Ce lundi matin, l’école maternelle de Sandy Ground organisait un petit-déjeuner pour les élèves, mais aussi pour leurs parents, afin de leur montrer l’importance de ce repas.

Au cours de cette opération «petit-déjeuner», les parents étaient notamment invités à l’école, non seulement pour partager le petit-déjeuner de leurs enfants, mais aussi pour assister à un exposé présenté par Virginie Heurtaux, étudiante en diététique, sur l’équilibre alimentaire. Cette action fait partie d’un projet de l’école qui consiste à aider les enfants à progresser dans la langue, tout en tenant compte du contexte culturel spécifique, y compris au travers de l’alimentation. Mais il ne s’agit pas là d’une première puisque l’opération « petit-déjeuner » en est à sa troisième édition. « Nous avons choisi de mettre l’accent sur l’alimentation car nous voyons beaucoup d’enfants qui arrivent à l’école sans avoir pris de petit-déjeuner, ou avec un goûter qui n’est pas adapté, ou qui ont pris un petit-déjeuner qui n’est pas équilibré », a déclaré Sophie Constant, directrice de l’école maternelle de Sandy Ground. « Nous avons donc décidé de sensibiliser les enfants et de leur faire découvrir des aliments, le tout en mettant l’accent sur le petit-déjeuner ». Durant une semaine, des actions pédagogiques sont donc mises en place pour les sensibiliser à la nutrition équilibrée, en leur apprenant notamment à composer un bon petit-déjeuner. Mais il fallait aussi sensibiliser les parents, puisque ce sont eux qui font les courses, « sur l’importance de ce repas et les dérives et conséquences de la malnutrition », a poursuivi Mme Constant. Organisé par l’équipe pédagogique de l’école avec le soutien de la Caisse territoriale de œuvres scolaires (CTOS), de l’Agence régionale de santé (ARS) et de l’infirmière scolaire, l’événement a donc pu voir le jour et mettre les parents à contribution. « C’est quelque chose d’essentiel et important. Il fallait d’abord toucher les enfants de maternelle. Le reste suivra », a conclu Sophie Constant.

Lutter contre l’obésité

« Un ventre affamé n’a point d’oreille », a déclaré Elisabeth Tabarli, directrice de la CTOS, en préambule de l’exposé présenté par Virginie Heurtaux. Elle a donc recommandé à la trentaine de parents présents lors de l’événement de se lever un quart d’heure plus tôt et de prendre le petit-déjeuner avec leurs enfants, plutôt que de leur mettre des biscuits et une boisson sucrée dans le sac. Mais le souci est plus général selon elle : c’est l’équilibre alimentaire dans son ensemble qui doit être révisé. Elle a donc indiqué que des «classes du goût» seront bientôt mises en place et que les élèves auront des cours d’initiation où ils apprendront à manger des légumes. « C’est le point noir ici, alors que les légumes sont importants pour la santé. On ne peut pas mettre des pâtes et du riz tous les jours au menu des enfants. Notre mission est de les nourrir et de les éduquer, mais aussi de lutter contre un fléau grandissant : l’obésité », a-t-elle ajouté. Un problème plus préoccupant aux Antilles qu’en métropole, et surtout à Saint-Martin. Et de souligner qu’il « ne s’agit pas seulement d’esthétique, mais aussi de diabète, d’hypertension et de mal-être chez l’enfant en surpoids qui a du mal à courir, à faire des activités physiques ».

L’équilibre alimentaire décortiqué

L’exposé de Virginie Heurtaux a permis aux parents présents d’avoir un aperçu d’une alimentation équilibrée, des aliments à éviter (les produits gras et sucrés) et de ceux qu’il faut privilégier et en quelle quantité (l’eau, les féculents, les fruits et légumes, les produits laitiers, les viandes et poissons, etc.). « Que faire si ma fille n’aime pas le poisson ? », a demandé un père. « Le problème du petit-déjeuner, c’est le manque de temps », a déclaré une mère. «Il faut expliquer aux enfants pourquoi il est important pour eux de bien manger car ils le comprennent. Et ce ne sont pas les enfants qui font les courses, donc c’est à vous de les orienter vers de bonnes choses », a répondu globalement la diététicienne. Elle est revenue sur le petit-déjeuner, le définissant comme un « starter », comme « le repas qui fait démarrer la journée et donne de l’énergie ». « Je pense que c’est une bonne initiative et nous apprécions le temps pris par ces professionnels pour nous expliquer l’importance du petit-déjeuner. En effet, c’est souvent par manque de temps qu’on le néglige », a déclaré Marie-Thérèse, une mère de famille, à l’issue de la présentation de Virginie Heurtaux. Et les différents rappels semblent porter leurs fruits auprès de cette maman qui indique être « désormais consciente » de la surcharge en sucre de certains produits. « Grâce au bouche à oreille, cela va circuler », a-t-elle conclu.


Un quart des enfants au CP sont atteints d’obésité

Pour Séverine Boucaud, infirmière à l’ARS « l’équilibre alimentaire et l’obésité chez le jeune enfant constituent un problème important pour Saint-Martin ». Il y a 2 ans, une enquête a montré qu’un quart des enfants entrant au cours préparatoire avaient des problèmes d’obésité. « Nous sommes donc très investis sur ce sujet », a-t-elle poursuivi. Et l’opération petit-déjeuner « permet de rencontrer les parents pour échanger sur l’équilibre alimentaire ». Elle a également pu leur distribuer des fascicules pour leur permettre d’appréhender l’équilibre alimentaire et l’importance de l’activité physique. «Les générations à venir auront certainement assimilé ces connaissances et équilibré les problèmes de surpoids qui, à terme, entraînent des problèmes santé », a-t-elle ajouté, soulignant l’importance pour chacun d’être le « maître de sa propre santé ».

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