La semaine d’information sur la santé mentale se tient du 16 au 29 mars à Saint-Martin. Son thème, « être adolescent aujourd’hui », est d’autant plus percutant sur notre île où les moins de 20 ans représentent près de 40 % de la population.  

La semaine d’information sur la santé mentale a été inaugurée ce lundi 16 mars dans le bâtiment qui accueille le service de psychiatrie de l’hôpital Louis Constant Fleming. Le thème de cette année étant « être adolescent aujourd’hui », plusieurs stands et débats ont eu lieu en milieu scolaire et un colloque se tiendra sur ce thème ce jeudi 26 mars de 8h à 16h30. Des problématiques liées à l’adolescence seront traitées : la prise de risque, le passage à l’acte, la psychose et les spécificités locales. Il s’agit là de la première édition d’un événement qui est organisé depuis 26 ans en France métropolitaine. Lors de la cérémonie d’inauguration, les intervenants ont salué l’organisation de cet événement sur le territoire et ont émis le souhait qu’il devienne un rendez-vous régulier. Et c’est bien souvent l’adolescent qui était au cœur des discours. Roland Toussaint, directeur de l’hôpital, a notamment déclaré qu’être adolescent aujourd’hui « n’est pas une mince affaire » et que certains comportements servaient à « manifester une souffrance », ce qui nécessite des professionnels une « écoute » pour « leur rendre la vie plus facile ».

Un thème d’actualité

Selon le docteur Noubou, médecin chef de pôle, cette semaine a pour objectif de sensibiliser le public aux questions de santé mentale et de « diminuer la stigmatisation associée à l’adolescence ». Et d’autant plus que « c’est un thème d’actualité », a-t-il souligné. En effet, il a indiqué qu’un adolescent sur cinq à Saint-Martin présente un problème de santé mentale (anxiété, dépression, hyperactivité avec déficit de l’attention, schizophrénie ou toxicomanie). « Aujourd’hui, nous pouvons nous demander comment aider la jeunesse à évoluer vers une meilleure intégration », a-t-il poursuivi. Et si l’adolescence n’est pas toujours une partie de plaisir, ni pour les ados eux-mêmes, ni pour les adultes qui doivent faire face à « des sentiments nouveaux, des émotions extrêmes et des idées excessives », dixit le conseiller territorial M. Villiers qui représentait la COM lors de la cérémonie d’ouverture, des actions sont mises en place pour les aider. Car « ces quelques années qui séparent l’enfance de l’âge adulte peuvent être aussi déstabilisantes que formatrices », a-t-il ajouté. Ainsi, à Saint-Martin, la COM, au travers son service jeunesse et sport, tente de « valoriser les jeunes au travers de nombreux événements organisés tout au long de l’année », a poursuivi M. Villiers, tandis que l’Agence régionale de santé (ARS) met en place ses propres actions. « La santé mentale est un véritable enjeu de santé publique », a déclaré Pascal Godefroy, délégué territorial. Il a donc expliqué que dans le cadre du plan psychiatrie-santé mentale 2013-2017 de la région Guadeloupe, un projet régional de santé était prévu pour Saint-Martin (période 2012-2017), au travers de deux réalisations importantes sur l’année 2014 : le plan santé jeune et le contrat local de santé élaborés fin 2014 et comportant un volet santé mentale. « 2015 sera la première année de leur mise en œuvre », a ajouté M. Godefroy.

Mieux traiter

Le docteur Oualid, médecin psychiatre responsable des services, a quant à lui fait référence à certains problèmes spécifiques à Saint-Martin, comme le trilinguisme. Mais selon lui, « la prise en charge s’améliore », même si le service psychiatrique de l’hôpital doit faire face à de nombreuses problématiques : les urgences, les malades difficiles, les intoxications aigues, etc., qui posent des problèmes de sécurité. Il a donc salué le travail de l’équipe car « les pathologies sont très variées ». Et selon lui, le thème retenu par les instances pour cette semaine d’information est très important car l’adolescent est « aussi versatile que touchant et attendrissant ». Il s’agit maintenant, pour lui, de « mieux accepter, mieux entendre, mieux traiter, mieux prendre en compte nos adolescents. Cela me semble important », a-t-il conclu.

À noter que cette première édition à Saint-Martin correspond bien à ses problématiques. Car près de 40 % de la population du territoire a moins de 20 ans…

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