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Entre le 14 et le 25 janvier, deux personnes sont décédées en mer à Saint-Martin, et plus précisément du côté de la Baie Orientale. Deux drames qui suscitent une interrogation : pourquoi la baignade n’est-elle pas surveillée sur les plages de Saint-Martin ?

Le mercredi 14 janvier dans le secteur de la Baie Orientale, le passager d’un bateau de croisière est décédé après avoir été grièvement blessé à la tête alors qu’il nageait. L’homme, un Américain de 65 ans, aurait été malmené par une forte houle. Plusieurs personnes l’ont aidé à revenir sur la plage, mais il était déjà décédé à l’arrivée des secours. Onze jours plus tard, toujours à la Baie Orientale, c’est une femme âgée d’une soixantaine d’années qui aurait fait un malaise dans l’eau et s’est noyée. Ces deux accidents soulèvent la question de la surveillance de baignade à Saint-Martin où aucune des 36 plages, qu’elles soient côté français ou côté hollandais, ne fait l’objet de surveillance. Les pancartes « Baignade non surveillée » et « Swim at your own risk » sont donc placardées sur plusieurs plages. Mais il faut savoir que la direction des sports du ministère de la Santé avait émis en 2009 une note à l’attention des préfets concernant la réglementation des lieux de baignade et d’activités nautiques. Cette note stipule notamment que « toute personne qui se baigne en mer, dans les cours et autres plans d’eau dont l’accès est libre et qui ne fait l’objet d’aucune organisation ou installation particulière, le fait à ses risques et périls ». Ainsi, le maire (la présidente de la COM dans le cas de Saint-Martin) n’est pas tenu, en l’absence de dangers particuliers, de faire procéder à une surveillance ou à une signalisation. La note indique toutefois que d’une part, « en cas de dangers non apparents, le maire doit en informer le public », et que d’autre part, le cas des plages « notoirement fréquentées mais non aménagées » est particulier. « Le Conseil d’Etat considère qu’il incombe aux maires des communes (…) de prendre les mesures appropriées en vue d’assurer la sécurité des baigneurs ». Il ne s’agit pas d’imposer un poste de surveillance obligatoire, mais de « prendre les mesures nécessaires à l’intervention rapide des secours en cas d’accident », notamment par l’installation d’un moyen d’alerter un centre de secours. Il est donc du ressort de la COM de prendre la décision ou non de faire surveiller certaines plages même si sa mise en place nécessiterait certainement une logistique très importante.

La SNSM monte au créneau

Le 7 janvier dernier, soit une semaine avant le premier accident de la Baie Orientale, Arnaud Bourdier, formateur de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), a adressé un courrier au préfet pour un projet de mise en place de postes de secours. Et pour cause, infirmier anesthésiste, il a pu réaliser une étude statistique au sein de l’hôpital de Saint-Martin, ainsi qu’à la brigade nautique de la gendarmerie avec qui il travaille en collaboration. « Nous observons un nombre important de noyades au cours de ces dernières années », écrit-il. En effet, d’après le relevé fourni par l’hôpital Louis Constant Fleming, qu’il cite, il y a eu 42 cas de personnes hospitalisées pour noyade mais non décédées entre janvier 2011 et août 2014. En outre, d’après le relevé fourni par la brigade nautique, il y a eu 13 cas de personnes décédées et non hospitalisées entre janvier 2011 et août 2014. Soit un total de 55 victimes en un peu moins de 4 ans, c’est-à-dire plus d’une victime par mois. « En approfondissant mes recherches, je constate qu’une grande partie des accidents a eu lieu dans le secteur d’Orient Bay et du Galion qui sont des hauts lieux du tourisme de plage », note ensuite M. Bourdier. C’est donc principalement pour cette raison qu’il propose au préfet de mettre en place deux postes de secours sur la plage de la Baie Orientale et un poste de secours sur la plage du Galion. Et selon lui, outre l’intérêt du projet au niveau de la sécurité et de l’image des plages de Saint-Martin, il pourrait permettre de créer « des emplois pour les jeunes saint-martinois qui pourraient être formés sur place par nos soins ».

Cette sollicitation a également pour but d’appuyer la demande de la SNSM auprès de la Collectivité. « Il faudrait qu’au moins une plage soit surveillée à Saint-Martin, pour que les gens aient le choix d’aller se baigner dans des zones surveillées ou pas », ajoute Arnaud Bourdier. Ce projet, s’il voit le jour, devrait permettre à des jeunes gens de passer le brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique (B.N.S.S.A.), le diplôme du nageur sauveteur, et certainement à davantage de noyés d’être sauvés…


Rôle du titulaire du B.N.S.S.A.

Le titulaire du BNSSA, appelé nageur sauveteur ou aussi sauveteur aquatique, assure la surveillance des baignades d’accès gratuit et, dans certains cas, la surveillance de baignade d’accès payant. Son rôle est de : prévenir les usagers des risques de la baignade par une information explicite, et des conditions météorologiques permettant ou non la baignade ; surveillerla zone de baignade, en observant particulièrement les comportements des individus, et en essayant d’anticiper les dérives afin d’intervenir au plus vite ; intervenirrapidement et efficacement dans les cas de noyade, sans mettre en danger sa vie ni celle des autres.

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