Temps de lecture estimé : 3 minutes

Accueillir, écouter et proposer un accompagnement aux femmes battues afin qu’elles sortent de l’engrenage de la violence et se reconstruisent. C’est le défi que veut relever l’équipe de l’Accueil de jour pour personnes victimes de violence.

Principalement des femmes, même si quelques cas d’hommes victimes de la violence de leur compagne ont été relevés. Porté par Le Manteau de Saint-Martin, le projet se limite pour le moment à un accueil de jour, inauguré vendredi, et devrait se développer rapidement. L’adresse reste discrète, pour éviter que les maris violents ne la fréquentent, et les femmes en détresse sont invitées à appeler Le Manteau, au 05 90 29 26 80, ou le 115, qui les aiguillera. Mais la police territoriale, la gendarmerie, l’hôpital, la PMI, Les Liaisons Dangereuses et d’autres partenaires savent d’ores et déjà guider les victimes vers la bonne adresse. «Une éducatrice spécialisée accueille la victime, écoute son histoire, essaie de la rassurer, sans juger et en toute confidentialité,» assure Fernand Semedo, le directeur du Manteau. L’idée, ensuite, est de lui proposer de déposer une plainte, ce qui n’est pas évident, car la personne craint son bourreau, sait de quoi il est capable et a peur de sa vengeance. Quelle que soit sa décision, la femme pourra rencontrer une psychologue afin de réfléchir et d’explorer les pistes qui mèneront à la solution, qui est pour elle de retrouver son autonomie, physique, psychologique et financière. «Tant qu’elle n’est pas prête à agir, la femme peut venir nous voir, souffler un moment, parler, sans jugement. Nous proposons aussi des séances de relaxation, des rendez-vous avec une esthéticienne, des petits moments de bien-être,» ajoute Hélène Bride, la présidente de l’association du Manteau de Saint-Martin. Initié par le préfet, le juge aux affaires familiales et le Contrat Urbain de Cohésion Sociale (CUCS), signé entre l’Etat, l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances, et la Collectivité de Saint-Martin, le projet est financé par l’État.   

 

Difficile de partir… Pourquoi ?

La semaine dernière, le Manteau a reçu trois femmes battues portant les marques des violences infligées par leur compagnon. Si dans leur entourage personne ne peut les héberger, ces femmes n’ont d’autre choix dans l’immédiat que de retourner au domicile conjugal. Surtout si elles ont des enfants. Ceci dit, on voit souvent des femmes ayant quitté leur tortionnaire retourner vers lui alors que rien ne les y oblige. Pourquoi ? Christel Petitcolin, dans son livre «Échapper aux manipulateurs» (éditions Guy Trédaniel) explique l’emprise mise en place par les manipulateurs pervers – également appelés pervers narcissiques – et la «chosification» de leur victime, transformée en objet entre les mains du manipulateur, dont on peut comparer les techniques à celle d’un gourou dans une secte. Isolement de la victime, privation de sommeil, «décervelage» grâce à des micro agressions quotidiennes, critiques, ordres et contrôles constants, multiples passages du chaud au froid… La victime – à la base gentille, intelligente et confiante – connaît la confusion mentale, perd ses repères, ses capacités d’analyse, son libre arbitre et finalement sa santé, physique et mentale. Le retour à l’indépendance est difficile, tant la victime transformée en objet n’est «rien» loin de son manipulateur, comme une marionnette loin de son marionnettiste

Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.