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Créée en 2007, l’association Tournesol prend en charge des jeunes en situation de handicap et organise une multitude d’activités et actions. Bilan de ces huit ans, à l’heure de la Semaine du Handicap.

En 2007, Tournesol a été créée par un groupe de parents et d’amis, dont Bernice Brooks, présidente de l’association. Pendant des années, elle n’a fonctionné qu’avec des bénévoles. Mais en 2013, un éducateur spécialisé, Medhi, a été embauché, d’abord à mi-temps puis, depuis quelques semaines, à plein temps. Il prend en charge treize jeunes adultes car aucune structure n’existe à Saint-Martin, comme le souligne Mme Brooks. En 2014, l’association a également recruté une animatrice secrétaire et un jeune qui bénéficie de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). « Il y a une forte demande, mais malheureusement, on ne peut pas faire beaucoup plus », indique Bernice Brooks. Pourtant, l’association en fait déjà beaucoup. C’est notamment à son initiative que la semaine du handicap a été mise en place à Saint-Martin en 2008 pour «sensibiliser la population ». «Nous ne sommes pas encore à 100 %, mais les gens sont plus à l’écoute sur la question du handicap », poursuit la présidente de Tournesol. Car selon elle, à la création de l’association en 2007, « on n’entendait pas du tout parler du handicap à Saint-Martin. Scolariser un enfant handicapé, c’était la croix et la bannière. Aujourd’hui, ce n’est pas encore ça, mais les choses ont évolué ». C’est ainsi que l’association Tournesol est très sollicitée et a été placée sur de nombreuses commissions : accessibilité, conseil de l’Éducation nationale, commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH), surveillance de l’hôpital, plan santé jeune de l’Agence régionale de santé (ARS).

13 jeunes adultes pris en charge

« En huit ans, nous avons beaucoup avancé et c’est surtout grâce aux bénévoles qui sont toujours présents, mais aussi grâce à l’éducateur spécialisé sur qui on peut compter. Il s’occupe des jeunes, met en place un suivi personnalisé et fait tout pour que le jeune puisse avancer », ajoute Bernice Brooks. Et si Tournesol prend en charge une trentaine d’enfants en situation de handicap, treize jeunes adultes y sont pris en charge car les enfants sont encore scolarisés, sont suivis au SESSAD, en CLIS ou en ULIS. Mais à partir de 16 ans, il n’y a plus rien pour eux. « Le problème est là », déclare Mme Brooks. Medhi est donc passé à un plein temps pour donner du temps à ces jeunes qu’il prend en charge du lundi au vendredi. Il accueille et accompagne des groupes de trois à quatre jeunes et leur propose des activités stimulantes, artistiques et éducatives. «Depuis 2013, nous organisons beaucoup d’activités de type occupationnel dans l’objectif de favoriser le maintien de l’autonomie et les compétences sociales. Et depuis que je suis à plein temps, je peux prendre plus de temps pour travailler sur chaque situation et proposer des choses plus spécifiques. Auparavant, par manque de temps, l’approche était plus globale », indique Medhi. Et pour lui, même si Tournesol est une association et pas une structure médico-sociale, l’important est de mettre des pierres à l’édifice. « Nous avançons pas à pas et construisons petit à petit », ajoute-t-il. A long terme, l’association souhaiterait mettre sur pied «quelque chose pour que les jeunes puissent intégrer, dans la mesure du possible, le monde du travail ». Car « rester enfermé chez soi n’est pas le but du jeu » et l’obligation, comme c’est parfois le cas, de quitter le territoire est très difficile pour le jeune et sa famille. «Que ferons-nous de nos jeunes ? C’est une question à ne pas prendre à la légère », conclut Medhi.


Être AESH auprès d’un enfant en situation de handicap :  le témoignage d’Harold.

Harold est accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) individuel dans une classe de CM1 depuis six ans. Chaque journée débute par l’accueil de l’enfant, avec qui « s’installe une relation de confiance ». L’AESH veille à la sécurité et au confort de l’élève dans l’école. Harold spécifie que des aménagements dans les écoles sont réalisés afin d’accueillir les enfants, comme la construction d’une rampe d’accès. Il veille à l’installation de l’élève dans les meilleures conditions dans sa classe, puis dispose le matériel pour que l’enfant puisse travailler. Définissant son rôle, Harold précise qu’il « ne prend pas la place de la maitresse ». Il est le relais entre les consignes de l’enseignant et le travail de l’enfant : « je réexplique, quand c’est nécessaire et je réécris les notes dictées par l’enfant ». Une des missions d’Harold est de « montrer à l’enfant qu’il a de l’autonomie », en l’aidant « à exploiter ses possibilités ». L’accompagnant, par sa patience et la bonne distance qu’il adopte, « aide à l’intégration » de l’enfant. Il participe à l’épanouissement de l’élève, à l’apprentissage de la vie sociale et scolaire, à « trouver la bonne place » au sein de l’école, parmi ses pairs.

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