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Ce mercredi, le meurtrier présumé de la jeune Clemencia Julot, violée et assassinée le 20 juillet 2010, comparaissait devant le tribunal de Sint Maarten.

Le meurtrier présumé de la jeune Clemencia Julot, violée et assassinée le 20 juillet 2010, répondait de ses actes mercredi dernier devant le tribunal de Sint Maarten, presque 5 ans après un crime qui avait choqué la population des deux parties de l’île et suscité une vaste mobilisation contre la violence. Le meurtrier présumé de la jeune femme, qui était alors âgée de 21 ans, a déclaré ce mercredi lors de son procès qu’il “regrettait” son crime. Lors de l’audience, le public est venu nombreux : membres de la famille de la victime, amis et anciens collègues. Le procureur a requis 18 ans de prison à son encontre. Il a en outre décrit la victime comme une jeune femme sympathique, attentionnée, affectueuse, responsable, sportive, qui avait beaucoup d’amis, était membre d’une église et prenait soin de ses parents.

80 coups de couteau

La vie de Clemencia avait basculé en juillet 2010 alors qu’elle faisait son footing à Oyster Pond, comme elle le faisait chaque matin à 5 heures avant de se rendre à son travail. Disparue le 20 juillet 2010, son corps avait été retrouvé à la frontière deux jours plus tard par son beau-frère lors de recherches menées par ses collègues. Les recherches ont donc été menées conjointement entre les policiers de Sint Maarten et les gendarmes de Saint-Martin. Elles ont révélé que la jeune femme avait été violée et poignardée près de 80 fois. Un an plus tard, alors même que la récompense de 25 000 dollars pour l’arrestation du meurtrier n’avait rien donné, l’analyse ADN avait permis d’identifier R., qui avait été arrêté le 2 septembre 2010 alors qu’il conduisait une voiture volée avec d’autres personnes à bord. Sa trace a été retrouvée en République dominicaine où il vivait depuis octobre 2010. Comme ce pays ne permet pas l’extradition de ses résidents, il a été décidé de demander la permission aux autorités dominicaines d’y interroger R. Lors de l’interrogatoire qui a eu lieu en septembre 2014, le suspect a admis son implication dans la mort de la jeune femme. Il a alors décidé de faire face au juge de Sint Maarten où il est arrivé de lui-même quelques jours plus tard. Arrêté à l’aéroport Juliana et placé en garde-à-vue, il a d’abord déclaré qu’il faisait partie d’un gang et que d’autres l’avaient forcé à avoir des relations avec la victime. Mais il a fini par avouer, deux mois plus tard, avoir commis les crimes de lui-même.
Devant le jeune âge de son client, âgé aujourd’hui de 22 ans, son avocat a demandé une peine n’excédant pas 10 à 12 ans. Le verdict sera rendu le 25 février prochain.


Ceux qui volaient des objets sur un bateau échoué

Au lendemain du cyclone Gonzalo, un bateau éventré jonchait les rochers de la plage de Friar’s Bay. De quoi attiser la convoitise de deux individus, convoqués au tribunal jeudi pour des faits de vol en réunion. Un témoin des va-et-vient entre ce bateau, dont il connaît le propriétaire, et une voiture, alerte la gendarmerie. J.M. et X.B. sont interpellés et une enquête de flagrance est engagée. X.B., le principal prévenu et absent à l’audience, ne conteste pas les faits mais ne reconnaît pas le délit puisque les objets volés étaient éparpillés sur les rochers. Des propos que J.M., présent à l’audience accompagné d’un avocat, confirme, ajoutant n’avoir été qu’un simple chauffeur et ne pas avoir participé au transport des objets volés dans sa voiture. Des panneaux solaires et des réchauds à gaz ainsi qu’un fusil de plongée ont été saisis. Avec l’aide d’une interprète J.M. demande la clémence du tribunal dans un flot d’explications que le procureur a du mal à croire. D’autant que le casier judiciaire du prévenu affiche en tout 7 ans de prison ferme dont la dernière condamnation de 2012, n’est pas en la faveur de l’accusé. Pourtant depuis sa sortie, J.M. est employé polyvalent dans une entreprise d’insertion et une attestation de son encadrant témoigne de son bon comportement et sa motivation. Son avocate demande la relaxe pour éviter de le replonger dans l’univers carcéral avec ses mauvaises fréquentations. Le procureur semble manifestement agacé par le comportement de J.M. qui selon lui « n’a pas le courage de ses actes et ne pense pas aux victimes sinistrées ». Des peines de 6 mois de prison pour X.B. qui s’est finalement présenté en fin d’audience et de 4 mois pour J.M., ont été requises. Le tribunal rendra son verdict en délibéré le 5 mars.

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