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Nous vous parlions dans notre édition précédente d’une tentative d’homicide à St. James dans la nuit de dimanche à lundi dernier. Le suspect, qui avait renversé une petite fille de huit ans après une altercation avec son ex-conjointe, a été jugé ce mercredi en comparution immédiate.

Les faits ont eu lieu aux environs de 3h du matin. Les gendarmes ont dû intervenir car la circulation était interrompue entre Bellevue et Marigot. Sur place, ils ont pris connaissance des faits : deux femmes ont été blessés et hospitalisés, l’une ayant reçu des coups de tournevis et l’autre, sa demi-sœur de 8 ans, ayant été heurtée par un véhicule. Ils ont également constaté qu’une voiture s’était déportée sur sa droite et avait percuté un véhicule stationné ainsi que six à sept blocs de béton entre la chaussée et le trottoir. Le frère de la première victime a expliqué qu’il avait été réveillé par les cris de sa sœur : « G. veut me tuer ! ». Il semblerait en fait que la victime, T.L., et le prévenu, G.G., avaient été en couple et étaient séparés depuis sept-huit mois, chose que ce dernier avait, selon le juge, du mal à accepter et revenait régulièrement vers son ex-conjointe. Peu avant les faits, G.G. et T.L. étaient dans le même établissement de nuit à St. James. Vers 3h, un ami de cette dernière a voulu la raccompagner à son domicile. Mais G.G. l’attendait et le ton serait monté. Il l’a d’abord frappé au visage selon cet ami qui a tenté de s’interposer. « J’ai voulu avoir une explication avec elle, mais elle m’a dit de la laisser tranquille. Puis elle m’a dit que je pouvais lui parler. A un moment, elle a eu peur et m’a repoussé. C’est là que je l’ai frappée », a raconté G.G. « Pourquoi l’avoir frappée ? », a demandé le juge. « J’étais énervé », a répondu le prévenu. Il a ensuite fait usage d’un tournevis et l’a blessée à plusieurs reprises. Il a toutefois reconnu son erreur : celle de s’être présenté au domicile de T.L. « Ce qui est sûr », a poursuivi le juge, « c’est que vous ne pouvez pas frapper votre ex-conjointe, la blesser avec un tournevis et foncer sur la foule avec votre voiture ». Car après avoir quitté le domicile de T.L., G.G. a pris sa voiture pour rentrer à son domicile. Le problème c’est qu’il a fait demi-tour et a foncé, à 70-80 km/h selon des témoins, sur les personnes qui étaient sur le trottoir, dont la demi-sœur de T.L., une petite fille de huit ans. Cette dernière, heurtée de plein fouet par la voiture, souffre d’une contusion hémorragique au crâne, de multiples blessures et d’une amnésie des événements.

Un « concours de circonstances » ?

C’est en tout cas ce que l’avocate de G.G. a plaidé, précisant que ce dernier « n’avait pas l’intention de nuire ». Son client aurait en fait blessé T.L. avec un tournevis après que le frère de cette dernière a cassé le pare-brise de sa voiture avec une batte de base-ball. Par ailleurs, G.G. a expliqué qu’en quittant le domicile de T.L., il aurait reçu une pierre de la vitre arrière de son véhicule. C’est dans ces conditions qu’il aurait perdu le contrôle de sa voiture et foncé dans les personnes sur le trottoir. Mais les témoignages divergent quant au fait que G.G. a attaqué T.L. au tournevis avant ou après avoir vu le frère de cette dernière casser son pare-brise. Après les faits, G.G. s’est enfui en courant et a rejoint son domicile de Sandy Ground à pied. C’est lui qui a appelé les gendarmes le lendemain. Il a été placé en garde-à-vue dans la foulée. Selon le vice-procureur, c’est parce qu’une petite fille de huit ans a été renversé que G.G. était jugé en comparution immédiate, soulignant une « charge émotionnelle » démontrée par la présence de nombreuses personnes lors de l’audience. Et d’ajouter que cet accident est « la conséquence violente » du comportement du prévenu et « le résultat de six ou sept mois de persécution vis-à-vis de T.L. ». Il a donc requis une peine de deux ans de prison, dont un an avec sursis.

Les juges, après en avoir délibéré, ont reconnu G.G. coupable des faits « dans leur intégralité » et l’ont condamné à deux ans de prison, dont un an avec sursis, mandat de dépôt, mise à l’épreuve, obligation d’indemniser les victimes, obligation d’entrer en contact avec les victimes et à une amende de 400 euros pour défaut d’assurance.

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