour en atelier. Puis elle prendra la route pour arriver sur nos côtes. Quant à « Notre Dame de la Garoupe », qui avait été enlevée de sa zone d’échouage un mois après Gonzalo, elle sera rapatriée sur la métropole où il sera possible de la réparer pour lui offrir une autre vie. Mais elle restera ensuite outre-Atlantique car le temps d’effectuer toutes ces opérations, plus d’une année se sera écoulée, un délai trop long pour laisser Saint-Martin sans logistique.
Le coût de toutes ces opérations s’élève à 150 000 €. La solidarité va donc là aussi devoir jouer.
« Certes, le siège de la SNSM à Paris a provisionné cette somme pour venir en aide à Saint-Martin » indique le vice-amiral Jacques de Solms. Dans le cas où les dons ne pourraient suffire à financer SNS 121, la station locale ne serait donc pas pénalisée. « Mais ces 150 000 € seront retirés d’un autre poste et quand on sait que les ressources de la SNSM sont constituées pour 75% de donations privées, il faudra se limiter sur d’autres moyens ». D’autant que « la décision de prélever une vedette d’une autre station n’a pas été facile » confessait-il.  
La station de Saint-Martin n’est pas la seule en difficulté. En un mois, trois autres vedettes SNSM ont subi des avaries : deux en Corse (un incendie et un échouage) et une à la Réunion, où la vedette de Saint-Denis a été endommagée… le même jour que celle de Saint-Martin.


Appel à la solidarité

« Nous lançons un appel à la solidarité afin que la SNSM puisse poursuivre sa mission d’intérêt général et que la station redémarre dans de bonnes conditions » lançait samedi le président de la station de Saint-Martin, Jean-Paul Fischer. Conscients que la population s’est déjà mobilisée depuis le cyclone Gonzalo, les clubs service qui ont déjà initié des levées de fonds depuis octobre tiennent eux à remercier tous les généreux donateurs. Maintenant que les solutions sont trouvées, reste à poursuivre la mobilisation… Prochainement, les clubs vont à nouveau unir leurs forces pour organiser un gala de bienfaisance au profit de la SNSM. Si la date reste encore à trouver, la population est déjà invitée à prendre note qu’il se déroulera à l’hôtel Mercure, lequel s’est déjà engagé à contribuer à la soirée de manière conséquente. Le ticket d’entrée s’élèverait à une centaine d’euros.
« Avec une soirée à 250 convives, nous pourrions récolter quelque 22 000 euros » espère Denis Blondel du Lions Club. A noter que le montant des dons récoltés lors du concert organisé par le Rotary Club le 14 janvier dernier sera bientôt connu et s’ajoutera aux 15 000 euros déjà levés depuis
Gonzalo.

Au plan national, le budget de la SNSM s’élève à 25 millions d’euros, dont 8% de dotations de l’Etat, 17% de subventions des collectivités locales et… 75% de donations privées.

Comment faire un don ?

Il est possible de déposer une enveloppe à la station de la SNSM située sur le front de mer à Marigot, en face de la marina Fort Louis. Jean-Claude s’y trouve tous les matins. Un compte bancaire a également été ouvert (SOS SNSM), sur lequel il va être possible d’effectuer des virements bancaires (informations détaillées dans une prochain édition).  
Un appel est également lancé à toute personne susceptible de vendre à la SNSM un semi-rigide d’occasion.


16 interventions ratées depuis Gonzalo

« Depuis octobre 2014, c’est 16 interventions qui ont été ratées par la SNSM faute de moyens logistiques » veut rappeler Arnaud Bourdier, équipier bénévole et responsable de la régulation des appels. Il citait en exemple les plaisanciers qui se sont récemment retrouvés à l’eau après le chavirement de leur bateau, d’autant que l’un des naufragés souffrait d’une fracture ouverte au bras. Si les malheureux ont été tirés d’affaire, c’est grâce à un kite surfeur qui se trouvait dans la zone de détresse. « La vedette de la SNSM est équipée comme un véhicule SMUR » voulait préciser Arnaud Bourdier. « Et c’est dramatique, mais en l’état, on ne peut rien faire ».
S’il est toujours possible d’appareiller des bateaux de particuliers, restent les difficultés liés aux assurances : « en cas de problème, ces navires ne sont pas assurés pour de telles opérations » indique Jean-Claude Van Rymenant. En mer, il faut donc aujourd’hui compter sur la seule solidarité des plaisanciers qui peuvent intercepter un appel du CROSS et porter secours à des marins en détresse, s’ils se trouvent à proximité.

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