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La Semaine du handicap, c’est aussi l’occasion pour la population de (re)découvrir certaines structures. Après l’association Tournesol, zoom sur le SESSAD.

Fondé par l’association Coralita – qui émane elle-même du club service Soroptimist – et ouvert en octobre 2007, le Service d’éducation spéciale (ou spécialisée) et de soins à domicile (SESSAD) est la seule structure spécialisée du territoire. À ce jour, le SESSAD accueille 47 enfants et adolescents en situation de handicap, suivis par une dizaine de salariés, des professionnels spécialisés. Cette structure est polyvalente car plusieurs formes de handicap y sont traitées. Le rôle du SESSAD est d’accompagner les jeunes dans l’inclusion, notamment grâce à leur scolarisation, et de leur proposer une orientation correspondant à leurs besoins. Avant qu’un jeune entre au SESSAD, un premier diagnostic est fait par le médecin traitant ou par des spécialistes. C’est ensuite la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) qui prend le dossier et réfléchit sur la problématique et les orientations possibles pour l’enfant. Une fois qu’elle a donné son avis, le dossier est transmis à la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) qui prend la décision de l’orientation : SESSAD, institut médico-éducatif (IME), autre structure ? Les deux derniers cas ne laissent pas de choix aux familles : un départ s’impose souvent puisque seul le SESSAD existe à Saint-Martin. « L’an dernier, une douzaine de familles ont dû quitter l’île faute de structures », indique Fernand Semedo, directeur du SESSAD des Iles du Nord. Une fois admis au SESSAD, après évaluation de la situation et concertations entre les personnels, des actions quotidiennes sont mises en place et un éducateur référent est nommé sur un projet de suivi de l’enfant à l’école, à domicile et sur ses lieux de loisirs. « Ils vont aussi sur place pour sensibiliser les enseignants, voient comment l’enfant se débrouille en dehors du SESSAD et adaptent leur intervention par rapport à ce qui se fait à l’extérieur », poursuit M. Semedo. Mais selon lui, l’orientation au SESSAD se fait souvent « par défaut » car la prise en charge de l’enfant y est de cinq à six heures par semaine alors que dans une IME, elle est de sept heures par jour. « Les progrès y sont donc plus rapides », ajoute-t-il, avant de souligner toutefois qu’une nouvelle structure devrait voir le jour très prochainement à Saint-Martin.

Les collèges en ligne de mire

Le SESSAD a mis en place plusieurs actions dans les trois collèges de Saint-Martin cette année pendant la semaine du handicap car selon Fernand Semedo, beaucoup de jeunes suivis au SESSAD sont des collégiens qui « se font embêter » par leurs camarades. Deux films sur le handicap ont donc été diffusés et les élèves ont pu se livrer à des exercices où on leur a donné l’occasion de comprendre la déficience intellectuelle. « Le SESSAD accompagne 47 enfants et 25 d’entre eux sont déficients intellectuels. Dans ce cadre, il est important que les enfants y prêtent pas attention », indique M. Semedo. Les jeunes du SESSAD ont également témoigné car « ils sont très affectés par les railleries et les moqueries dont ils peuvent être l’objet ». C’est pour cette raison que la priorité a été donnée aux collèges pour « un maximum de sensibilisation ». Mais les choses ne sont pas simples car selon Fernand Semedo, c’est déjà difficile pour certains parents qui ont parfois du mal à comprendre le comportement de leur enfant en situation de handicap, alors « à plus forte raison le public lambda », dit-il. D’où l’intérêt de cette semaine : « sensibiliser un maximum de personnes pour qu’elles entrent dans une démarche d’aide ou de connaissance et évitent de se moquer et ne pas mettre ces enfants davantage en difficulté », conclut-il.


La semaine du handicap se poursuit avec une matinée sportive organisée par l’USEP et l’Éducation nationale ce vendredi 13 mars de 8h à 11h sur la plage du Galion. Par ailleurs, le film « Entre les mots » sera diffusé au collège de Quartier d’Orléans. Il sera suivi d’un débat. Une matinée porte ouverte aura lieu au local de Tournesol de 10h à 12h ce samedi 14 mars. La semaine du handicap se terminera par un pique-nique au Galion ce dimanche 15 mars à partir de 9h30.

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