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Samedi dernier, une mobilisation a eu lieu à Sandy Ground en soutien aux membres de la famille Minville, menacés d’expulsion de leur logement.

Et la foule était au rendez-vous de cette mobilisation qui a eu lieu en présence de nombreuses personnalités : l’élu Jules Charville, l’historienne Danielle Jeffry, la directrice d’école Aline Choisy et le président de l’association Solidarity Rastafari Touzah Jah Bash. Pour rappel, c’est un arrêt pris par la Cour d’appel de Basse-Terre le 3 février 2014 qui est en cause. Il condamne Narcisse Odette Minville, 82 ans, et Jean-Albert Minville, 86 ans, à payer à la société des Hôtels Caraïbes 116 200 euros à titre d’indemnité d’occupation entre le 25 mai 2000 et le 25 janvier 2014, 700 euros mensuels à titre d’indemnité d’occupation à compter du 25 décembre 2013, et ce, jusqu’à libération effective complète des parcelles, et 6 000 euros au titre des frais engagés. Comprenant « mal les raisons justifiant (leur) condamnation », les Minville demande à la ministre Taubira « d’ordonner la révision » de cet arrêt. Car dans leur courrier, la famille indique non seulement qu’Odette Minville est née sur l’habitation litigieuse en octobre 1933, mais aussi que le père des Minville a acheté, il y a près de 90 ans, les lieux des mains de Georges Peterson qui était « propriétaire par acte authentique ». Le problème selon eux, c’est que dans les années 1962-1963, « les Saint-Martinois jusqu’alors propriétaire de cette partie du littoral (…) ont été arbitrairement dépossédés de leurs terrains en dépit de leur titre de propriété, par les ventes par la SITO, société d’Etat » à des hôteliers, et ici, en l’occurrence, « au dénommé R.B. (…) en qualité d’individu et non de représentant de société », R.B., le « présumé propriétaire et PDG de la société des Hôtels Caraïbes ». Mais d’ajouter que « la SITO n’étant que concessionnaire de la zone des 50 pas géométriques, n’avait pas qualité pour vendre en son nom le domaine privé de l’Etat ». « Toute cette affaire repose sur des bases fausses, erronées », avait déclaré Julien Gumbs lors de la première mobilisation en faveur de la famille le vendredi 27 février dernier.
« Nous sommes Minville »
Lors de la première mobilisation, les participants déclaraient : « Je suis Minville ». Trois semaines plus tard, certains d’entre eux portaient des t-shirts où était inscrit « We are Minville ». Le mouvement prend donc de l’ampleur – le mouvement s’est étalé sur toute la journée du samedi – et d’autant plus que les personnes qui affichent leur solidarité avec les Minville dénoncent ce qu’ils appellent une « injustice innomable ». Ils se sont dits prêts à mener une « bataille qui ne sera pas facile », car ils ne veulent plus « être lésés ». « Si nous devons envahir la Collectivité, en sortir les élus et exiger de nouvelles élections, nous le ferons », avait déclaré Touzah Jah Bash. À suivre…

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