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Dans une interview accordée au St Martin’s Week, la directrice de la Semsamar Marie-Paule Bélénus-Romana revient sur les opérations réalisées et à venir, annonçant des perspectives d’investissements plus importantes cette année. 

SMW : Quel bilan tirez-vous de l’activité de la Semsamar en 2014 ?

M.-P. B-M : Le bilan, qui sera présenté d’ici le mois de mai, devrait se situer autour de 9 millions d’euros de résultat, avec une activité sur Saint-Martin globalement très bonne. Nous redémarrons très fort, chose qui avait déjà été un peu pressentie fin 2013 avec les gros mandats de la Collectivité, boostés notamment par la cité scolaire. Sur cette opération le rythme est très soutenu, nous avons même un mois d’avance qui permet d’augurer normalement une rentrée pour septembre 2015.

Quelles ont été les principales opérations engagées avec la Collectivité ?

Les rénovations dans les établissements scolaires ont connu un rythme très soutenu. Plus d’1,5 M€ de travaux sur les collèges et le lycée ont été investis en 2014. Un volume important a été mobilisé en fin d’année après le passage de Gonzalo où nous avons dû intervenir. Pour ce qui concerne les équipements de proximité, l’année dernière on a clôturé le programme de VDR rues de la République et rue de Hollande, notamment pour améliorer l’évacuation des eaux pluviales. Suite au passage du cyclone Gonzalo, la collectivité a également mandaté la Semsamar pour la réhabilitation des petites plages à Baie Orientale, soit 2,5 M€ d’euros investis par la COM. Les mandats ont été signés en fin d’année, les travaux devraient débuter en mai pour une livraison du chantier en décembre. Nous allons également engager de gros travaux pour la réfection des stades, notamment le stade Vanterpool, financé pratiquement à 100% par le Fonds exceptionnel d’investissement de l’Etat, à hauteur de 1,8 M€. Cette année, il y a également toute une série de mandats d’études avec la Collectivité qui devraient se traduire en réalisations : concernant la remise à niveau des trois MJC, on devrait démarrer cette année celle de Grand-Case et de Sandy Ground. La construction de l’hôtel des Finances publiques, qui va accueillir les services de l’Etat et de la Collectivité, devrait également se concrétiser.

Par ailleurs en 2016, nous entamerons la deuxième phase de mise aux normes parasismiques du lycée, après la reconstruction de l’escalier central l’année dernière. Dans un an, une fois que l’établissement sera libéré grâce à la cité scolaire, nous entamerons la reconstruction de la passerelle.

Pouvez-vous évoquer les opérations propres de la Semsamar ?

Démarré début 2014, le projet des 92 logements de Spring (LLS), grâce à un apport conséquent de la Collectivité de subventions supplémentaires à hauteur de 3,6 M€, devrait être livré en septembre et la fin d’année. La Sem va également enclencher les 22 LAD (logements en accession différée) pour une livraison envisagée en 2016. Nous avons également investi 6,5 M€ pour réaliser le bâtiment de Pôle Emploi à Concordia, qui sera livré à la fin du mois. Ce bâtiment accueillera également le pôle Solidarités et Familles de la COM, à l’étage. Pôle Emploi prend possession des locaux dès la fin février avec une ouverture prévue en avril. Nous sommes également en train de commercialiser Green Valley pour la création d’une zone d’activités mixtes qui va recevoir des activités commerciales, de l’hôtellerie low cost, ainsi que de l’habitat intermédiaire dans les hauteurs. Le porteur de projet va déposer son dossier FEDER et on espère qu’il pourra boucler cette année son plan de financement pour un démarrage d’ici la fin de l’année. Nous avons également engagé des travaux d’entretien et de rénovation de notre patrimoine de résidences sociales, à hauteur de 1,5 M€.

Où en est-on du projet des 40 logements sociaux à Quartier d’Orléans ?

La préfecture avait effectivement lancé une enquête publique au titre de la loi sur l’eau. Le rapport du commissaire enquêteur est favorable à la conduite de cette opération et depuis novembre, nous attendons l’arrêté préfectoral autorisant à engager les travaux (6,6 M€). Nous avons d’ailleurs sollicité à nouveau le préfet sur ce dossier le mois dernier, car ces logements sont attribués depuis deux ans, les familles qui doivent être relogées les attendent.

Y a t-il eu beaucoup de dégâts avec le cyclone Gonzalo ?

Nous avons surtout enregistré pas mal de problèmes d’inondations sur certaines zones, mais c’est plutôt l’environnement qui a souffert, non les bâtiments. On a eu surtout un gros dégât autour des villas de Spring, qui a nécessité des travaux de confortement du talus où il y a eu un éboulement. Il faudra intervenir à nouveau sur cette zone cette année avant la saison des pluies.

Quelle visibilité avez-vous sur la commande publique et vos investissements ?

Pour ce qui est de la commande publique, le contexte reste compliqué mais ce n’est pas propre à Saint-Martin. L’Etat a du mal à s’engager sur des enveloppes pluri annuelles. Le PO 2014-2020 va quand même entrer dans sa phase active et cette manne financière va offrir une bouffée d’oxygène, que ce soit pour les investissements de la COM ou ceux des porteurs de projets privés.

La Semsamar prévoit quant à elle d’engager 40 M€ en 2015, toutes opérations confondues. Sur 2014 nous n’avons pas encore les chiffres définitifs mais ils semblent être bons. Quand on compare à 2013, où on avait investi 20 M€, on peut être optimistes.

La situation est-elle tendue dans le remboursement des préfinancements lorsque la Sem est mandatée par la Collectivité ?

La Semsamar délivre un préfinancement à hauteur de 30% en moyenne, sur les opérations en mandat. Depuis deux ans ça fonctionne très bien. Je prends pour exemple la cité scolaire : la COM a mis en place un dispositif spécial avec le FEDER et l’Etat, qui jouent aussi le jeu. Toutes les avances ont été versées et de notre côté nous avons l’exigence de produire mensuellement des demandes de remboursement. De fait, nous n’avons pas mis un euro de préfinancement sur cette opération, nous l’avions prévu mais ce dispositif a parfaitement fonctionné. Sur le reste des opérations, la Semsamar a une ligne de 10 millions d’euros environ. Un échéancier a été établi, réactualisé tous les 6 mois. La COM reverse ainsi 500 000 euros tous les mois, et plus lorsqu’elle a des rentrées liées aux subventions accordées sur certains projets. Aujourd’hui, l’année 2012 et pratiquement tout 2013 sont soldées. La Semsamar a d’autres soucis, mais pas avec la Collectivité de Saint-Martin.

Quel est le pourcentage de l’activité de la Semsamar réalisé sur notre territoire ?

En 2013 c’était vraiment le creux de la vague, nous avons été au plus bas, à hauteur de 5%. Sur 2014 ça devrait progresser, les chiffres définitifs laissent espérer 8 à 10%. L’année 2015 devrait être encore bien meilleure vu le niveau d’investissements que nous prévoyons de réaliser.

La chambre territoriale des comptes va prochainement publier un rapport sur la Semsamar…

La chambre nous avait annoncé dès 2012 que la Semsamar ferait l’objet d’un contrôle. Ce contrôle s’est effectivement déroulé l’année dernière durant 8 mois. Nous avons fourni tous les documents demandés et nous avons échangé avec les rapporteurs à plusieurs reprises. Ces derniers ont rendu un rapport provisoire, nous attendons donc le rapport définitif.

Il y a 2 ans des tensions de trésorerie avaient été révélées. Qu’en est-il aujourd’hui ?

La Semsamar se porte bien. Des propos ont été lâchés par certaines personnes, puis il y a eu des contrôles liés à des suspicions de cessations de paiement. Depuis vous n’avez rien entendu. Au 31 décembre 2013 on était à + 13,5 millions, et + 15,5 millions au 31 décembre 2014. La trésorerie s’est donc encore améliorée. Il est vrai que suite à plusieurs alertes sur des volumes important de créances nous avons renforcé les dispositifs, non seulement au niveau du pôle de trésorerie de la Semsamar mais aussi dans le recouvrement auprès des collectivités. Cela a permis de mieux gérer nos créances publiques.

Suite au rapport de la Miilos le parquet de Basse-Terre avait ouverte une enquête en 2012, avec perquisitions notamment au siège de la Semsamar à Saint-Martin…

J’ai un droit de réserve, cette enquête est encore en cours, depuis presque 3 ans maintenant.

Cette année la Semsamar fête ses 30 ans à Saint-Martin. Comment allez-vous marquer l’événement ?

Il y aura toute une série de temps forts dès le mois d’avril et la Semsamar va notamment mettre l’accent sur l’économie sociale et solidaire. Nous prévoyons une série d’initiatives avec les associations de locataires des résidences sociales et des actions autour de notre entreprise d’insertion qui emploie 20 jeunes sur le territoire. Nous allons travailler en partenariat avec la Collectivité. A ce titre nous avons fait certaines propositions, dont l’organisation des Assises des jeunes. 

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