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Ce lundi matin, une centaine de commerçants se sont rendus à la préfecture pour dénoncer les problèmes d’insécurité. Ils ont été reçus par le préfet Philippe Chopin.

Parti à 9h de la Marina Royale, le cortège a rejoint la préfecture à pied. Initiée par Jean Canet, un commerçant de Marigot, cette marche avait pour but de « demander plus d’efforts et de moyens pour sécuriser le territoire ». « Il y a 15 jours, j’ai vu plusieurs commerçants de la rue de Hollande se faire agresser. Leurs commerces ont été cassés. Cela m’a fait de la peine, je me suis dit qu’il fallait bouger », explique M. Canet, qui vit à Saint-Martin depuis 33 ans. Rencontré lors de la marche, un restaurateur de Marigot raconte à son tour : « J’ai décidé de prendre part à cette manifestation parce que j’ai été cambriolé il y a quinze jours ». Les cambrioleurs ont défoncé le rideau de son restaurant et ont volé « ce qu’ils ont pu ». « On n’est pas sûrs qu’on ne sera pas de nouveau cambriolés car c’est du “non-stop”. C’est comme les braquages, c’est incessant », poursuit-il. Des marches comme celle de lundi matin, il y en a eu d’autres avant. Mais ce restaurateur veut croire que les choses peuvent changer. « J’espère que cette marche va permettre d’améliorer la situation. En tout cas, j’y crois. On aurait pu être plus, car on est tous concernés. Ce qui se passe à Saint-Martin est grave : il y a beaucoup de cambriolages ». Escortés par des gendarmes, les manifestants sont arrivés à la préfecture après avoir traversé le centre-ville de Marigot. Quatre d’entre eux ont été reçus par le préfet au cours d’une rencontre qui a duré plus d’une heure et demie.

Des renforts

A la sortie de sa rencontre avec le préfet, Jean Canet indique avoir abordé plusieurs questions avec le représentant de l’Etat, notamment en termes de coopération policière avec Sint Maarten et concernant la ratification imminente du traité de coopération policière, qui permettra de lutter contre la délinquance de façon plus efficace, indifféremment d’un côté ou de l’autre de la frontière. « Voilà 25 ans qu’on le demandait », souligne M. Canet. Le préfet a également annoncé que des renforts spécialisés en matière de police judiciaire qui pourront mener le travail de fond nécessaire à la résolution d’enquêtes et à la poursuite des personnes incriminées. Enfin, il a indiqué avoir demandé aux gendarmes d’accroître leur présence, y compris avec des personnels en civil. « Et qu’en est-il du suivi des délinquants ? Les gendarmes font leur travail, mais si au bout de deux heures de garde-à-vue, les jeunes qui ont cassé les vitrines des magasins ressortent libres, cela ne sert à rien !», déclare une autre commerçante.

Une autre association des commerçants ?

Selon Jean Canet, il n’y a « pas vraiment d’association concernée par le problème de l’insécurité et les questions économiques » qui concernent pourtant « tous les commerçants ». « La jeunesse commerçante devrait aujourd’hui monter au créneau et créer un organisme pour la défense économique du commerçant », ajoute M. Canet avant de souligner qu’un autre combat existe : la baisse des loyers à Marigot. «C’est bien sympa de payer un loyer, mais si en fin de mois, vous n’avez pu que payer que votre loyer et la marchandise, vous ne tiendrez que six mois», poursuit-il. Lui qui se sentait « seul » avant la marche se sent désormais «soutenu » et préconise la création d’une association, «pas pour prendre des sous», mais « pour parler à l’unisson, d’une seule voix». « On en a bien besoin », conclut-il.

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