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Deux personnes, C.B. et E.W., étaient jugées en comparution immédiate ce mercredi au tribunal de Saint-Martin pour complicité de vol aggravé au cours de ce qui était en fait un faux hold-up.

Pour rappel, le 22 janvier dernier, un bureau de change situé rue de Coralita à Quartier d’Orléans avait été la cible d’un vol à main armée. Deux individus arborant des casques intégraux avaient menacé une employée. L’un d’eux portait une arme à feu, avaient alors indiqué les gendarmes. Les deux braqueurs étaient repartis en deux-roues après avoir dérobé 4 000 euros et 12 000 dollars. Lorsque les forces de l’ordre étaient arrivées sur les lieux, ils avaient trouvé C.B., l’employée du change, en pleurs. Elle avait indiqué qu’elle avait été contrainte, sous la menace d’une arme, d’ouvrir le coffre contenant la recette de la caisse. Mais si les investigations auprès des témoins et de la vidéosurveillance confirment bien les va-et-vient ainsi que l’entrée et la sortie des deux individus du bureau de change, l’heure des faits, qu’indique l’horloge intégrée, met en doute la véracité et le déroulement du délit. En tout, le hold-up aura duré 33 secondes, un temps que les enquêteurs jugent trop court. Ils décident de poursuivre leurs investigations, notamment en interrogeant C.B. Une perquisition a eu lieu à son domicile, permettant de retrouver une somme d’argent liquide provenant du bureau de change. Des investigations complémentaires ont abouti à soupçonner deux autres individus qui ont pu aider l’employée à simuler la commission de ce « faux » vol à main armée. Ceux-ci ont été interpellés à leurs domiciles ce mardi 24 février. 97 pieds de cannabis, des pochons contenant de l’herbe et des graines de cannabis ainsi qu’un scooter de provenance manifestement frauduleuse ont été découverts lors d’une des perquisitions. Placée en garde-à-vue, C.B. a avoué avoir donné des instructions à E.W., son voisin, pour la mise en œuvre de ce faux braquage. Egalement placé en garde-à-vue, celui-ci a expliqué avoir pris contact avec l’un des braqueurs et lui avoir proposé d’exécuter ce larcin.

Du vol aggravé à l’abus de confiance

C.B. et E.W. étaient représentés par deux avocats commis d’office et encouraient une peine de prison avec mandat de dépôt. C.B., mère de trois enfants, a expliqué avoir voulu se venger de son employeur qui refusait de la déclarer et de lui donner des fiches de paye. C.B. a également indiqué qu’elle prenait elle-même chaque jour son salaire en espèces dans la caisse, soit 1500 euros par mois. A.C., son employeur, était présent à l’audience et s’est porté partie civile. Il a réclamé 15 000 euros de dommages et intérêts. Une partie de l’argent volé lui a été restitué, soit 3500 dollars et 2000 euros. E.W., père de six enfants, a reconnu ses torts : « Je suis très influençable », a-t-il déclaré. Et d’ajouter, avec l’aide d’une interprète, qu’il ne savait pas que les braqueurs seraient armés et pensait qu’il s’agissait d’un abus de confiance. Un terme avancé par son avocat et défendu tout au long de sa plaidoirie renforcée par une demande d’annulation pour vice de procédure. L’avocat de C.B. a poursuivi : « On se croirait chez Canal+, avec un scénario, un metteur en scène et des figurants ». Le vice-procureur, devant ce faux vol à main armée, s’est offusqué de la facilité avec laquelle E.W. a pu avoir recours à des personnes potentiellement dangereuses, sans penser aux conséquences. A noter enfin que le casier judiciaire de ce dernier est entaché de deux condamnations pour vente de stupéfiants. Quant à C.B., c’est une primo délinquante. « Vous avez pensé à vos enfants ? » lui a demandé le juge en s’adressant à elle.

Après délibéré, le tribunal n’a pas reconnu le vol qui n’a pas consisté en une « soustraction frauduleuse avec résistance ». Il a donc requalifié le chef d’accusation en « abus de confiance » d’une employée qui a subtilisé des fonds propres à son employeur. C.B. et E.W. ont écopé chacun de 18 mois de prison avec sursis, mais devront rembourser 3 000 euros et 9 645 dollars à la SARL gérée par la victime. Le détenteur des stupéfiants et du scooter volé, mis hors de cause dans le cadre de la procédure initiale, est convoqué devant le tribunal de Saint-Martin le 16 avril prochain. Il devra répondre des infractions d’offre, cession, détention et acquisition de stupéfiants, ainsi que de recel.


Faits divers

Cambriolages: Sint Maarten n’est pas épargnée
Nous le signalions dans notre édition du 20 février (« Alerte aux cambriolages »), la gendarmerie met en garde la population contre une recrudescence de vols, puisqu’une soixantaine sont déjà comptabilisés depuis le début de l’année. Et la police de Sint Maarten fait de même, dans un communiqué transmis aux médias Sur le seul secteur de St Peters, elle dénombre 17 cambriolages depuis début janvier. « Les forces de police font de leur mieux pour prévenir ces actes » indique un communiqué de KPSM, qui encourage surtout la population à une vigilance accrue. La plupart de ces cambriolages sont commis en journée précise la police, qui donne également quelques sages conseils, introduits non sans humour: « il faut penser comme un cambrioleur : qu’attendez-vous le plus si vous souhaitez entrer dans un domicile et dérober des objets ? Une entrée et une sortie faciles… ». Les témoins d’un cambriolage côté hollandais sont invités à contacter le 911.

Frontstreet : des braqueurs mis en échec
Mardi dernier, à l’ouverture des boutiques, une bijouterie de Fronstreet a échappé de justesse à un vol. Une patrouille de police se trouvant dans le secteur a provoqué la fuite de trois hommes vêtus de noir et casqués, soit l’attirail habituel de certains auteurs de vols à main armée. Les recherches de la police n’ont pas permis de retrouver les fuyards. Une enquête a cependant été ouverte par la Special Robbery Unit de Sint Maarten.

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